Vous parlez d’une année d’accélération. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour Pulsalys ?
2026 marque une nouvelle étape dans notre trajectoire. Nous avons structuré une feuille de route 2025-2027 autour de huit axes stratégiques pour fluidifier et intensifier le transfert de technologies. Accélérer, cela signifie raccourcir les délais entre la découverte scientifique et son application industrielle, simplifier le parcours des chercheurs et renforcer notre capacité à faire émerger des start-up robustes. Nous voulons aussi amplifier nos partenariats industriels, notamment dans les matériaux durables et la santé et renforcer notre positionnement au niveau national et européen. Nous voulons aller plus vite, plus loin, et avec encore plus d’impact.
Quel bilan tirez-vous de l’exercice 2025 ?
Nous sommes 45 collaborateurs et intervenons à l’interface entre laboratoires et entreprises. Concrètement, notre objectif principal est de faire passer les résultats de la recherche publique vers des innovations concrètes pour la société et l’économie. En 2025, notre chiffre d’affaires progresse de 20 % (N.D.L.R. : 1,16 M€ de CA en 2024), traduisant la montée en puissance de nos activités de maturation, de concession de licences technologiques à des industriels et d’incubation de start-up. Nous avons enregistré 245 sollicitations de chercheurs et d’entrepreneurs, en hausse d’environ 10 % par rapport à 2024. Vingt projets ont été soutenus en développement technologique, pour 3,6 millions d’euros investis dans les laboratoires. Nous avons également constitué 36 nouveaux actifs de propriété intellectuelle et réalisé 10 transferts de technologies. Le volume est stable, mais la valeur générée est en progression. Construire et réussir ensemble n’est pas un slogan, c’est notre méthode.
Un déménagement au sein de la I-Factory courant 2025
Côté start-up, quelle dynamique observez-vous ?
Nous avons accompagné 11 start-up en incubation, dont 7 créées en 2025 : Novaleum, Clearsurgery, Regenaxis Therapeutics, H & B Materials, Elecsyor, Admentia et Cellixio. La deeptech implique des cycles longs et capitalistiques. Nous prenons un risque que personne d’autre n’est prêt à prendre. Depuis notre création en 2013, nous avons soutenu 168 start-up et seules 20 structures ont cessé leur activité, soit un taux de défaillance contenu autour de 12 %.
Certaines jeunes pousses changent d’échelle ?
Oui, et c’est un signal fort pour l’écosystème. En 2025, Alice & Bob a levé 100 millions d’euros, Diagnoly 5,5 millions d’euros, Sirius Neosight 4,4 millions d’euros, The QA Company 2,8 millions d’euros, etc. Depuis notre création, 345 projets de maturation ont été financés et 135 licences signées avec des industriels. Les 168 start-up issues de notre portefeuille cumulent 413 millions d’euros levés pour 46 millions investis par Pulsalys : cet effet de levier est un indicateur clé de performance. Elles représentent 35 millions d’euros de chiffre d’affaires et environ 1 600 emplois, majoritairement en région.
Votre déménagement à la I-Factory marque-t-il un tournant ?
Clairement. Nous avons rejoint la I-Factory, bâtiment totem de 6 500 m² sur le campus de la Doua à Villeurbanne qui est portée par la ComUE Université de Lyon. C’est un magnifique outil construit autour de l’innovation. La proximité avec chercheurs, étudiants et partenaires industriels favorise les synergies et accélère les mises en relation. Cela incarne physiquement le continuum que nous défendons, du laboratoire à l’usine.
Comment comptez-vous renforcer votre positionnement à l’échelle nationale et européenne ?
En tant que pilote opérationnel du Pôle universitaire d’innovation Impulse, nous voulons consolider notre rôle de bras armé de la propriété intellectuelle sur le site académique. Notre ambition est d’attirer davantage de partenaires industriels et d’investisseurs, y compris à l’international, et de positionner Lyon – Saint-Étienne comme un territoire de référence en deeptech. À horizon 2027, nous visons un positionnement reconnu au niveau européen, dans un contexte de compétition accrue sur les technologies de rupture.