Après les records de 2025, les écosystèmes européen et français de la deeptech doivent se renforcer
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Après les records de 2025, les écosystèmes européen et français de la deeptech doivent se renforcer

Dopées par l’intelligence artificielle, les start-up de la deeptech française ont levé 4,1 milliards d’euros en 2025, soit quatre fois plus qu’en 2018. Pour Bpifrance, ces résultats ancrent le secteur dans l’économie, partout en France. Mais pour faire face à la concurrence, l’écosystème français et européen va devoir se renforcer.

Mistral AI a réalisé une levée de fonds de 1,7 milliard d’euros en 2025. Au total, les entreprises françaises de la deeptech, dont les projets reposent sur des avancées scientifiques ou technologiques de rupture, ont levé 4,1 milliards d'euros l'an dernier. — Photo : photo for everything - stock.adobe 

Avec 4,1 milliards d’euros de fonds levés et 410 start-up créées en 2025, la deeptech française, dont les projets reposent sur des avancées scientifiques ou technologiques de rupture, se renforce. Si les levées de fonds sont en forte hausse par rapport à 2024 (2,8 Md€), elles sont en revanche au même niveau (élevé) que 2023 (4,1 Md€).

"Le 3e écosystème deeptech mondial en montants levés"

Dans son bilan annuel du plan Deeptech, Bpifrance relève que la France est en bonne position. Paris est "désormais le 3e écosystème deeptech mondial en montants levés" et la France est le 2e acteur du continent européen, derrière le Royaume-Uni.

Des résultats portés par l’IA

Derrière ces chiffres record, portés par l’intelligence artificielle, de gros investissements ont été réalisés notamment dans Mistral AI (1,7 Md€). 72 % des fonds levés concernent des technologique stratégiques comme le spatial, la défense, l’intelligence artificielle, le cloud, la cybersécurité et les semi-conducteurs. Parmi les entreprises de ce domaine, Bpifrance cite Loft Orbital (dans le spatial), Alice & Bob (le quantique) ou encore le secteur de la santé avec Adcytherix, Nabla ou Wandercraft.

Un secteur de plus en plus présent dans l’économie française

Avec plus de 2 800 start-up actives, générant 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et représentant 50 000 emplois directs, la deeptech "s’intègre concrètement dans le tissu socio-économique français", selon la banque publique d’investissement. 2 000 sites industriels sont par ailleurs exploités par ces entreprises qui sont à 47 % composées de start-up industrielles.

Hors Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes est la région qui rassemble le plus de start-up de la deeptech.

De grands groupes investissent

Pour Bpifrance, "le signal le plus structurant de l’année est le développement de l’activité de grands groupes technologiques européens dans la deeptech". Comme Dassault Aviation qui a pris des participations dans Harmattan AI ou encore Renault dans Wandercraft.

Un écosystème européen à renforcer

Malgré ces bons résultats, l’écart se creuse entre l’Europe et son voisin américain. Le Vieux continent a engrangé 21,6 milliards d’euros de levées de fonds dans la deeptech, contre 137 milliards d’euros aux États-Unis. L’Europe se place quand même devant la Chine qui a levé 16,2 milliards d’euros dans le domaine.

30 milliards d’euros

Pour Bpifrance, le continent dispose pourtant de leviers pour se renforcer sur ce marché comme les rapprochements entre industrie et start-up en généralisant les prises de participation stratégiques et en activant la commande publique et privée. Bpifrance appelle aussi à mobiliser davantage les capitaux privés. Ce point sera en effet une nécessité alors que l’écosystème français aura besoin de 30 milliards d’euros pour se développer d’ici 2030.

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