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Diagnoly, Million Victories, Netri, Stellaria… Les start-up à suivre en 2026 en Auvergne-Rhône-Alpes
Auvergne Rhône-Alpes # Santé # Levée de fonds

Diagnoly, Million Victories, Netri, Stellaria… Les start-up à suivre en 2026 en Auvergne-Rhône-Alpes

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Medtech, deeptech, numérique, nucléaire… Cette année sera placée sous le signe de l’innovation en Auvergne-Rhône-Alpes avec de jeunes pousses qui lèvent des fonds et d’autres qui poursuivent leur chemin vers la commercialisation voire l’industrialisation de leur concept.

Le studio de jeux vidéo Million Victories a été lancé en 2017 à Lyon — Photo : Million Victories

Diagnoly lève 5,5 millions d’euros pour déployer son copilote d’échographie prénatale par IA

Ivan Voznyuk (PDG et cofondateur), Camille Dupont (CTO) et le Dr Edwin Quarello (directeur médical et cofondateur) de Diagnoly — Photo : DR

La start-up lyonnaise Diagnoly a levé en avril dernier 5,5 millions d’euros. Ce tour de table a été mené par Mutuelles Impact (géré par XAnge) et Newfund, avec le soutien de BADGE et de médecins investisseurs. Fondée en 2020 par Ivan Voznyuk et le Dr Edwin Quarello, la deeptech développe Fetoly, un logiciel d’échographie fœtale assisté par IA, capable d’analyser en temps réel jusqu’à 100 000 images par examen. L’objectif : réduire le taux de malformations non détectées avant la naissance – aujourd’hui proche d’une sur deux – en standardisant et en sécurisant le dépistage. Déjà certifiée en Europe et aux États-Unis, la solution est utilisée dans une vingtaine d’établissements, dont l’hôpital Saint-Joseph de Marseille. Diagnoly (13 salariés) prévoit d’accélérer sa R & D, d’élargir la couverture pathologique et de recruter quatre collaborateurs supplémentaires d’ici fin 2025.

Million Victories lève 34 millions d’euros pour accélérer son développement international

L’équipe de Million Victories — Photo : Axel Fossier

Le studio lyonnais Million Victories a bouclé, en juillet dernier, une levée de fonds record de 34 millions d’euros auprès du fonds américain Haveli Investments pour accélérer son expansion internationale. Éditeur du jeu mobile de stratégie Million Lords, téléchargé plus de 4 millions de fois et fort de 100 000 joueurs actifs mensuels, la PME fondée en 2017 ambitionne de devenir un acteur mondial du secteur. Déjà soutenue par Griffin Partners et Eurazeo, l’entreprise prévoit de renforcer sa présence sur ses marchés clés (États-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne) et de s’implanter en Asie, notamment en Corée du Sud et au Japon. Avec 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et 35 salariés, Million Victories vise un doublement de ses effectifs d’ici 2027, avec des recrutements dans la tech, l’opérationnel et le marketing. Cette opération, deux ans après une précédente levée de 6 millions d’euros, confirme son statut parmi les studios français les plus prometteurs.

MexBrain vise une levée de 45 millions d’euros pour ses essais cliniques

Thomas Brichart, président de MexBrain — Photo : DR

Spin-off de l’Université Lyon 1, la medtech MexBrain prépare une levée comprise entre 30 et 45 millions d’euros afin de financer ses essais pivots en Europe et aux États-Unis. Spécialisée dans l’extraction des métaux toxiques du corps grâce à un dispositif médical innovant, la société de 10 salariés souhaite finaliser l’opération d’ici fin mars 2026. Les deux tiers des fonds seraient consacrés à la recherche clinique, le reste au renforcement de l’équipe et à la production. Déjà engagée dans plusieurs essais pilotes, notamment sur la maladie de Wilson et les syndromes myélodysplasiques, MexBrain prévoit aussi une étude sur le sepsis au CHU de Nîmes. À terme, la jeune pousse lyonnaise ambitionne de créer de la valeur en développant ses propres programmes, tout en restant ouverte à des partenariats pour accélérer sa stratégie internationale.

