Face aux défis géopolitiques internationaux, aux enjeux de souveraineté et dans un contexte de réarmement de la France depuis 2022, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec ses 47 800 militaires dont 9 400 civils, joue un rôle déterminant comme l’a rappelé le président de la collectivité, Renaud Muselier, inaugurant, ce 27 mars, une grande soirée dédiée à l’économie de guerre.
Cet événement a permis d’échanger autour de cette thématique avec les principaux acteurs du secteur en région, notamment Naval Group, Airbus, Dassault, Thales Alenia Space, KNDS, ainsi que les autorités militaires représentées par le Gouverneur Militaire de Marseille, l’Armée de l’Air et de l’Espace et la Marine nationale.
450 entreprises en région Paca
"Ces échanges entre industriels, militaires et citoyens sont essentiels. Nous sommes dans un moment de réveil de stratégie des Européens, notre pays joue un rôle moteur pour le réarmement. La Commission européenne a pris des décisions historiques pour faciliter le réinvestissement dans l’industrie de défense, pour soutenir cet effort de réarmement dans tous les domaines dans lequel nous avons du retard et des dépendances aux États-Unis dans le domaine des munitions, des satellites, des drones et de la cyber", a souligné Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de l’Europe qui avait fait le déplacement à Marseille tout comme Emmanuel Chiva.
Le Délégué général pour l’armement a rappelé que la Base industrielle et technologique de défense (BITD) regroupe 4 500 entreprises dont 10 % en Paca. Elles contribuent à concevoir et à produire les équipements pour les armées. Il a annoncé la création d’un poste d’attaché de Défense en région pour "aider les PME à aller plus vite et plus loin".
Un chiffre d'affaires annuel de 6 milliards d'euros
Lors de cette soirée, les PME régionales intervenant dans le secteur civil sont appelées à rejoindre les rangs et à proposer leurs innovations aux armées dans plusieurs domaines (drones, IA…). Nombre d’entre elles ont déjà des activités duales à l’image des CNIM, à La Seyne-sur-Mer ou d’Exail Robotics, à La Garde et La Ciotat.
Renaud Muselier a, pour sa part, rappelé, le poids économique de l’industrie de la défense avec "6 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, 30 000 emplois et 2 000 entreprises et des leaders tels que Naval Group, Airbus, Thales". L’écosystème rassemble 230 PME et ETI spécialisées et plus de 2 000 équipementiers.
"La Région Sud compte un tiers des armées françaises, elle apporte sa stratégie. Au moment où l’on assiste à des renversements d’alliances, la France est au cœur d’une diplomatie au service de nos libertés. Il faut se regrouper et travailler ensemble. Mieux vaut être bien armé pour avoir la paix", a-t-il expliqué tout en annonçant la présentation d’une feuille de route militaire, assortie de "conventions" avec les industriels, avant l’assemblée plénière du Conseil régional au mois d’avril.