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Liquidation de Brandt : le ministre de l’industrie, Sébastien Martin, promet de "retravailler le projet"
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Liquidation de Brandt : le ministre de l’industrie, Sébastien Martin, promet de "retravailler le projet"

Après la mise en liquidation judiciaire du fabricant d’électroménager Brandt, entraînant la suppression de 700 emplois, les réactions sont nombreuses. À commencer par celle de Sébastien Martin, ministre chargé de l’industrie, qui assure "ne pas laisser tomber le sujet Brandt" et promet de se remettre au travail avec les acteurs publics et privés.

Sébastien Martin, ministre chargé de l’industrie, lors d’un déplacement dans le Grand Est en octobre dernier — Photo : Fabrice Voné

L’avenir des sites industriels de Brandt, situés près de Vendôme et d'Orléans, pourrait ne pas être scellé malgré la mise en liquidation du judiciaire de l’entreprise par le tribunal des activités économiques de Nanterre. Sébastien Martin, ministre chargé de l’industrie, a longuement fait part de son "incompréhension" ce 12 décembre sur TF1.

Le "pari" de la reprise sous forme de Scop

L’État, les collectivités territoriales et des partenaires privés portaient en effet un projet de Scop pour l’entreprise d’électroménager. "En seulement 10 jours, nous avons réussi à monter un projet et mobiliser 30 millions d’euros", a expliqué le ministre, qui précise ne pas critiquer la décision de justice pour autant. Néanmoins, il dit s’interroger. "Une reprise d’entreprise est toujours un pari quand elle est en difficulté, et le plan d’affaires proposé est consolidé dans le temps", a-t-il détaillé.

Le projet de reprise sous forme de Scop prévoyait la participation financière de la région Centre-Val de Loire à hauteur de huit millions d’euros, de la métropole d’Orléans pour sept millions d’euros et de l’État pour cinq millions.

Une entreprise qui doit "continuer d’exister"

Au niveau local, les élus n’ont pas hésité à témoigner de leur colère. "C’est plus qu’un gâchis, c’est un système qui ne fonctionne plus et qui est vérolé", a dénoncé Serge Grouard, maire (divers droite) d’Orléans. Pour l’édile, "on a une super boîte qui va couler, elle pouvait être sauvée et doit continuer d’exister".

Selon lui, quatre millions d’euros manquaient pour la reprise du projet. Serge Grouard a regretté, dans une vidéo notamment relayée par le quotidien local La Montagne, avoir été "mis devant le fait accompli" par la direction de Brandt, les services centraux de l’État et le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (Ciri), les banques "qui se sont toutes défilées" et l’Europe "qui interdit à Bpifrance d’aider les entreprises de plus de 250 salariés".

Un autre projet à définir pour préserver l’outil industriel

Pour tenter de rebondir, Sébastien Martin va "prendre le temps d’ici la fin de l’année de se revoir avec les acteurs locaux". Objectif : porter "un autre projet, avec plus d’investissements privés sans doute".

"Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt"

"Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt, je ne laisse pas tomber le fait qu’on puisse avoir sur le territoire français un acteur de l’électroménager comme celui-ci", a promis le ministre chargé de l’industrie.

Interrogé, le cabinet du ministre précise qu’il s’agit avant tout de "remettre autour de la table l’ensemble des acteurs" pour réfléchir à un "avenir industriel pour ce site". Le gouvernement entend donc capitaliser sur l’outil industriel pour assurer une deuxième vie aux sites Brandt, pas forcément dans le secteur de l’électroménager. L’objectif est notamment d’éviter la transformation des lieux en friches industrielles.

Dans l’immédiat, Sébastien Martin assure que les salariés seront accompagnés dans la construction du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Certains d’entre eux pourraient être recrutés par d’autres entreprises du bassin économique d’Orléans.

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