Boehringer Ingelheim santé animale France (2 093 salariés dans l’Hexagone ; 798 M€ de CA en 2024), va supprimer près de 150 postes en France dont 146 dans la région.
Dans le détail, le projet de PSE annoncé début octobre prévoit la destruction d’une centaine de postes au siège social de Lyon Gerland et trente dans l’usine de vaccins de Saint-Priest, auxquels s’ajoutent 13 emplois au sein du centre de R & D de Saint-Vulbas dans l’Ain. Le processus de consultation avec les instances représentatives du personnel et les négociations avec les syndicats doivent se poursuivre jusqu’à fin février 2026.
Anticipation stratégique
L’annonce des suppressions d’emploi fait suite à la mise en route d’un projet de transformation de l’organisation de l’entité santé animale, qui inclut également la création de 27 postes et la modification de 58 postes basés dans la région.
"Nous sommes confrontés à une accélération du rythme d’innovation et à une concurrence de plus en plus vive. Ce qui nous conduit à anticiper ici comme en Allemagne et aux États-Unis", explique Doriane Vadot, directrice de la communication externe en France du n° 3 de la santé animale dans le monde.
355 millions d’euros pour l’usine de Jonage
La nouvelle a suscité la colère des organisations syndicales qui ont organisé jeudi 4 décembre des rassemblements ayant réuni plus de 450 personnes à Lyon, à Saint-Priest et Saint-Vulbas. De la colère, et de l’incompréhension dans un contexte où le laboratoire allemand a investi plus de 355 millions d’euros pour construire une usine baptisée "centre industriel biologique du Grand Lyon" qui produira des vaccins destinés à la santé publique vétérinaire à Jonage (Isère). Un investissement qui devrait, lui, générer la création d’une centaine d’emplois, avec une mise en service prévue courant 2027.
Le groupe qui conçoit et produit des vaccins, des médicaments et des antiparasitaires veut aussi se tailler sa part du gâteau sur le marché des animaux de compagnie, dont la taille a doublé en 10 ans tandis que celui des animaux ruraux subissait un recul. Enfin, la concentration des acheteurs notamment causée par le mouvement de regroupement des cliniques vétérinaires accroît la pression sur les marges du laboratoire.