Un an après le lancement de sa production, la start-up Lormauto, créée par Sébastien Rolo, Olivier Zanusso et Franck Lefèvre, à Argences et spécialisée dans le rétrofit de voitures, a été liquidée par le tribunal de commerce de Caen, le 21 mai dernier. L’un de ses co-fondateurs, Sébastien Rolo, a dénoncé un certain nombre de retards dans la procédure qui a mis à mal la trésorerie de l’entreprise et "le manque d’intérêt de Bpifrance pour la filière rétrofit automobile".
Des propos qui font réagir la Banque Publique d’Investissement qui confirme "croire au retrofit et avoir accompagné Lormauto depuis sa création, en finançant significativement l’entreprise." Et de donner des détails sur son financement : une subvention de 50 000 euros en 2021, un prêt innovation R & D de 250 000 euros en 2022, des garanties aux profits des banques en 2023, un Prêt d’Amorçage de 300 000 euros dans l’attente de la levée de fonds en 2024, puis comme opérateur de France 2030, accord fin 2023 pour un accompagnement."
Bloquée par l’absence de levée de fonds
La Banque Publique d’Investissement rajoute que "Bpifrance, en tant qu’opérateur de l’État pourra verser les subventions France 2030 à Lormauto à condition que la levée de fonds soit réalisée. Cette condition, de débloquer des fonds publics sous réserve de la réalisation d’une levée de fonds (privés), a été notifiée à Lormauto dès la signature de son contrat en novembre 2023 : Bpifrance a pris attache avec les services du ministère de l’Économie & Industrie, notamment la DGE, la DREETS, et le cabinet du ministre de l’Industrie. Au vu des conditions particulières non levées, notamment l’augmentation de fonds propres en numéraire, une communication État/Bpifrance sur l’impossibilité de procéder au versement tant que la levée de fonds n’avait pas été réalisée a été faite auprès de la société. Par ailleurs, l’État devait valider les dérogations nécessaires face aux autres éléments contractuels et juridiques d’aides d’État qui bloquent le décaissement des aides en l’état…
"Des lettres d’intention d’investisseurs ne sont pas une augmentation de capital constatée, ce ne sont que des intentions."
Pour la direction de Bpifrance, "quand le versement d’une subvention est décidé, il est encadré par un contrat avec des étapes communiquées à l’entreprise. Pour la Banque, "des lettres d’intention d’investisseurs ne sont pas une augmentation de capital constatée, ce ne sont que des intentions. Si augmentation de capital il y a, prouvée par l’entreprise et constatée par les équipes de Bpifrance, alors le versement de la subvention peut mécaniquement se faire. "
Bpifrance justifie le fait qu’elle n’ait pas suivi la start-up dans son projet. "Après cette phase d’amorçage largement financée par l’État et Bpifrance, Lormauto a tenté une première levée de fonds auprès d’investisseurs publics ou privés début 2024 avec l’aide d’un conseil financier, puis une autre fin 2024. Dans ce cadre, la start-up a interrogé le Fonds Automobile (FAA) de Bpifrance sur l’opportunité d’intervenir en fonds propres. Les équipes du FAA ont mené des travaux d’analyse sur l’évolution du marché et la solution Lormauto en interrogeant plusieurs acteurs de la filière (dont les constructeurs Stellantis et Renault). Il s’avère que le positionnement de la solution Lormauto, notamment en termes de prix, ne lui a pas permis de se développer comme envisagé, mettant en cause les perspectives annoncées par les dirigeants. Bpifrance a donc décliné le dossier, laissant la place aux acteurs privés." Acteurs privés qui n’ont pas non plus choisi de s’engager dans le projet.