The QA Company lève 2,8 millions d’euros pour déployer son IA générative auprès des entreprises

Dennis Diefenbach, PDG et fondateur de The QA Company — Photo : The QA Company

La start-up stéphanoise The QA Company vient de réaliser sa première levée de fonds, bouclant un tour de table de 2,8 millions d’euros. Spécialisée dans l’IA générative, elle a développé QAnswer, un assistant intelligent présenté comme un "ChatGPT d’entreprise", capable de rédiger, analyser et interagir avec les données internes en toute sécurité, sans transfert vers des modèles externes. Le financement associe un consortium d’investisseurs ligériens (dont HEF, UI Investissement et Crédit Agricole Loire Haute-Loire Capital Innovation), des business angels du réseau SEBA 42 et Bpifrance. Forte de 14 salariés, The QA Company compte renforcer ses équipes, accélérer son déploiement commercial et enrichir sa technologie. Déjà référencée par plusieurs institutions européennes, elle cible désormais les ETI et grands groupes. Le groupe HEF, actionnaire et futur client, devrait être la première ETI à intégrer sa solution pour moderniser ses processus internes.

Quobly décroche un financement de 21 millions d’euros pour produire sa première puce quantique

L’équipe dirigeante de Quobly — Photo : Quobly

La start-up grenobloise Quobly (75 salariés ; CA : N.C.), porteuse d’une technologie pour industrialiser les processeurs quantiques à grande échelle, a bénéficié au printemps 2025 d’un financement de 21 millions d’euros, dont 15 millions d’euros de subvention de Bpifrance et 6 millions en fonds propres. Créée en 2022 et issue d’un essaimage du CEA Leti, Quobly cofondée et dirigée par Maud Vinet, va ainsi franchir une nouvelle étape structurante dans son projet de produire sa première puce quantique sur silicium de 100 qubits physiques, projet nommé Q100T. Quobly a également noué un partenariat avec STMicroelectronics, l’un des leaders européens du semi-conducteur et dont la R & D est basée à Grenoble, afin d’utiliser son infrastructure pour développer sa puce quantique sur silicium. Enfin, la pépite a inauguré à l’hiver 2025 des installations de traitement pour ses puces quantiques, qui devraient lui permettre de multiplier par cinquante ses capacités de production.

MagREEsource lève 23 millions d’euros pour industrialiser ses aimants recyclés

L’usine pilote de MagREEsource — Photo : MagREEsource

La start-up grenobloise MagREEsource, spécialiste des aimants permanents issus de terres rares recyclées, a levé 23 millions d’euros pour passer à l’échelle industrielle. Après un premier tour de 5 millions d’euros en 2023 pour son usine pilote de Noyarey (Isère), l’entreprise prévoit désormais de tripler sa capacité et de lancer la construction de la MagFactory, première usine européenne d’aimants recyclés à grande échelle, capable de produire 1 000 tonnes par an d’ici 2028. Soutenue par Bpifrance, FININDUS et plusieurs fonds privés, cette opération vise à relocaliser une filière stratégique aujourd’hui dominée par la Chine. MagREEsource apporte ainsi une réponse technologique et circulaire aux besoins croissants de mobilité électrique et d’énergie renouvelable, tout en renforçant la souveraineté européenne.

Stellaria réunit 23 millions d’euros pour son réacteur nucléaire innovant

Guillaume Campioni, Lucas Tardieu, Nicolas Breyton, les trois co-fondateurs de Stellaria — Photo : Laurence Godart

La start-up grenobloise Stellaria, issue du CEA et de Schneider Electric, a levé 23 millions d’euros pour accélérer le développement de son réacteur nucléaire de quatrième génération à sels fondus et neutrons rapides. Cette technologie vise à régénérer ses combustibles, réduire drastiquement les déchets et fournir une énergie décarbonée et stable aux industries électro-intensives. Deux ans après un premier tour de table, cette levée — menée par l’américain At One Ventures et Supernova Invest — s’ajoute à 10 millions d’euros de financements publics du plan France 2030. Objectif : une réaction de fission dès 2029 et une première unité commerciale en 2035. Stellaria prévoit de doubler ses effectifs pour finaliser son démonstrateur et déposer une demande d’autorisation de création auprès des autorités de sûreté nucléaire.

