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Le groupe mayennais BD Corporation grandit avec les robots de traite Lely
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Le groupe mayennais BD Corporation grandit avec les robots de traite Lely

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Les robots de traite de la marque néerlandaise Lely portent la croissance de BD Corporation. Le groupe mayennais a doublé de taille depuis la crise du Covid. Et les mutations du secteur de l’élevage offrent de belles perspectives dans les équipements d’automatisation, qui génèrent déjà 90 % des 65 millions d’euros de chiffres d’affaires du groupe.

Pascal Bretonnière est le président du groupe BD Corporation, qui porte le Lely Center d’Évron — Photo : Frédéric Gérard

BD Corporation surfe sur la vague de la robotisation des élevages laitiers. Le groupe mayennais commercialise, installe et entretient le plus grand parc de robots de traite en France et l’un des plus importants au monde de la marque néerlandaise Lely. C’est sa filiale DB Élevage, l’une des quatre sociétés du groupe, qui développe la franchise Lely Center depuis Évron. "Nous installons plus de 200 robots par an, dont la moitié chez des primo accédants", précise le président du groupe Pascal Bretonnière.

Les effectifs doublent

Pour ce faire, le groupe ne cesse de recruter. Ses effectifs ont plus que doublé ces dernières années, passant de 95 collaborateurs en 2019 à 230 aujourd’hui. L’activité Lely emploie, à elle seule, 175 personnes et a généré l’an passé 58 millions des 65 millions d’euros de chiffre d’affaires du groupe mayennais, qui affiche ces dernières années une croissance à deux chiffres : le chiffre d’affaires était de 20 millions d’euros en 2019 et de 45 millions d’euros en 2023.

Les trois autres sociétés du groupe commercialisent des équipements et fournitures plus classiques dans les bâtiments abritant les bovins, tels que les cornadis, barrières, racleurs, matériel de pompage et de traitement d’eau ou de ventilation.

Encore 30 recrutements en 2026

Et les recrutements se poursuivent. Trente postes ont ainsi été ouverts en 2026. L’entreprise a des besoins croissants aux postes administratifs, commerciaux, de magasiniers, d’installateurs, et plus régulièrement d’agents et de techniciens de maintenance. "En décembre, nous devrions arriver à 250 personnes au total dans le groupe", prévoit Pascal Bretonnière.

Une couverture territoriale à la mesure du parc installé

Son groupe opère dans neuf départements, sur toute la Mayenne et la Sarthe et dans une partie des départements limitrophes — la Manche, l’Orne, la Loire-Atlantique, l’Eure-et-Loir, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher. Outre son siège social, la société dispose de six bases techniques. Le Lely Center d’Évron peut ainsi gérer un parc de 1 450 robots de traite installés — sur les 51 000 de la marque néerlandaise dans le monde et plus de 11 000 dans la zone englobant la France, l’Espagne et le Portugal. Le groupe mayennais assure aussi le SAV pour les 950 autres robots vendus, dédiés à la distribution de l’alimentation des vaches ou au nettoyage des stabulations, l’aire des vaches.

BD Corporation revendique 65 % de parts de marché sur sa zone

"Nous avons un taux de pénétration sur notre zone équivalent à 65 % des parts de marché", met en avant Pascal Bretonnière. Sur un marché en progression depuis dix ans, le robot de traite est la locomotive qui a tiré le groupe. Lorsque Pascal Bretonnière s’est associé en 2007 à Didier Dardenne (actionnaire minoritaire), créant DB Elevage, l’entreprise familiale travaillait avec une autre marque, et la robotisation n’était pas la priorité.

Persuadé tôt du potentiel de la robotisation

"Quand nous nous sommes lancés avec Lely il y a vingt ans, beaucoup ne croyaient pas en la robotisation en agriculture. Les robots de traite représentaient 5 % des installations sur le marché, contre 95 % en salle de traite manuelle, se rappelle Pascal Bretonnière. Aujourd’hui, c’est l’inverse."

Plusieurs raisons expliquent que les nouvelles installations se font quasi uniquement en solutions automatisées : la souplesse d’organisation qu’offre l’automatisation et le manque de bras pour gérer des troupeaux toujours plus grands. Et là où un robot de traite (parfois plusieurs) est installé, il y a plus de chances de vendre un autre robot d’élevage demain.

