Edilians décarbone sa tuilerie landaise
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Edilians décarbone sa tuilerie landaise

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Le fabricant lyonnais de tuiles Edilians a investi 7 millions d’euros pour optimiser la consommation énergétique de son usine landaise de Saint-Geours-d’Auribat. Un investissement important qui s’inscrit dans un plan plus vaste de près de 100 millions d’euros, dont l’objectif est de diminuer de 30 % ses émissions de CO2 d’ici à 2030.

Le site Edilians de Saint-Geours-d’Auribat (Landes), qui s’étale sur 13 hectares, a investi 7 millions d’euros pour décarboner sa production de tuiles — Photo : Edilians

La décarbonation, c’est le dernier vaste chantier en date du groupe lyonnais Edilians (1 850 collaborateurs et plus de 500 M€ de CA). Ce fabricant de tuiles en terre cuite s’est lancé en 2021 dans un plan d’investissements sur 10 ans d’une centaine de millions d’euros pour atteindre un objectif : diminuer de 30 % ses émissions de CO2 d’ici à 2030. 26 millions d’euros ont déjà été engagés, et 39 le seront fin 2026.

Une tuile après l’autre

Au sein de ce vaste plan de décarbonation, le groupe finalise encore la mise au point d’un investissement de 7 millions d’euros au sein de son usine landaise de Saint-Geours-d’Auribat. La tuilerie de 13 hectares et 88 salariés, fondée en 1880 et passée sous drapeau Edilians en 2018, produit plus de 10 000 m2 de tuiles par jour avec des fours et séchoirs à gaz. Or, près de 90 % des émissions de CO2 d’Edilians sont issues du séchage et de la cuisson de l’argile.

88

La tuilerie s’est adjoint les services de la PME limougeaude Ceritherm (20 salariés et 9,1 M€ de CA en 2024), un fabricant d’équipements thermiques industriels ou de laboratoires — fours, séchoirs, étuves — pour l’industrie de la terre cuite, la céramique, l’aéronautique ou encore la métallurgie. Ceritherm, chargée d'"explorer des solutions nouvelles" pour réduire l'empreinte carbone des usines, est, depuis son rachat en 2023, une filiale d’Edilians. Un rachat déjà motivé par un besoin du groupe lyonnais d’accélérer sa décarbonation. "À terme ces innovations pourront bénéficier à toute la filière terre cuite mondiale, au travers des licences, des solutions qui auront été développées et éprouvées sur les sites industriels du groupe", assurait alors Maxime Coutouly, PDG d’Edilians France.

La PME d’Oradour-sur-Vayres, près de Limoges, a ainsi participé à faire baisser de 33 % la consommation de gaz du four — pour 10 millions d’euros — de la plus grande usine du groupe, celle de Saint-Germer-de-Fly (Oise), réduisant ses émissions de CO2 annuelles de 1 500 tonnes. La filiale a réitéré l’expérience dans la tuilerie landaise, en adaptant le concept nordiste, baptisé FTO (pour Four Tunnel Optimisé) à son équipement spécifique.

L’un des gros chantiers de l’investissement landais permet de récupérer la déperdition de chaleur du four pour alimenter le séchoir — Photo : Clement Garby Photographie

Des effets déjà visibles

Après trois mois de travaux effectués l’an dernier, l’un des deux bâtiments du site a ainsi remplacé les wagons industriels par "des modèles à garnissage isolant", modernisé le four et permis de récupérer sa chaleur pour la renvoyer dans le circuit et baisser la consommation de gaz du séchoir. Résultat : une baisse des consommations de gaz de 11 %, soit 1 000 tonnes par an, et un processus encore en cours d’optimisation qui espère grimper à 15 %.

Le contexte du marché sur lequel évolue Edilians est chaotique. L’industriel réduit certes sa consommation de gaz, mais pas sa facture, dont le montant augmente au gré des conflits mondiaux. Une part de sa baisse de consommation est aussi due à une chute des volumes. Le groupe adresse essentiellement (70 à 75 %) ses tuiles au marché de la rénovation et le reste sur un marché de la construction neuve, un marché en crise profonde. Moins de logements construits, c’est aussi moins de tuiles pour couvrir leurs toits. "Nous avons atteint ces deux dernières années les niveaux de vente de 1973", précise Maxime Coutouly.

Enjeux de rentabilité

Dans ce contexte, Edilians, qui travaille aussi à l’amélioration de ses mélanges argileux issus des carrières environnantes, finance ses investissements massifs dans le verdissement de ces installations en partie avec des fonds publics : 3,6 millions d’euros pour le site nordiste et plus d’un million d’euros pour l’usine landaise, une somme essentiellement fournie par la Région. Une aide indispensable, selon son PDG.

"Nous cherchons des pistes de substitution au gaz mais quelle que soit celle que l’on choisit, nous avons l’obligation d’être compétitifs. Nos tuiles auront beau être les plus décarbonées au monde, si elles ne se vendent pas parce qu’elles sont trop chères, on ne va rien décarboner du tout", assure le dirigeant.

"C’est un investissement qui se rentabilisera sur 10 à 15 ans"

Trouver des solutions viables, en revanche, ne signifie pas forcément les rendre rentables. "C’est un investissement qui se rentabilisera sur 10 à 15 ans", termine Maxime Coutouly. "S’il devait être réalisé pour des raisons financières, on ne l’aurait pas fait." L’industriel poursuit sa marche : 13 millions d’euros d’investissement sont programmés pour 2026, et d’autres sites en France parmi les 18 du groupe devraient logiquement en bénéficier. Le site landais, lui, a de la suite dans les idées : l’installation d’une pompe à chaleur est déjà en cours d’étude.

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