Un jury de personnes qualifiées s’est réuni le 9 juillet à Nantes pour désigner les entreprises lauréates des Trophées Industrie Grand Ouest dans les trois catégories de prix (ancrage territorial, industrie de demain, industrie durable), le prix coup de cœur et, bien sûr, le grand prix 2025.
Pour les start-up le process est un peu différent puisque dans un premier temps, nous appelons les internautes à choisir parmi les jeunes pousses candidates, d’ici au 30 septembre, les trois entreprises nominées pour la finale. Pour faire ce choix, nous vous proposons les portraits des cinq start-up retenues cette année en short list avec les podcasts de leurs dirigeants. Les dirigeants des trois entreprises sélectionnées seront invités à pitcher en direct lors de la cérémonie de remise des trophées le 16 octobre en soirée à la CCI de Nantes Saint-Nazaire. Le vainqueur sera désigné par les votes du public.
Pour participer dès à présent au vote, il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous et de vous laisser guider.
ADESIO sécurise les approvisionnements
Créée en 2023 à Saint-Malo par l'entrepreneur Bertier Luyt et le capitaine d'industrie Bruno Bouygues (CEO du Groupe GYS), la start-up Adesio (12 collaborateurs) a lancé la phase de commercialisation de sa solution après deux ans de R & D. Adesio a développé un système avancé de gestion des commandes multifournisseurs pour répondre aux exigences du marché moderne. Conçu pour les acheteurs de composants électroniques en premier lieu, il garantit une gestion efficace du processus d’approvisionnement. "On permet à un client d’avoir de la visibilité sur les stocks et les disponibilités chez les fournisseurs en temps réel", décrit Bertier Luyt, directeur général de la jeune pousse. Pour cela, l’entreprise bretonne collabore avec le Top 20 des distributeurs mondiaux qui représentent plus de 80 % de la disponibilité des stocks de composants. L’entreprise s’attaque à un marché mondial de 1 100 milliards d’euros, qui ne cesse de prendre de la valeur avec l’explosion de l’IOT (Internet des Objets) et de l’Intelligence artificielle. "Les produits électroniques sont un acte d’achat stratégique pour les industriels", rend compte Bertier Luyt qui ambitionne de devenir la référence B to B incontournable sur d’autres actes d’achats. Dans son business plan, la start-up prévoit de traiter 5 millions d’euros de commandes clients la première année, ce qui lui apporterait un premier chiffre d’affaires de 200 000 euros fin 2025. Une levée de fonds est en cours. L’intention est de lever 2 millions d’euros avant la fin d’année, notamment pour pouvoir ouvrir des comptoirs commerciaux à l’étranger (Corée du Sud, Chine, États-Unis…).
BATCAPT spécialiste de l’objet connecté pour batterie
Officiellement créé à Rennes en juin 2025 par deux ingénieurs, Vincent Récipon et Romain Berrada, Batcapt innove dans la gestion des batteries électriques haute tension. La start-up fournit des équipements et services de monitoring pour ces batteries difficiles à maîtriser. Grâce à un boîtier électrique qui se branche sur toute batterie au lithium, Batcapt peut en diagnostiquer l’état et le niveau de sécurité, afin de prévenir leur dégradation. L’innovation de cette jeune pousse rennaise de la French Tech s’inscrit donc dans un marché en plein développement : celui de la gestion des batteries électriques et de leur recyclage. Batcapt s’adresse à des logisticiens (qui stockent ou transportent des batteries), des services après-vente, réparateurs, centres de recyclage ou même constructeurs. Son produit peut en effet intéresser les secteurs de l’automobile électrique et hybride, des transports électrifiés, de l’industrie… Objet connecté autonome, simple d’utilisation, il ambitionne de révolutionner la gestion des batteries en fin de vie sur un marché européen et mondial. Actuellement en expérimentation auprès d’un constructeur automobile, Batcapt (3 collaborateurs) prévoit une levée de fonds début 2026 pour accélérer ses ventes et financer l’industrialisation de son boîtier. La start-up vise 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires dès 2027 ainsi que la rentabilité.
