Pouvez-vous nous présenter Circ ?
Il s’agit d’une start-up américaine, passionnée d’innovation, qui a décidé de s’attaquer au sujet de l’impact environnemental généré par l’industrie de la mode et du textile. On dit que la contribution de l’industrie textile à l’émission de gaz à effet de serre est supérieure à celle du transport maritime et du transport aérien. Pour s’attaquer à ce sujet, Circ a développé un procédé hydrothermal innovant qui s’apparente à l’effet d’une cocotte-minute avec de l’eau chaude sous pression. Cela permet de recycler le polycoton, qui est un mélange de polyester et de coton et le textile le plus répandu sur terre, en dissociant le polyester et en libérant des fils de coton ainsi que la teinture. On traite le tout et on récupère les fibres, qui sont comme neuves et qu’on peut ensuite recycler à l’infini.
Comment le choix de Saint-Avold en Moselle pour votre implantation s’est-il décidé ?
C’est d’abord un site européen. Même si la start-up est américaine et que l’industrie textile se situe essentiellement en Asie et, dans une moindre mesure, sur le pourtour méditerranéen, quand on parle de recyclage, on pense aussitôt à l’Europe. Cette notion n’existe pas en Asie et est encore balbutiante aux États-Unis. L’Europe présente également un environnement économique et politique stable, c’est un atout majeur. Concernant la France, c’est parce que l’énergie y est décarbonée. Notre start-up aime aussi dire que la France est la capitale de la mode et comme on espère révolutionner l’industrie de la mode, c’est bien d’être proche de Paris. Mais Saint-Avold est un endroit où l’énergie décarbonatée est disponible. Il y a également une infrastructure logistique importante et Saint-Avold disposait d’une plateforme existante avec celle de Chemesis. Au-delà de cette localisation, l’écosystème présent dans le Grand Est est important pour nous. C’est une des rares régions françaises où il y a encore de l’industrie textile. On va également se retrouver proche de Coleo qui souhaite implanter une usine de recyclage de déchets textiles près de Troyes et qui alimentera notre usine. C’est parfait. On a aussi bénéficié d’un accompagnement hors pair de la part de la Région et des services de l’État.
Quelle est votre feuille de route jusqu’au lancement de votre activité et quelles sont les perspectives d’emplois pour le territoire ?
La concertation publique va avoir lieu au courant de l’automne. Dans la foulée, on pense pouvoir déposer la demande de permis de construire et celle d’autorisation environnementale au début de l’année 2026. On espère avoir les premiers coups de pioche fin 2026 en vue d’un démarrage de l’activité au quatrième trimestre 2028. En termes de créations d’emplois, notre estimation s’élève aujourd’hui à 200 emplois directs et indirects. On se situe dans un secteur proche de la chimie, ce qui occasionnera beaucoup de sous-traitance et de maintenance. Nous aurons également besoin d’un centre de contrôle qualité le plus proche possible de notre usine.
Comment comptez-vous utiliser la ressource de l’eau dans vos process ?
Nous allons construire une station de traitement des eaux pour pouvoir recycler au maximum cette ressource, vraisemblablement à hauteur de 85 %.
Quelles seront vos sources d’approvisionnement ?
Nous aurons 70 000 tonnes de capacités de recyclage par an. Notre zone d’approvisionnement ira au-delà du Grand Est et sera large. Avec notre usine, il ne faut surtout pas aller cannibaliser de la réutilisation ni la filière du recyclage mécanique. Nous allons nous situer sur le segment de ce qui n’est pas valorisé ou sous-valorisé. Nous utiliserons en majorité des textiles dits de post-consommation. Mais au démarrage de l’usine, on va faire appel à des chutes postindustrielles, en provenance du bassin méditerranéen mais aussi de France, qui présentent une meilleure qualité de textile pour bien stabiliser notre processus durant un an.