Deux acteurs majeurs de l’innovation lyonnaise, l’incubateur deeptech de Lyon et Saint-Étienne Pulsalys et IDCluster, officialisent une alliance pensée comme un accélérateur de souveraineté sanitaire.
Labellisé "Biocluster France 2030", IDCluster, basé à Lyon, se positionne comme un hub national dédié à la prévention et à la lutte contre les maladies infectieuses émergentes (MIE) et la résistance aux antimicrobiens (AMR), dont les antibiotiques en première ligne. Parmi ses membres figurent l'Université Claude Bernard Lyon 1, les Hospices Civils de Lyon, l'Institut Pasteur, l'Inserm-ANRS-MIE, l'APHP et l'Université de Paris Cité.
En face, Pulsalys, SATT du territoire Lyon - Saint-Étienne, maîtrise la détection, la maturation technologique et l’incubation de projets deeptech issus des laboratoires académiques.
Du labo à l’usine
Le rapprochement vise à renforcer un continuum d’accompagnement, du laboratoire jusqu’à l’industrialisation. La feuille de route affiche une ambition claire : sélection croisée des projets, mise en relation avec les experts de terrain, partage d’informations scientifiques et business, promotion mutuelle des programmes.
En intégrant le programme CATRIEM – dont Pulsalys est chef de file –, start-up, chercheurs et industriels bénéficient d’une rampe de lancement vers les premières applications industrielles et cliniques.
Pour Valérie Mazza, présidente de Pulsalys (une cinquantaine de salariés), l’enjeu dépasse la simple coopération : "La force de l’innovation en santé repose sur l’alignement des acteurs académiques, économiques et institutionnels". Une vision partagée par Bruno Lina, président d’IDCluster, qui voit dans le partenariat un moyen de connecter davantage le biocluster aux inventeurs de terrain, dans la région et au-delà.
Futures menaces épidémiques
Né de la crise Covid-19 et de la stratégie nationale MIE-MN (Maladies Infectieuses Émergentes et Menaces Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques) lancée en 2022, ce rapprochement entend anticiper les futures menaces épidémiques. Au-delà des thérapies ou vaccins, le champ s’étend à des solutions non médicales : capteurs environnementaux, équipements de protection, agents désinfectants. Une approche à 360°, indispensable alors que la résistance aux antibiotiques est devenue un enjeu global de santé publique.
Pour les deux organisations, il s’agit de faire du territoire lyonnais un moteur d’innovation sanitaire. Avec 330 projets accompagnés, 168 start-up et plus de 1 600 emplois créés, Pulsalys dispose d’un ancrage solide. IDCluster, financé à hauteur de 60 millions par l’État jusqu’en 2030, a déjà sélectionné dix premiers projets à accélérer. Ensemble, ils espèrent transformer la recherche biomédicale en solutions concrètes capables de répondre aux crises de demain.