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"Nous allons créer un fonds de maturation technologique pour financer des prototypes issus de la recherche"
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Valérie Mazza présidente de la SATT Pulsalys "Nous allons créer un fonds de maturation technologique pour financer des prototypes issus de la recherche"

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Tout juste installée dans ses nouveaux locaux de la I-Factory, sur le campus de la Doua à Villeurbanne (Rhône), la présidente de Pulsalys projette de créer un fonds doté de plusieurs millions d’euros. Objectif : financer la création de prototypes issus d’innovations de laboratoires de recherches. Société d’accélération du transfert de technologies (SATT), Pulsalys accompagne notamment la création de start-up.

Valérie Mazza, présidente de Pulsalys — Photo : Pulsalys

Quel est le rôle d’une société d’accélération du transfert de technologies (SATT) comme Pulsalys ?

Nous avons une fonction de trait d’union entre la R & D et le monde socio-économique pour diffuser l’innovation issue des laboratoires.

Nous avons trois cibles : les chercheurs, les start-up et les entreprises matures. Deux tiers de nos actions concernent l’accompagnement de start-up et un tiers s’adresse aux entreprises matures auprès desquelles nous commercialisons des licences portant sur des brevets déposés par des laboratoires.

Comment soutenez-vous la création de start-up ? Pouvez-vous nous citer quelques exemples de projets accompagnés ?

Nous allons accompagner le passage d’un joli travail scientifique à un premier prototype puis à une première démonstration d’usage avec souvent, le dépôt d’un brevet, qui requiert un accompagnement juridique. Nous avons l’expertise pour démultiplier les applications d’une innovation.

3 Deus Dynamics (spécialisé dans l’impression3d et fabrication additive, NDLR), par exemple, est une start-up de notre portefeuille qui s’est d’abord développée dans le domaine de la santé (via des organes souples pour la formation des chirurgiens, NDLR) mais elle commence à s’intéresser au marché de l’aéronautique.

"Nous projetons de créer un fonds de maturation technologique, pour lequel nous voudrions lever plusieurs millions d’euros. L’instrument servirait à financer le passage d’une innovation à un premier prototype"

Cette start-up est issue des travaux de recherche du laboratoire ICBMS (Institut de Chimie et de Biochimie Moléculaires et Supramoléculaires) qui est également à l’origine d’innovations pour la reconstruction du sein après cancer.

Dernièrement, nous avons par ailleurs contribué à la création de Novaleum en avril 2025, un procédé innovant de retraitement des boues pour en extraire les composés huileux. Mais aussi à celles de Sirius Neosight, dans le domaine de l’oncologie, qui a levé 4,4 millions d’euros en février dernier, de Clearsurgery (une plateforme de visualisation chirurgicale, NDLR), de la biotech Cellixio, Admentia (une solution IA d’évaluation cognitive, NDLR) et RockyH2 (production d’hydrogène naturel). Nous avons aussi contribué à l’éclosion d’Alice et Bob dans l’informatique quantique), désormais parisienne, qui a levé 100 millions d’euros au début de l’année.

Dans un contexte de difficultés de financement pour la mise sur le marché des innovations, que comptez-vous mettre en place ?

Notre mission est de faire sortir les pépites des laboratoires pour nourrir le système économique, mais sortir les projets innovants des laboratoires est un projet risqué.

Nous avons le savoir-faire pour en évaluer le potentiel et se projeter dans des domaines applicatifs variés mais voulons accroître notre efficacité en matière de financement de création de propriété intellectuelle. Nous avons le projet de créer un fonds de maturation technologique pour lequel nous voudrions lever plusieurs millions d’euros. Ce serait un instrument pour financer le passage d’une innovation à un premier prototype. C’est en amont du pré-amorçage.

Comment comptez-vous accroître l’efficacité de votre action ?

Pour résumer, nous voulons mieux valoriser notre écosystème de 178 laboratoires (12 000 chercheurs) dont sont issus 80 projets dans des secteurs aussi divers que la santé, la décarbonation, le numérique, le quantique ou l’éducation. Nous allons davantage cibler les entreprises matures à la recherche d’innovations, un potentiel encore sous-exploité de besoins que nous pouvons adresser par la création de start-up, qu’elles reprendront par la suite. Cela peut aussi prendre la forme d’un transfert de technologie (via des licences, NDLR), comme cela a été fait avec Lumibird Medical et Bioviva.

Nous voulons être plus visibles et que notre offre soit plus lisible. Nous publions notre offre technologique sur le site Pulsalys et celui des SATT au niveau national et multiplions les échanges avec les pôles de compétitivité.

Nous allons aussi faire un travail sur notre data pour mieux connaître l’activité des laboratoires, et ajuster notre offre à leurs besoins. Cela vaut aussi pour les entreprises, pour mieux cibler nos propositions de licences.

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