Dans le cadre d’un plan d’évolution mondial visant à renforcer sa compétitivité, la filiale française de Boehringer Ingelheim, numéro 3 de la santé animale dans le monde, annonce un projet de réorganisation de ses sites industriels vétérinaires dont trois sont situés dans le Rhône et un à Toulouse. Au cœur de cette nouvelle feuille de route, la région lyonnaise où le siège de Boehringer Ingelheim santé animale est implanté. Plus de 600 millions d’euros y ont été investis depuis 2018.
"Cette évolution vise à renforcer notre efficacité industrielle dans un marché de plus en plus concurrentiel et volatile, avec l’objectif d’accélérer l’innovation pour préserver notre leadership", explique Doriane Vadot, directrice de la communication externe.
Centre mondial contre la fièvre aphteuse à Jonage
Fruit d’un investissement de 355 millions d’euros, le nouveau site de Jonage (Rhône) deviendra le centre d’excellence mondial de Boehringer Ingelheim pour la fabrication des antigènes pour les vaccins contre la fièvre aphteuse. Il accueillera l’intégralité des opérations actuellement réalisées sur le site de Pirbright, au sud-ouest de Londres (Royaume-Uni). Une fois en activité — avec un démarrage prévu en 2027 — le site emploiera plus de 150 personnes et disposera d’une capacité annuelle de production pouvant atteindre près de 500 millions de doses de vaccins (90 % partent à l’export). Il renforcera également ses capacités en matière de banques d’antigènes et de réserves stratégiques de vaccins, mobilisables rapidement par les autorités publiques en cas d’apparition d’un foyer de fièvre aphteuse dans le monde.
4 milliards doses de vaccins produites à Saint-Priest
Toujours dans les Rhône, le site de Saint-Priest (600 collaborateurs), qui assemblera et conditionnera les vaccins issus de l’usine de Jonage, sera progressivement lui aussi spécialisé dans la production d’antigènes pour animaux de compagnie et d’élevage. "Ce site produit 4 milliards de doses de vaccins par an, dont 75 % sont exportées dans le monde", souligne Doriane Vadot.
En parallèle, les activités du site de Lentilly (127 salariés) dédié aux opérations de "fill & finish" (remplissage, qualité, conditionnement, etc.) seront arrêtées de manière progressive à l’horizon 2030-2033. "Les opérations de formulation, de remplissage et de finition des vaccins conditionnés en flacons de verre seront transférées à un façonnier européen tandis que les vaccins inclus dans des flacons en plastique seront, eux, transférés sur le site de Saint-Priest", précise-t-elle.
Transfert de production d'un site du Mexique
Spécialiste des antiparasitaires et traitements pour les animaux de compagnie (1 400 références), le site toulousain va conforter son statut de pôle industriel de premier plan pour ces spécialités. Il va notamment bénéficier d’importants transferts de production en provenance d’un site de Boehringer Ingelheim au Mexique, et d'investissements dont le montant sera dévoilé ultérieurement dans de nouvelles lignes, avec une multiplication par cinq des volumes de solutions orales et un triplement de la production de comprimés.
" D’ici 2030, nous disposerons de sites de référence, à la fois compétitifs et durables, qui feront rayonner Lyon et Toulouse dans le monde de la santé animale, des biotechnologies et des sciences de la vie ", déclare Sven Sommerlatte, président de Boehringer Ingelheim France.
PSE en cours
La mise en œuvre de ces évolutions, qui se traduiront çà et là par des ajustements d’effectifs, se fera de manière progressive, dans le cadre d’un dialogue étroit avec les instances représentatives du personnel. En décembre 2025, Boehringer Ingelheim avait en effet annoncé que la réorganisation de sa branche santé animale en France allait entraîner la suppression de 146 postes au siège (Lyon 7e) et sur les sites de Saint-Priest et Saint-Vulbas. Une adaptation stratégique dans un contexte de concurrence accrue.