INSPEMON automatise la mesure et le contrôle des infrastructures
La start-up Inspemon a vu le jour en mai 2024, à Nantes, fondée par Benjamin Thedon. Ingénieur de l’École nationale des Sciences géographiques, son parcours professionnel dans de grands groupes (Vinci, Trimble…), en France et à l’étranger, lui a permis d’acquérir une solide expérience dans les mesures automatiques. Compétences qu’il a mises à profit pour développer une solution innovante, dédiée au contrôle automatisé des déplacements et des déformations dans les bâtiments et les pièces industrielles, à travers l’acquisition et le traitement intelligent de nuages de points. Les données sont recueillies grâce à des capteurs lidar haute précision permettant de surveiller en temps réel l’état des structures. La plateforme de calcul utilise l’IA pour détecter automatiquement les charges appliquées et identifier les pièces ou zones nécessitant une intervention ou une modification. "À la différence des méthodes traditionnelles longues, imprécises et coûteuses, notre solution se distingue par une modélisation 3D automatique, une haute fréquence de contrôle et une grande facilité de déploiement, dans un contexte de pression climatique et d’urbanisation croissantes", expose Benjamin Thedon. La deeptech, accompagnée par Atlanpole, Bpifrance et lauréate de Réseau Entreprendre Atlantique, devrait signer ses premières ventes à l’automne en ciblant des grands comptes, comme Airbus, Chantiers de l’Atlantique ou encore Daher, ainsi que les groupes de construction. Employant 4 salariés, Inspemon vise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros et une dizaine de collaborateurs, d’ici à trois ans.
ECLORE mise sur la robotique et le secteur de la défense
Sur de nombreuses chaînes industrielles, qui tournent en continu, les vérins sont presque considérés comme des consommables. Et pour cause, ils contiennent plus d’une vingtaine de sous-composants (joints, tiges, pistons etc.). "Des machines contiennent plusieurs dizaines de vérins. Lorsque l’un d’eux est défectueux, la chaîne industrielle ne peut attendre la maintenance et doit redémarrer au plus vite. Les vérins sont donc rapidement changés", analyse Pierre Gautier-Le Boulch, fondateur et dirigeant d’Eclore (11 salariés) à Nantes. Pour répondre à cette problématique, l’ingénieur a imaginé un cylindre en soufflet, capable de se déployer ou de s’écraser en fonction de la pression d’air appliquée, et donc de remplacer un vérin. L’entreprise s’est confrontée au marché en 2023 avec un soufflet de protection, qui s’enfile autour du vérin existant afin de le protéger des poussières qui le détérioreraient. "Nous avons aujourd’hui identifié des marchés à forte valeur ajoutée comme la robotique. Notre soufflet a besoin d’être en moyenne dix fois moins changé qu’un soufflet classique", argumente Pierre Gautier-Le Boulch. En parallèle, Eclore travaille aussi avec le secteur de la défense. "Nous avons l’avantage d’avoir un produit léger et compact. Il s’agit de deux critères très recherchés dans ce secteur. Nous travaillons par exemple sur des structures déployables comme des bouées ou des membranes d’éjection capables de gonfler un airbag", précise le fondateur.
GAZOTECH : du gaz vert pour les industriels et le réseau gazier
Fondée en 2019, la start-up nantaise Gazotech a fait de la pyrogazéification son cheval de bataille. Il s’agit d’un procédé thermochimique qui fonctionne à plus de 800 degrés, et qui convertit des résidus forestiers ou des résidus agricoles secs, comme du marc de raisins épuisé, en un gaz de synthèse. Avec des industriels comme Cristal Union et la Florentaise au capital, la start-up collabore aujourd’hui avec Stellantis, afin d’installer une unité de production de gaz sur un site de l’industriel pour sa propre consommation. En parallèle, Gazotech travaille autour de l’ancienne Centrale à charbon de Gardanne, près de Marseille, pour y installer une centrale de production de gaz qui sera injecté directement dans le réseau gazier. "Nous devons lever entre 40 et 50 millions d’euros pour financer ce projet. La production de gaz devrait y être lancée courant 2028", souligne Maël Disa-Vingataramin, fondateur et dirigeant de Gazotech. L’entreprise souhaite multiplier les installations de pyrogazéification en France, soit directement sur les sites des industriels, soit pour les relier au réseau de gaz. Pour l’instant, l’entreprise propose un catalogue d’unités de pyrogazéification, issues de plusieurs licences contractées avec des entreprises indiennes, canadiennes ou encore allemandes. Mais en parallèle, Gazotech mène aussi des recherches pour développer son propre gazogène. "D’ici 4 à 5 ans, nous pourrons l’industrialiser et le commercialiser", espère Maël Disa-Vingataramin.