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Herige place la RSE au cœur de sa stratégie de développement

Par Caroline Scribe, le 13 mai 2022

Le groupe vendéen Herige, spécialisé dans la fabrication et la distribution de matériaux pour la construction, déploie une nouvelle feuille de route pour une croissance profitable et durable. La RSE en constitue l’axe majeur.

Benoît Hennaut, président du directoire d’Hérige
Benoît Hennaut, président du directoire d’Hérige — Photo : HERIGE

RSE, innovation et valorisation du capital humain, tels sont les trois ingrédients du cocktail qui doit soutenir le développement du groupe vendéen Herige (2 500 salariés, 712 M€ de CA en 2021) dans les années à venir. Présente sur les métiers de la menuiserie industrielle, du béton et du négoce de matériaux à travers les marques Atlantem, Edycem et VM Matériaux, l’entreprise familiale a récemment dévoilé sa nouvelle feuille de route pour une stratégie de croissance. Benoît Hennaut, président du directoire depuis septembre 2020, veut que celle-ci soit "profitable pour financer nos développements et durable pour anticiper les transitions en cours et à venir en France et dans le monde, tout en apportant de la valeur ajoutée à nos clients à travers des produits innovants et différenciants."

Mobilisation autour de la RSE

Cette stratégie repose sur trois piliers, dont la RSE constitue l’axe majeur qui doit irriguer et engager tous les secteurs de l’entreprise. La gouvernance d’Herige a évolué en conséquence. Après avoir indexé une partie de la rémunération des dirigeants sur des critères RSE, le conseil de surveillance a mis en place un comité chargé d’impulser la démarche au sein du groupe. Le comité de direction est, pour sa part, renforcé de deux fonctions clés : la direction RH et la direction RSE. Cette réorganisation de la gouvernance s’accompagne d’un dispositif de formation et de sensibilisation des managers aux enjeux RSE.

Décarbonation

Un volet important de la RSE porte sur la trajectoire de décarbonation du groupe sur l’ensemble de sa chaîne de valeur. "Un travail de fond a été engagé pour définir au niveau du groupe et de chacune de ses branches les objectifs à atteindre en se référant aux accords de Paris, les moyens à mettre en œuvre, les indicateurs de suivi, etc., pour avoir un coup d’avance sur la taxonomie européenne (liste des activités industrielles et des énergies que Bruxelles considère comme vertueuses pour le climat, NDLR). Nous ferons des annonces au second semestre 2022", annonce Benoît Hennaut.

Pour réduire son impact environnemental, Herige mise également sur une évolution de ses pratiques sur l’ensemble du cycle de vie des produits, de la conception à la fin de vie, dans une logique d’économie circulaire. En collaboration avec l’École Centrale de Nantes, une dizaine de doctorants travaille ainsi sur les bétons du futur : décarbonés, capables d’absorber les eaux pluviales ou encore de contribuer à l’abaissement de la température. Ces travaux de R & D ont déjà trouvé une application concrète avec le lancement de la nouvelle gamme de bétons bas carbone Vitaliss d’Edycem. Formulés pour atteindre des réductions d’émissions de CO2 allant de 20 à 50 % par rapport aux bétons traditionnels, ils anticipent la future norme environnementale RE2020.

Edycem est la branche béton du groupe Herige.
Edycem est la branche béton du groupe Herige. - Photo : Edycem

Économie circulaire

Herige a également pour objectif d’augmenter le taux de matières recyclées dans les différentes gammes de menuiseries industrielles conçues et fabriquées Atlantem. "Nous voulons porter cette proportion à 50 % pour les menuiseries PVC et alu. Nous utiliserons les rebuts des menuiseries bois pour chauffer nos bâtiments", indique le dirigeant. Dans le cadre de la future REP (responsabilité élargie des producteurs) de la filière du bâtiment, Atlantem a créé, avec d’autres industriels du bâtiment, une société commune, Menrec qui collecte, démantèle et recycle les menuiseries en fin de vie au lieu de les envoyer à l’enfouissement. "Dans le même registre, notre filiale VM Matériaux a lancé des gammes de produits biosourcés comme, par exemple, des laines de verre isolantes, issues du recyclage de vieilles tenues de pompiers, qui contribuent à mieux isoler les logements et, donc à réduire la facture énergétique. Nous sommes là au cœur de l’économie circulaire", pointe Benoît Hennaut.

Innovation

L’innovation et la valorisation des données constituent le second axe de la transformation du groupe. Un data manager a été recruté à cet effet. "Les données que nous récoltons sur nos clients, nos consommations d’énergie, nos offres, les équilibres sociétaux… constituent un patrimoine précieux. Nous avons engagé un programme ambitieux pour recueillir, trier, qualifier, mettre à jour, traiter, partager… ces informations, toutes activités confondues", rapporte le dirigeant, qui en attend un gain de temps et un renforcement de la relation client. L’innovation se traduit également à travers de multiples partenariats destinés à soutenir la R & D et développer des produits innovants, en lien bien sûr avec la stratégie RSE. La nouvelle gamme de menuiseries AM-X proposée par Atlantem illustre cette démarche : ces fenêtres réunissent au sein d’une même structure le pouvoir isolant du PVC, la résistance de l’aluminium et la chaleur du bois, avec une meilleure gestion des matières premières et des déchets de production.

L’usine 4.0 d’Atlantem à Saint-Sauveur-des-Landes (Ille-et-Vilaine) fabrique la nouvelle gamme de menuiseries AM-X.
L’usine 4.0 d’Atlantem à Saint-Sauveur-des-Landes (Ille-et-Vilaine) fabrique la nouvelle gamme de menuiseries AM-X. - Photo : Charles Marion

Sécurité et formation

Principal moteur de la transformation et troisième pilier de la nouvelle feuille de route d’Herige, la valorisation du patrimoine humain donne la priorité à la sécurité, ainsi qu’à la formation pour préparer les compétences clés de demain. Le groupe, qui a amorcé une réflexion sur sa "raison d’être", souhaite également que sa transformation fasse sens pour les collaborateurs.

25 millions d’euros d’investissements

La nouvelle feuille de route est soutenue par un programme de 25, 4 millions d’euros d’investissements en 2021. Plus d’un tiers d’entre eux porteront sur la RSE : protection de l’environnement autour des sites d’Herige, passage de l’éclairage en Led, équipement des points de vente en bornes de recharge électriques, renouvellement des flottes avec l’acquisition de camions fonctionnant au biogaz et de chariots électriques…

Vendée Matériaux a entamé la transition énergétique de sa flotte en s’équipant d’un camion fonctionnant au BIO GNC.
Vendée Matériaux a entamé la transition énergétique de sa flotte en s’équipant d’un camion fonctionnant au BIO GNC. - Photo : HERIGE

Une autre partie de l’enveloppe sera affectée au développement des activités. Herige va ainsi équiper ses centrales à béton de silos supplémentaires pour fabriquer les bétons décarbonés et accélérer ses capacités de production de menuiseries pour réduire les délais de livraison. Affichant un chiffre d’affaires 2021 en hausse de 18,6 % par rapport à 2020 et un Ebitda de 47 millions d’euros, en progression de 34 %, le groupe se montre raisonnablement confiant en l’avenir. "Nous sommes très vigilants aux évolutions du marché. Depuis l’été dernier, nous avons réussi à mettre en place une agilité qui nous a permis d’amortir les turbulences en termes de disponibilité des matériaux et de changement sans précédent des niveaux de prix. Nous pensons, qu’avec notre feuille de route, nous avons des atouts pour affronter ces évolutions, la REP Bâtiment et la RE2020", affirme Benoît Hennaut.

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