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Interview Hérige : "Un tiers de la rémunération du comité de direction sera indexé sur les performances RSE"

Entretien avec Benoît Hennaut, président du directoire du groupe Hérige

Propos recueillis par Amandine Dubiez - 12 février 2021

Le nouveau président du directoire du groupe de négoce de matériaux de construction vendéen Hérige présente un plan stratégique marqué par un virage pris sur la RSE et une meilleure gestion des données. Benoit Hennaut compte également investir dans les ressources humaines afin d'impliquer l'ensemble des salariés dans cette nouvelle démarche.

Benoît Hennaut, président du directoire d'Hérige
Benoît Hennaut, président du directoire d'Hérige — Photo : HERIGE

Vous venez de prendre la présidence du directoire d’Hérige (2 300 collaborateurs, 600,4 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020). Pouvez-nous nous raconter votre parcours ?

Je viens du secteur du BTP, dans lequel j’exerce depuis le début de ma carrière. J’ai beaucoup travaillé à l’international. J’ai commencé dans une entreprise de chauffage sanitaire en France, Belgique, Italie avant de m’engager chez Lafarge, d’abord en Allemagne puis en Asie-Pacifique avec la direction d’une trentaine d’usines. J’ai ensuite géré la plateforme européenne du groupe choletais Nicoll, spécialisé dans la gestion des fluides. Je suis arrivé chez Herige en juin. J’ai été très attiré par cette mission de présider le directoire, d’accompagner les familles d’actionnaires, mais aussi séduit par les valeurs de la société, l’indépendance, l’humilité et l’esprit d’entreprendre.

Vous présentez un nouveau plan stratégique avec un virage pris sur la RSE. Pour quelle raison ?

Il y a d’abord de plus en plus de contraintes légales dans le secteur du BTP qui vont dans ce sens, à l’image de la loi économie circulaire (une responsabilité élargie du producteur pour les déchets du bâtiment entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2022, NDLR). Mais il y a aussi une volonté de changer de culture. C’est pourquoi le conseil de surveillance a décidé de mettre en place un nouveau comité spécialisé afin d’impulser encore plus fortement la démarche RSE au sein du groupe. Le comité de direction est aussi renforcé avec une direction RSE. Nous avons adopté une nouvelle politique de rémunération des comités de direction : 30 % de la rémunération sera variable, indexée sur des indicateurs RSE. Dans un premier temps, seuls les comités de direction sont concernés puis, petit à petit, l’ensemble des collaborateurs. À partir d’avril, tous les membres du comité de direction seront aussi formés à cette dimension RSE. Nous regardons également activité par activité comment réduire notre empreinte carbone.

Justement, comment cette dimension RSE se manifestera dans vos activités ?

On ne part pas de zéro. Pour le béton, nous allons investir dans le béton bas carbone, à l’image des bétons durables qui font l’objet d’une recherche dans le cadre de la chaire de recherche entre Edycem et l’École Centrale Nantes. Pour la menuiserie, nous investissons dans un dispositif qui vise à réduire la consommation de matières premières en favorisant le recyclage et le réemploi. Des transports plus responsables vont aussi être développés, comme une flotte hybride ou encore un camion biogaz.

Vous venez de clôturer une année 2020 globalement résiliente, avec un chiffre d'affaires en repli de 3,5 %. Comment voyez-vous 2021 ?

Nous avons bien terminé l’année, c’est encourageant, car nous avons passé une partie de l’année à travailler sur nos marges. Notre marché souffre beaucoup moins que d’autres. Ce dont je suis certain pour 2021, c’est que l’on aura un marché imprévisible. On voit bien en regardant le marché de l'immobilier neuf, dont dépend une partie de l’activité d’Hérige, que le début d’année sera délicat. En revanche, dans le domaine de la rénovation, on peut s’appuyer sur le plan France Relance (l’État prévoit une enveloppe d’aides de 2 milliards d'euros pour les projets de rénovation des particuliers en 2021-2022, NDLR). On voit bien d’ailleurs que, pendant le confinement, beaucoup de Français ont donné la priorité à la rénovation de leur habitat.

Vous investissez également dans le numérique et la gestion des données. Quels sont vos objectifs ?

On était jusqu’ici dans une gestion des données client classique, on n’avait pas d’organisation spécifique. Or la data est un vrai patrimoine. Nous allons donc mettre en place un département dédié. Nous recrutons un data manager, qui sera intégré au sein des équipes de la holding et rapportera directement au président du directoire. C’est une démarche stratégique. Cela va nous entraîner vers des évolutions des modèles économiques, nous projeter dans une autre façon de faire nos activités. Si on ajoute un peu d’intelligence artificielle, cela peut changer l’organisation de nos activités. C’est un investissement conséquent sur lequel je ne peux pas communiquer encore de montant.

Vous avez aussi renforcé le comité de direction avec une direction ressources humaines. Pour quelle raison ?

De par mes expériences passées, je sais que l’humain n’aime pas trop les situations d’inconfort, le changement. Il est illusoire de faire des transformations sans s’occuper de la dimension humaine. Le numérique, par exemple, ne sera pas l’affaire d’une équipe mais de tous. Il y a un sujet de compétences à développer, de développement des talents. C’est pour cela que l’accompagnement RH est essentiel.

Benoît Hennaut, président du directoire d'Hérige
Benoît Hennaut, président du directoire d'Hérige — Photo : HERIGE

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