Netri industrialise ses organes sur puce pour la recherche de médicaments

Thibault Honegger, P-dg et cofondateur de Netri et Florian Larramendy, cofondateur et directeur technique de Netri — Photo : Netri

La biotech Netri (35 salariés), spécialiste des "organes sur puce" pour la recherche préclinique de médicaments, a inauguré sa première usine de 1 100 m2 à Lyon Gerland en février 2025. Montant de l’investissement : 20 millions d’euros, dont 6,4 millions d’euros issus de France 2030. Issus de 10 années de travaux de R & D au CNRS et au CEA à Grenoble, les organes sur puces de Netri combinent des cellules souches et des puces microélectroniques déposées sur des supports en silicone, qui reproduisent les influx nerveux d’un organe lorsqu’il est mis au contact d’une molécule. Netri cible le colossal marché de la douleur, estimé à 90 milliards de dollars dans le monde : douleurs vaccinales ou causées par les chimiothérapies. S’y ajoutent les marchés de la dermato-cosmétique et la neurotoxicologie. L’entreprise codirigée par Thibault Honegger vise la rentabilité dès la fin 2025 et un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2035.

Osivax réunit près de 30 millions d’euros de fonds en 2025

Alexandre Le Vert, président d’Osivax — Photo : DR

Bientôt un pied sur le marché américain ? La biotech franco-belge (50 salariés) a décroché fin août 2025 un nouveau financement de 19,5 millions de dollars (18 millions d’euros) de la BARDA, l’autorité américaine de préparation et réponse aux urgences sanitaires. Une " reconnaissance " pour la lyonnaise qui intervient juste quelques mois après une levée de 10 millions d’euros en mars 2025 pour soutenir le développement préclinique et clinique d’OVX836, son candidat vaccin contre la grippe à large spectre. Des soutiens financiers qui vont permettre à Osivax d’accélérer le développement de son candidat vaccin à large spectre contre la grippe A en Europe et aux Etats-Unis. Entreprise bio pharmaceutique en phase clinique, la biotech dirigée par Alexandre Le Vert, PDG et cofondateur d’Osivax exploite une plateforme de nanoparticules auto-assemblantes, oligoDOM™, pour la mise au point d’un vaccin pour prévenir toutes les souches de grippe et variantes de Covid-19 en une seule injection. Depuis sa création, Osivax a réuni au total 35 millions d’euros en fonds propres et près de 65 millions d’euros en subventions et aides.

Thorizon accélère le développement de ses réacteurs à sels fondus

De gauche à droite, Bernard Normand, directeur du laboratoire MatéIS ; Laure Claquin, directrice des opérations de Thorizon, et Stéphane Poncet, directeur général de Curium — Photo : Emile Madinier

Basée à Lyon et à Amsterdam, la start-up franco-néerlandaise Thorizon (50 salariés) porte un projet innovant de SMR (Small Modular Reactor), des réacteurs nucléaires à sels fondus, dits de "quatrième génération" pensés pour alimenter des data centers, des usines ou des zones isolées. Des usages qui nécessitent une électricité constante et pilotable, sans intermittence. La jeune pousse a levé 42,5 millions d’euros depuis sa création pour soutenir le développement et la commercialisation de sa technologie Thorizon One. Auxquels s’ajoute une aide de 10 millions d’euros accordée par l’Union européenne, via son Fonds pour une Transition Juste (FTJ) pour le projet ZILT, un consortium mené par Thorizon. Pour résoudre les défis techniques liés à la corrosion du sel fondu, Thorizon s’appuie sur deux acteurs régionaux : le laboratoire MatéIS de l’INSA Lyon et l’entreprise Curium, installée à Montagny (Rhône). Ensemble, ils forment une plateforme de recherche dédiée à la durabilité des matériaux en environnement extrême.

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