Que l’aéronautique et la défense pèsent plus lourd dans l’activité du groupe. C’est l’objectif du périgourdin Delmon (60 M€ de CA). Créé il y a une soixantaine d’années, il fabrique des pièces élastomères sophistiquées pour des fonctions antivibratoires et d’étanchéité, destinées historiquement au secteur automobile. Un domaine qui ne représente plus que 48 % de l’activité du groupe, nourrie désormais par l’aéronautique. "Depuis quelques années, ce marché devient capital pour notre groupe", explique Sylvain Broux, PDG de Delmon Group.
Le site historique de Terrasson-Lavilledieu, siège de l’entreprise qui emploie 200 des 450 salariés, réalise des éléments qui entrent dans la fabrication des moteurs d’avion, notamment les turboréacteurs Leap du consortium CFM de Safran et General Electric. Demain, Delmon espère bien contribuer à l’avion du futur.
Près d'un million d’euros pour l’avion bas carbone
C’est à ce titre qu’il a candidaté et remporté l’appel à projet "Focus". Porté par Airbus, Focus vise à développer des solutions innovantes pour l’aviation, notamment concevoir et expérimenter des technologies pour le fuselage du premier avion bas carbone français. Delmon Group y investit 937 000 euros, dont 50 % financés par une aide de l’État, via la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Labellisé France 2030, Focus court jusqu’en 2027 et devrait générer à lui seul la création d’une dizaine d’emplois sur le site périgourdin, principalement en recherche et développement. Une partie des salariés aujourd’hui affectés au secteur automobile seront transférés vers l’aéronautique.
"Ce soutien qui porte sur la recherche et développement va nous permettre de nous positionner sur des marchés à haute valeur ajoutée et d’accélérer ce mouvement vers davantage d’aéronautique, estime Sylvain Broux. Le projet Focus associe 24 partenaires. Nous travaillons déjà pour Airbus depuis quelques années et nous avons été retenus pour collaborer notamment à la nouvelle génération d’A320. Les nouvelles technologies nous amèneront plus tard à produire des pièces sur ce site et donc à préserver nos effectifs", indique le dirigeant.
Œuvrer aussi pour la défense
Le groupe Delmon avait déjà bénéficié d’un premier soutien de l’État pour soutenir sa diversification en 2022, face à la perte de vitesse de la filière automobile. À l’époque, le groupe avait investi plus de 1,3 million d’euros, subventionné à hauteur de 40 %.
En parallèle de l’aéronautique civil, le groupe Delmon cherche aussi à séduire le militaire. "Nous travaillons déjà avec quelques acteurs comme Nexter (devenu KNDS France, NDLR). L’industrie de défense génère 1 million d’euros de chiffre d’affaires, cela pourrait être bien plus au vu du contexte de réarmement au niveau européen", ajoute Sylvain Broux.