La start-up deeptech lyonnaise Diagnoly, spécialisée dans l’analyse d’échographies fœtales assistée par l’IA, annonce une levée de fonds de 5,5 millions d’euros. Une opération menée par les fonds Mutuelles Impact (géré par XAnge) et Newfund, avec la participation des Business Angels des Grandes Écoles (BADGE) et de plusieurs médecins de renom.
Ce tour de table, qui intervient quatre ans après le premier (900 000 €) a pour ambition de couvrir plusieurs objectifs : accélérer la R & D, poursuivre le déploiement commercial à plus grande échelle et continuer à développer la certification en étendant la couverture pathologique de la solution, notamment aux anomalies cérébrales.
"En moyenne, 100 000 images sont passées au crible à chaque échographie"
L’idée de Diagnoly a germé fin 2018 de l’expérience personnelle d’Ivan Voznyuk, lors de la grossesse de sa femme, à l’écoute de ses nombreuses interrogations pendant les échographies de suivi. Comme par exemple : quels moyens peuvent être mis en place pour minimiser les risques de ne pas dépister une malformation ?
Près d’une malformation sur deux non détectée avant la naissance
Finalement fondée en 2020 par Ivan Voznyuk (aujourd’hui PDG) et le Dr Edwin Quarello (directeur médical), Diagnoly développe un dispositif médical nommé Fetoly. Ce logiciel, connecté directement à l’échographe, analyse en temps réel l’intégralité du flux vidéo généré pendant un examen. "En moyenne, 100 000 images sont passées au crible à chaque échographie", souligne Ivan Voznyuk.
L’enjeu est de taille : près d’une malformation fœtale sur deux n’est aujourd’hui pas détectée avant la naissance. Diagnoly entend réduire ce taux grâce à une IA capable de standardiser l’examen, d’assister le praticien dans ses décisions et de produire un compte rendu structuré. Et ce, sans dépendre d’une connexion Internet, un avantage technique significatif dans un environnement hospitalier encore souvent déconnecté.
Certifié aux États-Unis et en Europe
Déjà certifié dispositif médical en Europe (marquage CE obtenu en mars 2025) et aux États-Unis (clearance FDA depuis septembre 2024), le logiciel est actuellement utilisé par une vingtaine d’établissements européens, majoritairement en France. Parmi eux, l’hôpital Saint-Joseph de Marseille. "Pour le moment, les retours sont positifs. Notre ambition est de créer un nouveau standard mondial du dépistage prénatal assisté par IA. Même si nous ne gagnons qu’un point de pourcentage sur le taux de détection, c’est un point qui peut sauver des vies", affirme le dirigeant.
Diagnoly commercialise son logiciel via un modèle d’abonnement mensuel. Forte de ses 13 salariés (CA non communiqué), l’entreprise prévoit de porter ses effectifs à 17 d’ici la fin 2025. La rentabilité est visée d’ici deux ans, mais la priorité reste ailleurs : "Le marché n’existe pas encore vraiment. Nous n’avons pas de concurrents sur ce segment, nous en sommes les créateurs", résume Ivan Voznyuk.