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Nadia Sammut, dirigeante de l'Auberge la Fenière, cède une partie de son capital à un fonds de dotation
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Nadia Sammut, dirigeante de l'Auberge la Fenière, cède une partie de son capital à un fonds de dotation

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Nadia Sammut vient de céder 10% des parts de sa holding au fonds de dotation Vie qu'elle a créé en 2023 pour élever les consciences sur le sujet de l'alimentation, diffuser un modèle d'alimentation concourant à la préservation de l'environnement et de la santé humaine. Une façon pour la dirigeante de "rendre à la vie ce qu'elle a pu lui donner".

Le fonds créé par la cheffe Nadia Sammut porte des projets d’intérêt général de recherche, de coopération et de sensibilisation dans les domaines de l’agriculture, l’alimentation et la santé — Photo : P LATTES

Cheffe étoilée de l’Auberge la Fenière, située près de Lourmarin dans le Vaucluse, Nadia Sammut a créé en 2023 le fonds de dotation Vie auquel elle a cédé 10 % des parts de sa holding. Baptisée "Un monde au goût meilleur", celle-ci détient plusieurs entreprises de l’économie sociale et solidaire : l’Auberge la Fenière, premier restaurant étoilé sans gluten au monde ; l’Académie Nourrir, un organisme de formation créé pour accompagner les individus et les entreprises dans l’évolution de leurs pratiques alimentaires ; la Fabrique Nourrir, une marque de produits issus de productions locales et responsables de boulangerie, pâtisserie et biscuiterie sans gluten.

Mue par sa volonté d’œuvrer pour le bien commun, la jeune quadra de 43 ans, sans mari ni enfant, a fait le choix de se déposséder des parts de sa PME qui emploie 47 salariés.

Un choix de vie après une maladie

Pour cette cheffe engagée et entrepreneuse à impact, la création de ce fonds était "un choix naturel", une manière de "rendre à l’humanité ce qu’elle a pu me donner et créer une pérennité". Rescapée il y a dix ans d’une maladie coeliaque, due à une maladie auto-immune de l’intestin grêle, qui se traduit par une intolérance au gluten et au lactose, elle a été contrainte de rester alitée pendant deux ans et en a profité pour réfléchir à sa place dans le monde et sur comment elle pouvait contribuer à œuvrer pour la planète. "J’ai la chance d’être là aujourd’hui, il faut que je rende à la vie ce qu’elle a pu me donner ", justifie-t-elle.

Agir pour créer un nouveau modèle d'alimentation

Sa mission : porter l’émergence d’un nouveau modèle d’alimentation, qui soit à la fois régénératrice des sols (en favorisant des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement) et régénératrice du corps (en réduisant les risques sanitaires et sociaux des maladies et intolérances alimentaires). Faisant de sa maladie une force et de sa cuisine un laboratoire, elle élabore "une gastronomie responsable" qui a un impact positif à la fois sur l’environnement et la santé. Bannissant le blé de sa cuisine, elle expérimente de nouvelles farines et sillonne le sud de la France pour dénicher des producteurs locaux capables de lui fournir une matière première de qualité et de saison.

Un fonds qui va devenir majoritaire

"Depuis très longtemps, je souhaitais avoir une gouvernance vertueuse. J’avais écrit mon modèle entrepreneurial en ce sens". De là, mûrit l’idée de créer un modèle économique hybride d’entreprises de l’ESS et de fondation actionnaire. Pendant trois ans, elle travaille à la structuration et avec l’aide des cabinets Delsol et Prophil, elle concrétise finalement son idée. Au-delà du chemin parcouru pour concrétiser la création de ce fonds, "le plus compliqué est finalement d’être en phase avec son objet et ses objectifs", prévient-elle. Présent au board de l’entreprise, le fonds oeuvre dans trois domaines d’action qui lui tiennent à cœur – l’agriculture, l’alimentation et la santé. "Le fonds, qui porte des projets d’intérêt général de recherche, de coopération et de sensibilisation dans ces trois domaines, nous permet de faire respecter les grandes valeurs qui nous animent". A terme, le fonds a vocation à devenir actionnaire majoritaire de l’entreprise, avec la détention d’au moins 50 % des parts.

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