Les États membres de l’Union européenne ont approuvé la création d’un nouvel "instrument de prêt" afin de renforcer les capacités de défense européennes. Concrètement, la Commission européenne va lever des fonds sur les marchés des capitaux, avant de les reverser aux États membres intéressés sur demande. L’enveloppe mise à disposition des États pourra atteindre "jusqu’à 150 milliards d’euros".
Pour des secteurs clés comme la défense antimissile ou les drones
Cette somme doit les aider à "accroître leurs investissements dans des domaines clés de la Défense, tels que la défense antimissile aérienne, les drones ou encore les moyens stratégiques", précise un communiqué officiel.
Commandes groupées entre États
Baptisé SAFE (pour Security for Action for Europe), cet outil doit permettre d’emprunter à un taux préférentiel, à condition de passer des commandes d’équipements en commun avec au moins un autre État membre, ou certains États partenaires (Norvège, Islande, Ukraine…).
"Ce système de passation conjointe de marchés permettra de diminuer les coûts" et "de renforcer notre base industrielle de défense", commente notamment la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Favoriser au passage le made in Europe
Autre condition, les composants doivent provenir de l’Union européenne ou de ses partenaires à hauteur de 65 % du coût du produit final. Ce qui renforce le principe des "dépenses européennes", précise la Commission.
Les États membres disposent désormais d’un délai de six mois à compter de l’entrée en vigueur du règlement européen pour soumettre leurs premiers plans nationaux à financer, que la Commission évaluera par la suite.
Deuxième volet du plan " ReArm Europe "
Ce nouvel instrument financier fait partie du plan " ReArm Europe ", détaillé en mars 2025, et devant permettre aux États membres d’accroître "considérablement et rapidement leurs investissements dans la défense européenne". Un premier volet incluait déjà une "clause dérogatoire" au pacte de stabilité et de croissance, qui vise entre autres à limiter à 3 % le déficit public annuel des États. Les pays européens pourront ainsi augmenter leurs dépenses militaires à hauteur de 1,5 % du PIB pendant 4 ans, sans que celles-ci ne soient comptées dans la limite du pacte de stabilité.
"L’heure est au réarmement"
Le plan intervient dans le contexte de la guerre en Ukraine et des polémiques autour des positions de Donald Trump sur l’Otan. "L’heure est au réarmement, a déclaré Ursula von der Leyen. Et l’Europe est prête à renforcer massivement ses dépenses en matière de Défense. À la fois pour répondre, à court terme, à l’urgence de soutenir l’Ukraine, mais aussi pour satisfaire, à long terme, à la nécessité d’assumer une responsabilité beaucoup plus importante dans la défense de sa propre sécurité."