En Mayenne, Enedis va engager 31 millions d’euros en 2025 pour moderniser et renforcer le réseau de distribution d’électricité, qui s’étend sur 15 000 kilomètres. C’est plus que les années précédentes. Le distributeur avait consacré environ 24 millions d’euros en 2023, soit 15 % de plus que l’année précédente. Les montants seront similaires en 2024, autour de 25 millions d’euros. Plusieurs enjeux justifient ce budget à la hausse. Et pour tenir ses objectifs, Enedis va créer dix nouveaux postes en Mayenne en 2025. L’opérateur y emploie actuellement 180 salariés.
De nouveaux besoins
Si Enedis investit davantage, c’est pour réaliser "la seconde électrification de la France" après celle entreprise Après-Guerre. "Ce n’est pas qu’une question de qualité de fourniture et de fiabilité du réseau, explique Eric Daguet, le délégué territorial. Les besoins ont aussi changé, avec le déploiement des points de charge pour véhicules électriques notamment." Le nombre de bornes de recharge, société, particuliers et en accès public confondus, s’élève à 7 333 au troisième trimestre 2024, contre 6 000 en 2023 et 4 100 en 2022.
L’impact des énergies renouvelables
"Il faut faire évoluer le mix-énergétique de la France et participer à décarboner le pays en développant les énergies renouvelables (ENR), poursuit Éric Daguet. Les ENR amènent par ailleurs une nouvelle donne technique : le réseau doit être capable d’absorber non plus un flux à sens unique entre de gros pôles de production (les centrales nucléaires principalement) et les consommateurs. Ces consommateurs peuvent également produire aujourd’hui, ce qui démultiplie les points d’entrées dans le réseau."
L’éolien, première source d’énergie locale
En Mayenne, la production locale des ENR couvre 32 % de la consommation électrique. Ce taux passera à 45 % en 2027 (contre 34 % en Pays de la Loire) et à plus de 50 % en 2029. L’éolien est la première source de production d’ENR : elle représente 70 % ce type d’énergie en Mayenne, (contre 53 % en Pays de la Loire), devant le photovoltaïque et les méthaniseurs.
Et si les consommations se font plus vertueuses, la multiplication des points de production augmente en conséquence la consommation électrique. "La part des ENR représente actuellement 29 % des énergies en France, elle passera à 50 % d’ici 2050. L’autoconsommation des particuliers et industriels est par ailleurs multipliée par deux d’année en année", souligne Éric Daguet.