À Steenvoorde dans le Nord, Danone réduit sa consommation de gaz grâce aux résidus de lin
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À Steenvoorde dans le Nord, Danone réduit sa consommation de gaz grâce aux résidus de lin

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Danone a investi 11 millions d’euros dans une chaudière biomasse pour son site de Steenvorde (Nord), qui produit des laits infantiles et désormais, des compléments alimentaires. Alimentée par un combustible sourcé localement, des anas de lin, la chaudière va produire 81 % des besoins en vapeur du site.

Une chaudière biomasse, alimentée par des anas de lin, va fournir 80 % de la vapeur nécessaire à Danone sur son site de Steenvoorde dans le Nord — Photo : Engie Solutions

Au sein de son usine de Steenvoorde (Nord), le groupe parisien Danone (90 000 salariés, 24,7 Md€ de CA 2025) marche à toute vapeur. C’est cette vapeur qui alimente ses process et lui permet de produire, depuis une cinquantaine d’années, des laits infantiles. Et bientôt, des compléments nutritionnels destinés aux personnes fragiles ou malades.

Alors que l’usine, centenaire, fait l’objet d’un plan d’investissement de 60 millions d’euros pour se voir adjoindre une nouvelle ligne, synonyme de diversification vers ce nouveau marché, 10 millions d’euros ont été alloués à l’implantation d’une chaudière biomasse. Un investissement soutenu à hauteur de 3,3 millions d’euros par l’Ademe, dans le cadre du plan de Relance. L’équipement est mis au point, installé et opéré par Engie Solutions, avec qui Danone a signé partenariat sur 15 ans. D’une puissance de 6,5 MW, c’est cette chaudière qui désormais, va produire 81 % de la vapeur nécessaire sur le site. Et ce, grâce à un combustible sourcé localement et vertueux, les anas de lins (fragments de paille de lin) coproduits de la production linière, très présente en Flandre.

11 000 tonnes

"Les anas de lins sont collectés chez six teilleurs, situés entre 11 et 38 kilomètres de l’usine. Leurs performances sont comparables à celles du bois, et ils nous permettent de soutenir une filière locale, tout en réduisant encore davantage l’empreinte carbone du site. La chaudière biomasse va nous permettre d’éviter l’émission de 11 000 tonnes de CO₂ d’origine fossile chaque année", se félicite Emmanuel Varigas, le directeur du site de Steenvoorde.

Une ressource locale

"Pour Engie Solutions, ce projet est emblématique de la façon dont nous entendons travailler avec les industriels, pour réaliser des projets qui ont du sens localement. Chaque territoire est différent et a ses propres particularités. Les démarches de décarbonation des industriels peuvent s’inscrire pleinement dans leur environnement immédiat, comme le prouve ici l’alliance de Danone, des teilleurs de lin et d’Engie", souligne pour sa part Émilie Razy, directrice régionale Industrie Nord Est chez, Engie Solution, qui a chapeauté le projet.

Montée en volume, pas en Co2

Alimentée jusque-là par deux chaudières à gaz, l’usine n’en dépendra donc plus que pour 20 % de ses besoins en vapeur, et ce, malgré sa montée en charge prévue. Une fois la nouvelle ligne mise en service, dans le courant du premier semestre 2026, le site, qui emploie 450 salariés, devrait produire 20 000 tonnes supplémentaires, atteignant les 80 000 tonnes de produits finis contre 60 000 aujourd’hui. Tout en améliorant considérablement son bilan carbone.

"Le prix du gaz s’est montré extrêmement volatil ces dernières années, et a évolué à la hausse comme à la baisse. Mais la motivation derrière cet investissement n’est pas économique, l’enjeu de décarbonation est central. En nous permettant une baisse de 70 % de nos émissions de gaz à effet de serre, la chaudière biomasse va peser extrêmement lourd dans notre feuille de route décarbonation, c’est une énorme marche de franchie", précise encore Emmanuel Varigas.

Débutés en mai 2024, les travaux se sont achevés début 2026, pour une mise en service en mars 2026.

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