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L’offre de reprise de l’équipementier automobile Amis par CMW finalement validée par la Cour d’appel de Lyon
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L’offre de reprise de l’équipementier automobile Amis par CMW finalement validée par la Cour d’appel de Lyon

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Rebondissement dans le dossier Amis (191 salariés). L’équipementier automobile implanté à Montluçon dans l’Allier est finalement sauvé de la liquidation judiciaire. La décision a été rendue le 24 octobre par la Cour d’appel de Lyon.

« Le fait que le Comité interministériel de restructuration industrielle juge mon projet sérieux a pesé dans la balance », assure Arthur Le Goff, le repreneur d’Amis — Photo : Marina Mesquita CMW

La liquidation judiciaire avait été prononcée le 30 septembre dernier. Mais la Cour d’appel de Lyon en a décidé autrement vendredi 24 octobre. L’équipementier automobile Amis, installé à Montluçon dans Allier, sera finalement repris par le groupe lyonnais Le Goff-CMW. L’offre a été validée.

"Je suis très content. C’est une décision logique qui intervient après la sidération du premier jugement", réagit Arthur Le Goff, PDG de CMW et repreneur d’Amis. Même soulagement du côté des 191 salariés qui avaient bataillé ces derniers mois pour que leur entreprise soit maintenue. Le Ministère public, toujours défavorable à la reprise en début de semaine, a finalement changé de position à l’audience.

"Plusieurs éléments ont pesé dans la balance. Et notamment le nouvel engagement des deux principaux clients d’Amis, Renault et Jtekt, sur trois ans au lieu d’une année avec un volume de 40 millions d’euros sur la période. Et puis, toute la filière a tiré la sonnette d’alarme", indique une source proche du dossier.

Renault a pesé dans le dossier

Renault a, en effet, envoyé un courrier à la Cour d’appel de Lyon, sur les problèmes d’approvisionnement qu’engendrerait un arrêt d’Amis. "Une fermeture d’Amis aurait mis à mal une partie de la filière. Nous étions favorables à la pérennisation de la société", nous indique le constructeur. Car Amis fabrique des boîtiers pour les rotules de direction, des différentiels, des pièces moteurs pour systèmes à injection… Or la plupart de ses clients n’ont pas de solution de remplacement. "Ils auraient mis 3 à 6 mois pour trouver une autre source d’approvisionnement, car c’est une grosse mécanique à mettre en place. Dans le laps de temps, ils auraient stoppé leur production avec des effets dominos", souligne Domingos Leal, délégué syndical CGT chez Amis.

Soutien du Comité interministériel de restructuration industrielle

Et puis, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, interpellé à l’Assemblée nationale a lui-même apporté son soutien à l’offre de CMW. "Les services du ministère ont produit auprès de la cour d’appel de Lyon un document affirmant que le projet proposé par le repreneur est sérieux", a déclaré le ministre faisant référence au Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI).

Diversification vers le ferroviaire, l’aéronautique et la défense

"Cela a rassuré le parquet", note Arthur Le Goff qui prévoit désormais pour Amis une diversification des activités vers les domaines des transports ferroviaires, de l’aéronautique et de la Défense. "Notre ambition est de parvenir à 40 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 10 ans. L’année prochaine, notre business plan table sur 18 millions d’euros", précise le dirigeant, qui compte garder 146 salariés sur les 191.

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