Encore des places à conquérir

"Malgré le nombre important de robots installés, seulement 29 % des exploitations agricoles en élevage en sont aujourd’hui équipées sur notre zone, poursuit Pascal Bretonnière. Cela nous ouvre des perspectives plutôt bonnes." Une fois à maturité, le marché va évoluer, se projette déjà le chef d’entreprise mayennais : "Un jour arrivera le temps du renouvellement, comme à l’époque précédente des salles de traite…" Des conditions qui ont généré de l’activité pendant plus d’une vingtaine d’années, avant l’avènement de la robotisation.

L’occasion, un marché en croissance parallèle

L’atelier de reconditionnement de robots du Lely Center d’Évron voit mécaniquement son activité progresser avec l’augmentation du parc de robots installés — Photo : Frédéric Gérard

L’augmentation du parc de robots entraîne mécaniquement un nouveau vivier d’équipements d’occasion. L’entreprise mayennaise se positionne aussi sur le marché de la seconde main. Trois techniciens assurent le reconditionnement de robots pour les revendre en occasion. L’achat d’un bâtiment voisin, consacré à ces opérations de remise à neuf, devrait permettre de gagner en efficacité de travail. "C’est un marché qui progresse. C’est une solution pour certains éleveurs qui veulent se lancer avec un robot de traite, mais ne sont pas encore prêts à mettre le prix plein (plus de 250 000 euros pour un troupeau de 70 vaches, NDLR)", observe Pascal Bretonnière.

La connectivité, prochain relais de croissance

Avec le développement des capacités de gestion de données liées à l’intelligence artificielle, "les fermes seront de plus en plus connectées", est persuadé Nicolas Lefoulon, le directeur général. Les nouvelles solutions permettront ainsi de plus en plus de détecter la santé des vaches, pour agir en préventif, ou d’anticiper les pannes. La marque Lely incite d’ailleurs ses centres à suivre sa trajectoire et pousse à l’installation des nouveaux logiciels de suivi des animaux ou à suivre développement de nouvelles technologies en élevage.

Meilleur Lely Center au monde

Sur ces sujets, le Lely Center d’Évron est un bon élève. Sur le reste aussi. Depuis six ans, l’entreprise arrive dans le haut du classement du réseau néerlandais. Cette année, elle a même été notée comme le meilleur centre du monde. C’est la première fois que les évaluations et audits internes de la franchise place un établissement français au premier rang des 200 Lely Center déployés dans le monde.

Pascal Bretonnière, président, et Nicolas Lefoulon, directeur, du groupe mayennais derrière le Lely Center d’Évron, avec le trophée de meilleur Lely Center du monde — Photo : Frédéric Gérard

La centaine de critères de la franchise ne distinguent pas seulement une réussite commerciale ou des volumes de vente. Ils prennent également en compte la qualité des services, la performance des élevages des clients, la satisfaction des clients relayée auprès d’Ipsos, la vision stratégique de l’entreprise, la qualité de management des équipes, etc.

Garder le personnel en place

L’un des défis de BD Corporation reste les ressources humaines. Avec des besoins de main-d’œuvre croissants, il lui est indispensable de fidéliser ses collaborateurs. La direction a mis en place une stratégie d’intégration et de montée en compétences avec des formations Lely mais aussi maison. "Comme dans l’élevage, nos métiers attirent moins qu’avant. Ils sont aussi mal connus. Et avec la montée en puissance de l’automatisation et de la robotisation, nous sommes en concurrence directe avec les industriels pour recruter : nous avons besoin de techniciens de maintenance", précise Pascal Bretonnière.

Le Lely Center créé par DB Elevage en Mayenne est basé à Évron — Photo : LC Evron

Le dirigeant fait alors parler la fibre entrepreneuriale qui sommeille en chacun des techniciens, et surtout, les motive par une grande autonomie de travail. "Nous ne payons pas davantage que le niveau de salaires du marché, affirme Pascal Bretonnière. En revanche, chez nous, un technicien n’est pas enfermé à l’usine. Il a son camion et son équipement et assure une partie de la relation client. Il connaît sa zone d’intervention, et les éleveurs le connaissent."

Les effectifs importants permettent aussi de réduire un facteur limitant dans le recrutement en maintenance : les astreintes. "C’est aujourd’hui une nuit par semaine, moins d’un week-end sur quatre." Le dirigeant l’assure, "on essaie de créer un climat de confiance". Les résultats sont là, souligne le directeur général, Nicolas Lefoulon : "Nous avons un taux de sortie de 4 % par an. Ce qui est très faible pour une entreprise en croissance comme la nôtre."

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