Terminée la période de l'argent facile. Après une période faste marquée par une inflation et des taux d’intérêt bas et un écosystème très favorable aux projets innovants, la situation s’est retournée en 2023. Avec l’inflation, la hausse des taux, l’instabilité politique et géopolitique, les risques ont augmenté, notamment pour les start-up en phase d’amorçage que financent les investisseurs du réseau ABAB (Atlantique Business Angels Booster), implanté dans les Pays de la Loire.
Selon les chiffres livrés par France Angels, le montant des levées de fonds réalisées via les réseaux de Business Angels français a reculé de 30 % entre 2022 et 2023. Les refinancements (deuxièmes tours) ont progressé, pour leur part, les mises de départ se révélant insuffisantes. "Nous ne sommes pas revenus au niveau de 2019 en termes de montants levés. Les projets sont encore nombreux, mais ils ne vont pas jusqu’au bout ou mettent plus de temps à aboutir. Il faut dire que dans le contexte économique instable actuel, nous avons renforcé notre niveau d’exigence sur les projets", commente François Macé, président d’ABAB.
Numérique et santé en pointe
Dans cet environnement morose, deux secteurs tirent leur épingle du jeu : le numérique avec, notamment, des projets liés à l’IA et la santé (médical et biotechnologies). Ces derniers sont passés, au niveau national, de 7,7 millions d’euros levés en 2022 à 12,5 millions en 2023. Pour mieux instruire et suivre ces projets innovants, ABAB crée une commission Santé et cherche à renforcer son équipe de business angels experts dans les différents domaines de la santé.
"Tout en restant généraliste, nous souhaitons renforcer notre expertise santé, c’est notre ambition pour 2025. Nous travaillons déjà avec French Care Pays de la Loire, le fonds de dotation du CHU de Nantes, le club business Santé de la CCI, GINA, le site de l’écosystème des acteurs de la santé de demain de Nantes Métropole…", annonce François Macé.
À noter que les projets liés aux transitions énergétiques et écologiques progressent également, mais pour des montants moins importants. En revanche, les investissements dans la deeptech, plus risqués et plus gourmands en capitaux, restent à un niveau bas.
Six nouveaux dossiers en 2024
Après avoir investi 1, 5 millions d’euros en 2023, ABAB avait engagé 1,2 million d’euros dans six nouveaux dossiers à fin novembre 2024 : DJMA, Bat'Ipac, Etteliot, Newave, Sonabim, Terra Innova et Quoonto pour un second tour. Quatre autres projets sont en cours d’examen.
Dans le même temps, ABAB, qui regroupe quelque 200 business angels, a étendu son champ d’intervention géographique au littoral Atlantique grâce à un partenariat avec la French Tech Saint-Nazaire La Baule Pornic. Le réseau a également noué de nouveaux partenariats avec Société Générale, Polypus et EY Ventury Avocats. "Nous voulons renforcer ces partenariats avec les banques et des services partagés. C’est important pour le sourcing des dossiers, leur financement et la formation de nos membres", indique François Macé.