Caen

Agroalimentaire

Les crises bousculent le fonctionnement d'Agrial

Par Isabelle Evrard, le 05 avril 2022

Face aux crises qui se succèdent, le groupe agroalimentaire normand Agrial voit son résultat net reculer et anticipe des ruptures d’approvisionnement en énergie mais aussi en engrais, principalement importés de Russie et d’Ukraine.

La stratégie de développement d’Agrial tournera, pour les dix ans à venir, autour du Plan Climat 2035.
La stratégie de développement d’Agrial tournera, pour les dix ans à venir, autour du Plan Climat 2035. — Photo : Agrial

Si le chiffre d’affaires d’Agrial dépasse en 2021 la barre des 6,2 milliards d’euros, dont 25 % à l’international (contre 5,9 Md€ en 2020), le résultat net du groupe agroalimentaire normand (22 000 salariés dans le monde), est en légère baisse avec 60 millions d’euros contre 69 millions en 2020. Une diminution due à la crise sanitaire et au Brexit selon le directeur général Ludovic Spiers. "Au début de l’année, nous pensions sortir de la crise mais, finalement, 2021 s’est montrée plus compliquée que prévu. La restauration a été fermée pendant cinq mois et notre groupe a beaucoup souffert du Brexit." Très présent en Grande-Bretagne avec sept usines, le groupe a pâti du manque de personnel et de matières premières. "Nos carnets de commandes étaient bons, mais nous n’avons pas pu fonctionner correctement, ce qui explique en partie la contre-performance de notre branche légumes."
Malgré une conjoncture difficile, le groupe coopératif, dont le siège est installé à Caen, a pu redistribuer vingt millions d’euros à ses quelque 12 000 agriculteurs-adhérents au titre de l’année 2021. Avec 59 marques et 280 magasins, Agrial réalise 40 % de son chiffre d’affaires dans le lait, 23 % dans les céréales, 22 % dans les fruits et légumes frais, 9 % dans la viande et 6 % dans les boissons.

Anticiper une pénurie d’engrais

L’année 2022 rajoute un 3e niveau de crise avec la guerre en Ukraine, voire un 4e avec l’épidémie de grippe aviaire. "Nous avons à gérer une entreprise au cœur d’une économie d’inflation comme nous n’en avons pas vécu depuis 1975. La pression est terrible de tous les côtés, qu’il s’agisse des matières premières, des emballages, des énergies ou des matériaux", reconnaît le directeur général. "Même si la guerre russo-ukrainienne n’a pas un impact direct sur notre chiffre d’affaires puisque nous ne sommes présents dans aucun de ces pays, nous subissons la hausse des coûts de l’énergie engendrée par le conflit", affirme la direction du groupe qui craint également de potentielles ruptures d’approvisionnement en énergie mais aussi concernant les engrais importés principalement depuis la Russie et l’Ukraine : "Nous avons les stocks pour l’année 2022 à venir mais pour 2023, c’est l’incertitude la plus complète. Nous sommes en train de travailler sur d’autres possibilités, notamment depuis des pays producteurs d’engrais comme l’Egypte", ajoute le président d’Agrial, Arnaud Degoulet.

Plan Climat 2035

La stratégie de développement d’Agrial tournera, pour les dix ans à venir, autour du Plan Climat 2035 : "Depuis 2016, nous avons investi régulièrement pour changer nos modes de consommation d’énergie de nos sites industriels. Nous avons ainsi réduit nos consommations annuelles d’énergie de 6,8 % mais nous voulons aller plus loin en faisant de la lutte contre le changement climatique la pierre angulaire de la démarche de développement durable d’Agrial. Avec deux engagements majeurs : diviser par deux nos émissions de gaz à effet de serre et réduire de 35 % notre empreinte carbone d’ici 2035. Avec les aléas climatiques qui se succèdent, nous ne pouvons plus concevoir notre métier sans appréhender cette dimension", commente Arnaud Degoulet, président d’Agrial qui présentera le projet global à l’assemblée générale des adhérents le 20 mai 2022.

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