La start-up MagREEsource (55 salariés ; CA non communiqué), créée en 2020 et issue de vingt ans de recherche au sein du CNRS, a franchi une nouvelle étape dans son développement industriel. Spécialisée dans la fabrication d’aimants haute performance à partir de matières recyclées, l’entreprise grenobloise vient de dévoiler un partenariat avec le groupe Pochet et Chanel Parfums Beauté. Objectif : concevoir un aimant 100 % recyclé intégré au capot des flacons de parfum.
L’État et Pochet au capital de MagREEsource
Une première mondiale dans le secteur de la parfumerie, que le ministre de l’industrie Sébastien Martin est venu découvrir en avant-première sur le site de production. "Nous apportons tout notre soutien à cette initiative", a-t-il déclaré, rappelant l’entrée de l’État au capital de la société, dans le cadre de France 2030.
"Le groupe Pochet est très heureux de voir se concrétiser cinq années de collaboration avec MagREEsource ", a déclaré Alexis Gosset, directeur des partenariats stratégiques du groupe. Dans le cadre du partenariat, le groupe parisien a apporté son expertise dans le packaging multimatériaux. Il est par ailleurs actionnaire de MagREEsource depuis septembre 2025 via sa structure Pochet Participations.
Plusieurs centaines de milliers d’aimants produits dès 2026
Un contrat pluriannuel entre Chanel et MagREEsource a été conclu, portant sur des volumes "très intéressants", selon Érick Petit, président et fondateur. L’industrialisation du process, grâce à l’investissement de Chanel dans une machine dédiée, doit permettre une montée en cadence. "Nous avons fabriqué quelques dizaines de milliers de pièces l’an dernier et devrions en produire plusieurs centaines de milliers cette année ", précise le dirigeant.
Une mag factory à horizon 2028
Avec son procédé breveté consistant à injecter de l’hydrogène dans un réacteur à température et pression contrôlées, la société vise d’autres marchés, comme l’éolien, l’électronique, les moteurs électriques ou l’aéronautique. Pour répondre à ces besoins, MagREEsource prévoit la construction d’un nouveau site de production.
"Avec ce premier site industriel démonstrateur, nous avons validé l’intérêt du marché. Notre ambition est d’aller beaucoup plus loin avec une future usine de 1 000 tonnes de capacité par an", indique Érick Petit.
Une troisième levée de fonds est en cours pour financer cette « mag factory » de 25 000 m², prévue pour 2028. Au total, 220 emplois supplémentaires pourraient y être créés.
Réduire la dépendance aux terres rares
Pensé pour relocaliser des technologies stratégiques, le projet répond également à des enjeux de souveraineté industrielle, dans un contexte de forte dépendance aux importations d’aimants. "Votre entreprise permet de diversifier nos sources d’approvisionnement en métaux stratégiques et de créer des outils industriels sur notre territoire pour faire du raffinage et du recyclage de terres rares", s’est félicité Sébastien Martin
La solution développée, qui repose sur la valorisation d’équipements en fin de vie, contribue enfin à réduire l’empreinte environnementale des industriels clients. "Grâce à notre modèle circulaire, nous réduisons de 91 % l’empreinte carbone par rapport à des aimants produits en Chine à partir de matières vierges", a conclu Érick Petit.