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Enedis sera dans les temps pour alimenter les nouveaux fours électriques de Saint-Gobain PAM
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Enedis sera dans les temps pour alimenter les nouveaux fours électriques de Saint-Gobain PAM

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Entre Choloy-Ménillot et Foug, en Meurthe-et-Moselle, les équipes du distributeur d’électricité Enedis s’activent pour achever un chantier à 2 millions d’euros. Objectif : alimenter les futurs fours électriques de l’usine Saint-Gobain PAM de Foug.

Impossible d’utiliser une grue : le nouveau transformateur du poste électrique de Choloy-Ménillot a été glissé dans son emplacement — Photo : Jean-François Michel

Le 26 novembre, les équipes du gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis (40 000 salariés, 38 Md€ de CA) ont glissé un nouveau transformateur de 36 MW, pesant 60 tonnes, au sein du poste de transformation électrique de Choloy-Ménillot, en Meurthe-et-Moselle. Cet équipement devra permettre de fournir la puissance électrique nécessaire pour faire fonctionner les futurs fours électriques de l’usine Saint-Gobain PAM de Foug, distante de quelques kilomètres.

Trois câbles électriques de 20 000 volts

Et pour alimenter l’usine, trois câbles électriques de 20 000 Volts, de trois kilomètres de long, sont en cours d’installation, depuis le poste de Choloy-Ménillot jusqu’au site de Foug : un trajet complexe, impliquant de passer sous la RN4 et une zone Natura 2000, afin de ne pas abîmer l’environnement. Le chantier va mobiliser un total de 2 millions d’euros, entièrement à la charge de Saint-Gobain PAM. Et tout doit être achevé en "mars 2025", assure Jean-Baptiste Arnould, le directeur des relations externes Grand Est et Meurthe-et-Moselle pour Enedis.

Une étape de décarbonation à 20 millions d’euros

Une date qui permet à Olivier Herr, le directeur adjoint de l’usine Saint-Gobain PAM de Foug, d’envisager la mise en service de ses nouveaux fours électriques avec sérénité. "Nos prévisions nous entraînaient plus sur la fin de 2025, début 2026, mais nous sommes presque un peu en avance, souffle l’industriel. Nous pourrons mener les premiers essais pour produire de la fonte dès la fin juin, pour entrer en production à la rentrée de septembre".

À Foug, en Meurthe-et-Moselle, Saint-Gobain PAM (4 500 salariés, 1,1 Md€ de CA) mène actuellement un chantier à 20 millions d’euros, visant à remplacer les deux cubilots fonctionnant au charbon par deux fours électriques affichant une capacité de production de 30 tonnes de fonte à l’heure, un projet qui devra permettre de réduire les émissions de CO2 du site de 62 % et ses consommations d’eau de 80 %.

Pour compresser les délais du chantier, un nouveau bâtiment a été construit pour abriter les nouveaux équipements électriques — Photo : Jean-François Michel

Entre 800 000 et un million de tuyaux produits par an

Pour arriver à électrifier le procédé de fabrication des tuyaux de petits diamètres, soit de 60 à 150 mm, et mettre définitivement au rebut les cubilots de Foug, l’industriel devait s’assurer de disposer de la puissance électrique nécessaire : les futurs fours électriques vont en effet avaler 18 MW de puissance électrique. "Actuellement, nous pouvons appeler une puissance totale de 7 MW", indique Olivier Herr. L’essentiel de l’énergie est fourni par du charbon, qui permet de produire actuellement entre 800 000 et un million de tuyaux par an, soit près de 65 000 tonnes par an, pour une capacité totale de 100 000 tonnes.

Une réunion avec les parties prenantes

Afin d’être certain de disposer de la puissance nécessaire au moment voulu, les équipes de Saint-Gobain PAM se sont donc rapprochées dès 2022 d’Enedis. Conscient de la difficulté de synchroniser les agendas d’un industriel et d’un distributeur d’électricité, le secrétaire général de la préfecture de Meurthe-et-Moselle, Julien Le Goff, a organisé rapidement une réunion avec toutes les parties prenantes de l’opération. Pour l’usine de Foug, un décalage incompressible de trois mois est ressorti des échanges : "Sur un projet de 24 mois, nous sommes parvenus à nous accorder", conclut le directeur adjoint de l’usine Saint-Gobain PAM de Foug.

Une deuxième électrification du pays

"La méthode est la bonne", estime Jean-Baptiste Arnould. "Tous les industriels qui comptent électrifier leurs procédés devraient se signaler très en amont du projet auprès de nos services et s’assurer du concours des services de l’État." Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, filiale à 100 % d’EDF, s’apprête à mobiliser 96 milliards d’euros jusqu’en 2040, soit plus de 5 milliards d’euros par an, afin d’accompagner le développement de l’usage de l’électricité. "En France, 25 % du total de l’énergie consommée actuellement est d’origine électrique. En 2050, ce sera 55 %", anticipe Jean-Baptiste Arnould, en évoquant une "deuxième électrification du pays", après celle de 1946, lors de la création d’EDF. À la différence près que l’échelle de temps n’est pas la même.

130 à 150 millions d’euros pour remplacer les hauts-fourneaux de Pont-à-Mousson

Les équipes d’Enedis et de RTE sont appelées à travailler une nouvelle fois avec Saint-Gobain PAM. Après l’installation d’un four électrique pour 11 millions d’euros, en 2022, puis en ce moment les fours électriques de l’usine de Foug, l’industriel avance sur l’électrification totale de ses procédés : à terme, l’enjeu est d’arrêter les hauts-fourneaux de l’usine de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) pour les remplacer par des fours électriques. Cette troisième étape de la décarbonation devrait aboutir en 2028, pour un montant compris entre "130 et 150 millions d’euros", révèle Olivier Herr. Sans vouloir dévoiler plus avant les contours du projet, le dirigeant pose les enjeux : "Nous nous équiperons alors de ce qui sera la plus grosse installation mondiale de production de fonte grâce à l’énergie électrique".

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