Le fabricant d’électroménager Brandt mis en liquidation, 700 emplois supprimés
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Le fabricant d’électroménager Brandt mis en liquidation, 700 emplois supprimés

Le projet de reprise de Brandt n’a pas été retenu par le tribunal des activités économiques de Nanterre, qui met l’entreprise en liquidation judiciaire. Une offre de reprise, montée avec un renfort financier des pouvoirs publics, aurait permis de sauver près de 400 emplois sur 700.

Le tribunal des activités économiques de Nanterre place le fabricant d’électroménager Brandt en liquidation judiciaire — Photo : CC0

Le tribunal des activités économiques de Nanterre a placé le fabricant d’électroménager Brandt en liquidation judiciaire ce 11 décembre, malgré une offre de reprise qui permettait de sauver une partie de l’effectif. 700 emplois sont supprimés, les deux sites de production situés près d’Orléans et de Vendôme (Centre-Val de Loire) sont fermés, tout comme le centre de service après-vente et le siège social implantés en région parisienne. Depuis 2014, l’entreprise appartenait au conglomérat algérien Cetival et fabriquait des appareils des marques Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich.

Le projet de Scop n'a pas été retenu

Le tribunal a examiné le projet de société coopérative et participative (Scop), soutenue par Revive, un groupe spécialisé dans la reprise et à la transformation d'entreprises et par les collectivités locales et l'État.

Au total, 20 millions d'euros de financements publics étaient engagés selon un dernier décompte de la radio Ici. La Région Centre-Val de Loire entendait participer à hauteur de huit millions d'euros, la métropole d'Orléans de sept millions et l'État pour cinq millions. Ce projet aurait permis de sauvegarder près de 400 emplois.

Avant cette décision judiciaire, cinq sites français de Brandt ont été fermés depuis 2005 dont ceux d'Aizenay et de La Roche-sur-Yon en Vendée, de Lyon, de Nevers dans la Nièvre ou encore de Lesquin dans le Nord.

"Une profonde tristesse"

"Nous apprenons avec une profonde tristesse la liquidation judiciaire de Brandt, c’est un fleuron français qui s’éteint", a déclaré Sébastien Martin, ministre chargé de l’Industrie. "Nous avons fait feu de tout bois en soumettant cinq millions d’euros de soutien pour permettre une reprise. Les collectivités se sont aussi mobilisées. Malgré cela, les autres acteurs indispensables n’ont pas souhaité se positionner pour sauver Brandt", a regretté le ministre.

De nombreuses réactions

François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire a fait part sur BFMTV de sa "consternation" et de sa "colère". "Ce sont plus de 700 emplois qui disparaissent dans notre pays et une grande partie dans la région Centre-Val de Loire", a-t-il regretté.

Le président de région s’interroge : "Nous avons [avec la Scop] un projet industriel et tout cela n’est pas pris en compte, c’est l’industrie, le made in France et l’emploi industriel qui recule", a-t-il ajouté.

Le Groupement des marques d'appareils pour la maison (Gifam), qui rassemble une centaine d'entreprises du secteur, se dit "profondément préoccupé par les conséquences de cette décision pour les salariés". Selon le Groupement, "cette situation illustre la difficulté croissante pour l'industrie de l'électroménager de rester compétitive en France et plus largement en Europe face à la montée en puissance des produits fabriqués à bas coût, notamment en Chine".

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