Isère
Stellaria lève 23 millions d’euros pour son réacteur nucléaire à combustibles renouvelables
Isère # Industrie # Levée de fonds

Stellaria lève 23 millions d’euros pour son réacteur nucléaire à combustibles renouvelables

S'abonner

La start-up grenobloise Stellaria, essaimage du CEA et de Schneider Electric, a annoncé une levée de fonds d’un montant total de 23 millions d’euros pour développer son réacteur nucléaire à sels fondus à neutrons rapides d’ici 2035. Cette nouvelle levée de fonds intervient deux ans après une première augmentation de capital pour la jeune pousse.

Guillaume Campioni, Lucas Tardieu, Nicolas Breyton, les trois co-fondateurs de Stellaria — Photo : Laurence Godart

Les start-up du nucléaire ont le vent en poupe. Après Thorizon, et sa levée de fonds de 20 millions d’euros et Renaissance Fusion, qui a rassemblé 32 millions d’euros en mars, une autre pépite d’Auvergne Rhône Alpes vient de boucler un tour de table plus qu’honorable. Le grenoblois Stellaria (20 salariés), qui développe un réacteur à neutrons rapides de quatrième génération a ainsi annoncé qu’il avait réuni 23 millions d’euros, deux ans après un premier tour de table auprès de CEA Investissement, Schneider Electric, Audacia et Supernova Invest. Cette nouvelle opération a été menée par le fonds américain à impact At One Ventures et Supernova Invest en tant qu’investisseurs principaux et par les investisseurs historiques de Stellaria : CEA Investissement, Schneider-Electric, Exergon et Technip Energies.

Cette levée permettra, en complément du financement non dilutif de 10 millions d’euros obtenu par Stellaria en étant lauréat de l’appel à projets "Réacteurs innovants" de France 2030, de financer l’ensemble des études techniques et réglementaires nécessaires à la mise place d’une première installation à sels fondus. Objectif : permettre une réaction de fission en 2029, pour une commercialisation de la première unité de série d’ici 2035.

Un réacteur capable de régénérer ses combustibles

Lancée en 2023, la jeune pousse, issue du CEA et de Schneider Electric développe le Stellarium, un réacteur à neutrons rapides de quatrième génération à sels fondus capable de régénérer entièrement ses combustibles pendant son fonctionnement. Il assurera ainsi son auto-alimentation pendant plus de 20 ans tout en réduisant les déchets nucléaires à vie longue. En s’appuyant sur une méthode de développement originale, Stellaria apporte ainsi une solution pour de nombreuses industries ayant besoin d’un approvisionnement énergétique de forte puissance avec une stabilité du prix sur une longue durée. Une demande qui devrait croître rapidement notamment avec l’accélération de la construction de data centers notamment.

Le Stellarium permettra aussi de décarboner la production énergétique, qu’elle soit à destination de l’industrie ou du réseau. En remplaçant les sources fossiles par des Stellarium, il sera possible de diminuer de 99 % les émissions de CO2 et de particules des sites industriels. "Nous avons investi dans Stellaria parce qu’elle s’attaque aux principaux verrous techniques et économiques qui freinent le nucléaire : le coût, la complexité et les déchets", explique ainsi Laurie Menoud, associée chez At One Ventures et investisseur principal.

Accélérer la R & D et doubler les équipes

Grâce à ce financement, Stellaria ambitionne de doubler ses effectifs pour accélérer la R & D autour de son réacteur et finaliser le développement d’un premier démonstrateur mondial de réacteur à neutrons rapides à coeur liquide. Cette étape permettra en particulier de développer son laboratoire de recherche à Grenoble, de continuer ses collaborations scientifiques et industrielles, et de déposer une Demande d’Autorisation de Création (DAC) pour une Installation Nucléaire de Base (INB) auprès des autorités de sûreté dans le cadre de la construction de son prototype.

"Cette levée de fonds démontre la confiance des investisseurs dans la maturité technique de notre réacteur à sels fondus. Nous posons les bases d’un modèle où les industriels électro-intensifs deviennent autonomes en énergie sur toute la durée de vie de leurs installations. C’est une étape clé vers la réindustrialisation durable de notre territoire", a déclaré Nicolas Breyton, PDG de Stellaria.

Isère # Industrie # Nucléaire # Production et distribution d'énergie # Levée de fonds # Start-up