Face aux tensions de plus en plus fortes sur les matières premières critiques, la Commission européenne a adopté son plan "ReSourceEU" ce 3 décembre. "L’Europe acte son indépendance sur les matières premières critiques, c’est une nécessité alors que la situation reste alarmante et que les licences d’exportation sont accordées au compte-goutte", a déclaré Stéphane Séjourné, vice-président exécutif pour la prospérité et la stratégie industrielle de la Commission européenne. Ce plan, composé de cinq actions principales, doit permettre de "passer à la vitesse supérieure".
Trois milliards d’euros pour accélérer les projets en cours
Pour faire face au retard de l’UE, la Commission prévoit trois milliards d’euros de financements sur les 12 prochains mois, dont deux milliards issus de la Banque européenne d’investissement (BEI). Ces fonds seront mobilisés "pour débloquer des projets dans l’immédiat sur trois secteurs prioritaires que sont les aimants permanents, les batteries et la défense", explique Stéphane Séjourné.
Un centre européen des matières premières dès 2026
Pour piloter l’approvisionnement, la Commission annonce la création d’un nouveau centre européen des matières premières critiques pour 2026. Il aura trois missions : monitorer et évaluer les besoins, acheter en commun pour le compte des États membres, stocker et livrer en fonction des besoins des entreprises.
Les entreprises devront diversifier leur approvisionnement
La Commission européenne attend surtout la participation active des entreprises. Ce plan "ne pourra fonctionner que si les entreprises jouent le jeu et s’engagent à cesser d’acheter 100 % chinois pour acheter au niveau européen", a prévenu Stéphane Séjourné. Selon le vice-président, elles doivent "déjà prendre des mesures pour s’approvisionner en ressources diversifiées".
Avec ReSourceEU, la Commission européenne amende la loi sur les matières premières critiques pour renforcer le rôle des entreprises. Elles seront ainsi obligées d’informer leur conseil d’administration des mesures de diversification d’approvisionnement. La Commission se donne également "la possibilité de vérifier concrètement si de telles mesures sont effectivement en place", a précisé Stéphane Séjourné.
Renforcer le recyclage et les substituts
La production doit aussi passer par un renforcement du recyclage. La Commission européenne entend renforcer cette capacité en proposant des "restrictions aux exportations de débris et de déchets d’aimants permanents, tout en introduisant des droits à l’exportation sur les débris d’aluminium, et potentiellement sur le cuivre, au printemps 2026", selon la Commission.
La recherche pourra aussi ouvrir d’autres horizons, en créant des substituts à ces matières premières critiques. Les financements annoncés prévoient donc d’augmenter les investissements en recherche et développement pour le recyclage et les substituts.