"Le pôle de compétitivité Aktantis consolide son ancrage en Paca et accélère en Occitanie"
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Fabien Aili et Gérard Martinez président et directeur d'Aktantis  "Le pôle de compétitivité Aktantis consolide son ancrage en Paca et accélère en Occitanie"

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Né du rapprochement des pôles SCS et Optitec, Aktantis s’impose comme un acteur central de la deeptech en régions Paca et Occitanie. Dans un contexte budgétaire tendu, son président Fabien Aili et son directeur Gérard Martinez ont mené à bien le changement de nom en 2025 et poursuivent désormais la stratégie de développement, avec un accent particulier mis sur l’Occitanie.

Fabien Aili, président du pôle Aktantis depuis 2022 et par ailleurs, directeur de l’activité Vérification d’identité à distance et Biométrie chez Docaposte, et Gérard Martinez, directeur du pôle Aktantis — Photo : Aktantis

Un an après le changement de nom du pôle, quel est le bilan ?

Fabien Aili : Le changement de nom est issu de l’opération de rapprochement de deux pôles, en 2023, le pôle SCS (solutions communicantes sécurisées) et le pôle Optitec, dédié aux technologies innovantes dans les secteurs de l’optique, de la photonique et de l’imagerie. Avec ce nouveau nom, dévoilé fin 2024, nous avions affiché l’ambition de poursuivre l’essor d’un écosystème deeptech de premier plan, en régions Paca et Occitanie. En adoptant cette nouvelle marque, nous voulions tourner une page, en écrire une nouvelle et symboliser notre dynamique et notre approche systémique, du capteur jusqu’à l’exploitation des données.

Gérard Martinez : Changer de marque n’est pas toujours évident. Notre travail a porté ses fruits et Aktantis est désormais bien ancrée auprès de l’ensemble des acteurs de notre écosystème. Puis, en unissant SCS à Optitec, nous avons pu nous déployer en Occitanie et renforcer l’antenne existante à Toulouse. En fin d’année 2025, Aktantis comptait 320 adhérents, des acteurs industriels, des grands groupes, PME et start-up, des laboratoires de recherche et universités.

Le rapprochement des deux pôles a-t-il entraîné des pertes d’adhérents ?

F.A. : Au départ, nous avons enregistré quelques pertes d’adhérents en optique et photonique, puis nous avons réussi à convaincre des acteurs historiques de ce secteur de nous rejoindre, à l’image de Bertin Technologies, un industriel de l’instrumentation implanté à Aix-en-Provence.

Quels sont les résultats du pôle ?

G.M. : En 20 ans d’existence, le pôle a permis le financement de plus de 540 projets innovants. Grâce à nos actions visant à encourager l’innovation collaborative et la croissance des entreprises, plus de 1,6 milliard d’investissements de R & D ont été réalisés par 519 entreprises et 171 laboratoires de recherche. Enfin, nos membres ont levé plus de 500 millions d’euros.

Sur quels marchés ou filières industrielles Aktantis est-il aujourd’hui le plus présent ?

G.M. : Les domaines techniques des acteurs d’Aktantis se concentrent sur les technologies dans les domaines de la microélectronique, de la cyber et de la sécurité numérique, de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle et de la donnée, de la photonique et de l’imagerie.

Comment se porte le modèle économique du pôle dans un contexte budgétaire contraint ?

G.M. : La période reste complexe, d’autant plus que notre budget de fonctionnement dépend en partie des financements issus d’aides publiques. La diversification de nos revenus a été engagée, mais le sujet n’est pas simple, parce que nous ne sommes pas là pour concurrencer notre écosystème. Néanmoins, nous avons réussi à développer une panoplie de services et rencontrons de beaux succès dans le cadre d’appels à projets européens, qui rejaillissent sur nos membres. Il en est ainsi du programme Move2Digital, dont l’objectif est l’appropriation par les entreprises régionales des technologies liées à l’intelligence Artificielle, la cybersécurité et aux objets connectés.

F.A. : Concernant le volet des financements privés, la part des cotisations de nos adhérents est importante et elle est en croissance en 2025 avec une augmentation du nombre de nos adhérents de 10 %. Il s’agit d’une belle performance par rapport à d’autres pôles de compétitivité.

Quels sont vos objectifs de croissance ?

F.A. : Nous avons encore un potentiel de développement significatif en Occitanie. Aujourd’hui, notre structure financière est saine et notre feuille de route nous permet d’envisager l’avenir sans trop d’inquiétude.

G.M. : Nous avons l’objectif d’atteindre le nombre de 400 adhérents à la fin de l’année 2026.

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