Considérés comme des maillons stratégiques de l’industrie française de Défense, le site de Naval Group à Ollioules et la PME ACTI chaudronnerie industrielle à La Seyne-sur-Mer ont reçu la visite de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités. Ce dernier est venu rappeler que "10 000 emplois pourraient être créés dans le Var à l’horizon 2030 dans un contexte d’augmentation du budget de la Défense."
Parmi les entreprises créatrices d’emplois, le géant Naval Group, qui se prépare à accueillir la livraison de son nouveau bâtiment, à l’ouest de Toulon, un site qui a doublé ses effectifs en 10 ans, avec 2 000 salariés aujourd’hui. Le groupe a par ailleurs annoncé 1 500 recrutements dans le Var d'ici cinq ans, pour ses sites d'Ollioules, Toulon, Saint-Tropez ainsi que le futur site de La Londe-les-Maures, attendu en 2027.
Puis, l’entreprise ACTI, qui compte "20 à 30 postes ouverts et a recruté une vingtaine de salariés en 2025", confie son directeur du développement Stéphane Franchini.*
Si le ministre a choisi cette PME pour illustrer la volonté de l’État d’accompagner les entreprises dans leurs besoins "en termes de recrutement, de formation et de compétences", c’est parce qu’elle symbolise tout ce qu’il aime et en premier lieu, l’industrie. "ACTI innove, se diversifie, investit, prend des risques. Elle tend la main aux jeunes qui ont choisi ces métiers nobles de l’industrie. ACTI est l’illustration de cette France qui gagne, qui avance, qui tend la main à la jeunesse", a souligné le ministre Jean-Pierre Farandou.
Une diversification réussie
Fondée il y a 26 ans par celui qui en est toujours le dirigeant, Romuald Seillier, ACTI est devenu un groupe de 35 millions d’euros de chiffre d’affaires et de 225 salariés. "Le dirigeant est parti de zéro, dans la réparation navale, avant d’essaimer pour compter 8 ateliers en France métropolitaine, sur les façades méditerranéenne et atlantique, en Corse et aux Antilles françaises. D’abord spécialisé en réparation navale, il a diversifié ses activités vers la Défense et l’industrie, il a développé des compétences en tuyauterie, en constructions métalliques, et plus récemment en construction navale", détaille Stéphane Franchini.
Le tout, avec un certain succès. Les équipes d’ACTI ont remplacé le bloc propulseur d’un porte-hélicoptères amphibie, elles interviennent lors des arrêts techniques du porte-avions Charles de Gaulle, elles réalisent des murs rideaux pour les stations du métro marseillais – un marché à plusieurs millions d’euros avec la RTM –, elles maintiennent des centrales hydroélectriques, réservoirs, réseaux sous pression, interconnexions d’eau potable ou stations de pompage, elles réalisent des infrastructures uniques dans l’univers de la Défense.
Plus récemment, la PME a construit à La Seyne-sur-Mer, puis livré deux bateaux hybrides à la compagnie des Bateaux Bleus, qui assure des liaisons entre Saint-Raphaël et Saint-Tropez. Elle réalise aussi des barges techniques et se diversifie avec une gamme de bateaux en PEHD, assemblées par mécano soudure à partir de plaques issues majoritairement du recyclage et particulièrement résistantes.
"La Direction générale pour l’armement (DGA) a manifesté son intérêt et nous étudions la situation pour augmenter nos cadences grâce au thermoformage (technique qui consiste à prendre un matériau sous forme de plaque, à le chauffer pour le ramollir et ainsi le mettre en forme avec un moule, NDLR)", explique Stéphane Franchini.
Attirer et fidéliser des talents
Cette stratégie, ces sujets de réflexion sont mis au service du développement des ressources humaines du groupe. "Cette diversification, à la fois géographique et professionnelle, est un gage d’attractivité pour attirer et fidéliser des talents. Elle permet de casser une éventuelle lassitude et de développer la promotion interne", explique le directeur. D’ailleurs, depuis quelques années, "nous avons investi sur l’humain pour ensuite être armés pour répondre aux besoins de nos clients, et aux appels d’offres, explique Najib Garouach, responsable de la production. Nous donnons la chance aux jeunes, nous les formons et, ainsi, le jour où l’activité est amenée à se développer, nous pouvons répondre présents."
Une académie territoriale dans les tuyaux
Pour réussir ses recrutements, la PME multiplie les approches, donnant sa chance à tous les publics, des jeunes, des personnes en reconversion, ou en insertion. Elle collabore avec France Travail, les missions locales, le PLIE (Plan local pour l’insertion et l’emploi), ou encore l’agence de reconversion Défense mobilité. "Grâce à la direction générale des entreprises, nous avons aussi rencontré d’autres sociétés avec des problématiques similaires de recrutement, de formation et nous menons une réflexion, notamment avec l’une d’elles, la société aubagnaise Mota, spécialisée dans le refroidissement tubulaire, pour créer une académie territoriale, développe Najib Garouach. Nous investissons dans les compétences, nous intégrons des jeunes durablement, nous leur proposons des responsabilités, nous revalorisons les métiers, puis nous nous outillons, à l’image des 2 millions d’euros investis dans les ateliers de La Seyne-sur-Mer."
L’objectif final pour ACTI : être en capacité de répondre à toutes les demandes et d’être en autonomie.