C’est reparti pour un tour ! Après avoir lancé la chaire industrielle baptisé Valadoe (pour "Valeur ajoutée données et énergie") en 2018, l’IMT Atlantique lance une seconde version pour cinq ans de plus. Avec Valadoe 2, l’objectif est de décrypter l’évolution des réseaux d’énergie, qui se complexifient avec de plus en plus de sources de production liées au déploiement des énergies renouvelables. Dans cette nouvelle aventure, l’école d’ingénieurs peut compter sur les collectivités, mais aussi sur les partenaires historiques, à savoir Akajoule, et Enedis. Deux nouveaux acteurs, Territoire d’Énergie 44 et Sce (groupe Keran), rejoignent également la chaire, qui sera dotée d’un budget de 600 000 euros.
Des sites industriels et des ports scrutés de près
Quatre thèses sont d’ores et déjà lancées au sein de cette nouvelle chaire. Elles balayeront notamment la transition énergétique des sites industriels d’intérêt public, la transition des infrastructures portuaires, ou encore les outils de simulation des réseaux électriques à l’aide de l’IA.
"Nous aborderons par exemple la surproduction des énergies renouvelables, qui peut être constatée à certains moments de la journée. Face à ce constat, des solutions de stockage sont nécessaires. Cela peut être sous forme de chaleur, de gaz, ou encore d’électricité. En fonction des cas, différents types d’énergie peuvent être envisagés", note Bruno Lacarrière, chercheur à l’IMT Atlantique, et responsable de la chaire.
"Pour parvenir à créer ces modèles, nous mettons à disposition nos données, collectées via les compteurs Linky", précise de son côté Stéphane Menoret, directeur régional délégué chez Enedis.
L’étude des habitudes économiques et idéologiques
"La multiplication des sources d’énergie débouche sur un réseau avec plein d’électrons dans tous les sens. Cela implique des changements radicaux sur la manière de consommer cette énergie, en décalant par exemple une production industrielle. Il faudra forcément plus de flexibilité", souligne Yann Thoreau La Salle, directeur général délégué à l’innovation de Keran. Et pour anticiper les consommations de demain, la chaire ne se contente pas d’étudier les aspects technologiques. Elle prend aussi en compte les contraintes environnementales, et économiques, voire aussi la part d'idéologie liée à certaines énergie.
"Les questions traitées dans cette chaire ne sont pas d’ordre académique, mais représentent de véritables attentes du terrain", note Bruno Lacarrière. Avec l'objectif de la neutralité carbone visée par la France en 2050, nul doute que les scénarios étudiés par Valadoe devront être nombreux pour réussir à anticiper le devenir des réseaux d'énergie.