Créée en 2023 à Saint-Malo par Bertier Luyt (connu localement pour avoir fondé le FabShop, une entreprise d’impression 3D aujourd’hui disparue) et Bruno Bouygues, président du groupe lavallois Gys, la start-up Adesio (12 collaborateurs) a lancé la phase de commercialisation de sa solution logicielle après deux ans de R & D. La jeune pousse a développé Smart Supply Manager, un système avancé de gestion des commandes multi-fournisseurs, conçu en premier lieu pour les acheteurs de composants électroniques.
"On permet à nos clients d’avoir de la visibilité sur les stocks et les disponibilités chez les fournisseurs en temps réel", décrit Bertier Luyt, directeur général de l’entreprise. La garantie de produits tracés et la garantie de prix maîtrisés sont deux autres arguments mis en avant.
"Les pièces électroniques sont devenues un acte d’achat stratégique pour les industriels. Elles sont essentielles pour le bon fonctionnement des appareils de production"
C’est l’envolée des prix pendant la période du Covid qui a convaincu le serial entrepreneur de se lancer sur ce projet entrepreneurial. Cet ex-consultant pour le fournisseur de pièces électroniques américain Arrow Electronics connaît bien son sujet. Il s’attaque à un marché mondial de 1 100 milliards d’euros, qui ne cesse de prendre de la valeur avec l’explosion de l’IOT (Internet des Objets) et de l’intelligence artificielle. "Les pièces électroniques sont devenues un acte d’achat stratégique pour les industriels. Elles sont essentielles pour le bon fonctionnement des machines et des appareils de production", rend compte Bertier Luyt.
Un marché de plus de 1 000 milliards d’euros
Pour offrir un service optimal à ses clients, le système d’Adesio est connecté aux API (applications de programmation) des principaux distributeurs et fabricants mondiaux. "Nous facilitons un accès au Top 20 des distributeurs, qui représentent plus de 80 % de la disponibilité mondiale des stocks de composants", précise Bertier Luyt.
Un contrat avec le groupe indien Tata Motors
Dans son business plan, la start-up bretonne prévoit de traiter 5 millions d’euros de commandes clients la première année, ce qui lui permettrait de générer un chiffre d’affaires de 200 000 euros en 2025. L’entreprise, qui se rémunère sur une partie du bon de commande, prévoit de contracter avec des entreprises de secteurs d’activité variés, très gourmands en produits électroniques : les télécommunications, l’automobile, le spatial, l’aéronautique, l’énergie… Très tourné vers l’international (tout le "branding" de l’entreprise est en anglais), Adesio a signé récemment un contrat avec le groupe indien Tata Motors (l’un des principaux constructeurs automobiles mondiaux de voitures) qui souhaitait sécuriser son approvisionnement en composants électroniques pour un client américain.
Deux millions d’euros recherchés
Pour faire face à son développement, Adesio cherche à lever des fonds. La PME était présente au rendez-vous 2025 de "Start-up on the beach" (événement mettant en relation des investisseurs avec les start-up) fin juin, à Saint-Malo, pour cela. Son intention est de lever 2 millions d’euros (dont 1,5 M€ en private equity) avant la fin d’année, notamment pour ouvrir des comptoirs commerciaux dans les pays spécialisés dans la fabrication de composants électroniques (Corée du Sud, Chine, États-Unis…).
"Nous avons besoin d’assurer un service après-vente en local, mais la technologie restera à Saint-Malo", tient à préciser Bertier Luyt qui se cherche par ailleurs un nouveau siège dans la cité corsaire. Il prévoit aussi d’installer ses propres serveurs informatiques en Bretagne.