À Laval, Cofidur EMS dispose d’une usine de 30 000 m2. En mars 2023, un incendie avait ravagé une partie d’un atelier, détruisant pour environ deux millions d’euros de machines et un million d’euros de produits et composants électroniques. Le fabricant de cartes et sous-ensembles électroniques vient tout juste de lancer la reconstruction du bâtiment. Les travaux devraient durer six mois. Le budget n’est pas encore bouclé car la facture finale dépendra notamment des systèmes de sécurisation de cet espace. L’industriel veut en effet en faire une zone de production sécurisée afin de séduire des clients fournissant le secteur de la Défense. Et ainsi étoffer son carnet de commandes dans ce secteur.
Un bâtiment indépendant dans l’usine
En 2023, le feu avait détruit 350 m2 et rendu inexploitable 500 m2 au total à cause des dégradations liées aux fumées et à la chaleur. Moins touchée, une troisième partie est inutilisée depuis deux ans et demi. "Nous avons décidé de refaire l’ensemble de la structure. La toiture qui avait survécu aux flammes était vieille, par exemple. Nous en profitons pour renforcer les dispositifs de surveillance de ce bâtiment", explique Laurent Dupoiron, le président du groupe Cofidur (500 salariés, 3 sites, 80 M€ de CA en 2024).
Ce bâtiment de 1 500 m2 a la particularité d’être isolé du reste de l’usine. Le groupe veut en faire un atout. "Les clients, notamment dans les secteurs stratégiques comme la Défense, demandent de plus en plus à protéger les lignes de production qui les concernent, à savoir quel salarié y travaille, ce que chacun y fait précisément, et à quelles données ils ont accès", indique Laurent Dupoiron. Même si dans l’armement, "on ne sait pas forcément à quoi serviront précisément les produits qu’on nous commande", glisse le dirigeant. Les lieux seront ainsi dotés de systèmes sécurisés, en termes de cybersécurité mais aussi avec un accès limité et contrôlé.
Si les commandes de la Défense tardaient, ces critères pourraient intéresser d’autres types d’acteurs. "Nous pourrions aussi compartimenter cet espace de production et proposer nos services à d’autres secteurs stratégiques, de l’innovation ou du médical par exemple", envisage le dirigeant. Cofidur est également membre du Gifas, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales.
Qualifié pour l’économie de défense
L’entreprise a intégré le programme Ecodef soutenu par la Région Pays de la Loire. Ce dispositif vise à renforcer la chaîne d’approvisionnement de l’économie de Défense avec des PME et ETI locales pour pouvoir répondre à l’augmentation des besoins des grands donneurs d’ordre. Cofidur est ainsi référencé auprès de la DGA (Direction générale de l’armement) et qualifié pour fournir Naval Group et Airbus Atlantic.
La géopolitique a remis le renforcement des armées européennes au rang des priorités. Les États membres de l’Union Européenne se sont engagés en faveur d’un budget plus ambitieux pour la sécurité et la Défense. Mais l’incertitude politique en France ralentit la concrétisation des commandes. Le budget 2026, qui doit être prochainement voté, devrait flécher les enveloppes allouées à ce secteur industriel. "C’est un processus qui s’inscrit dans un temps long. On reste pour le moment à l’état d’annonces", commente Laurent Dupoiron.
D’autres acteurs pourraient être intéressés
Difficile donc de dire combien de postes pourraient être créés pour ces activités sur le site de Laval. Dans un premier temps, une trentaine des 250 salariés du site seront installés dans le futur bâtiment sécurisé. Des machines seront rapatriées dans ce nouvel espace pour y lancer la production au printemps 2026.