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Les émissions de CO2 liées aux énergies fossiles devraient battre un nouveau record cette année
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Les émissions de CO2 liées aux énergies fossiles devraient battre un nouveau record cette année

Consortium international réunissant plus d’une centaine de scientifiques, le "Global Carbon Project" prévoit une augmentation des émissions de CO2 cette année et une hausse de 0,8 % des émissions de dioxyde de carbone liées à l’utilisation des énergies fossiles. Même si l’Europe et les États-Unis ont réduit leurs rejets dans l’atmosphère.

En incluant le "changement d’affectation des terres" (notamment la déforestation), le total des émissions de CO2 prévues pour 2024 est estimé à 41,6 milliards de tonnes, contre 40,6 milliards l’an dernier — Photo : Akiyoko

Alors que s’ouvre la 29e conférence mondiale sur le climat (COP29) à Bakou en Azerbaïdjan, une nouvelle étude invite à lutter contre le réchauffement climatique. À l’échelle mondiale, les émissions de CO2 issues des énergies fossiles devraient en effet atteindre un niveau record en 2024, avec 37,4 milliards de tonnes rejetées dans l’atmosphère, en augmentation de 0,8 % comparé à 2023, d’après les prévisions des scientifiques du "Global Carbon Project". Cet organisme réunit près d’une centaine d’acteurs dans le monde, allant des universités (comme les universités britanniques d’Exeter et d’East Anglia) aux centres de recherche.

Recul des émissions aux États-Unis et en Europe

Dans le détail, les rejets de dioxyde de carbone issus du charbon progresseraient (+ 0,2 %) cette année, comme ceux issus d’autres énergies fossiles comme le pétrole (+ 0,9 %) et le gaz (+ 2,4 %), toujours selon l’étude. Les émissions de la Chine, un pays qui représente près d’un tiers du total mondial, augmenteraient de 0,2 %, celle de l’Inde de 4,6 %. Tandis que la tendance est au recul aux États-Unis (de -0,6 %) et au sein dans l’Union Européenne (-3,8 %). Dans le reste du monde (qui contribue à 38 % du total des émissions) la hausse s’élève à 1,1 %.

Un réchauffement de 1,5 degré d’ici 6 ans jugé probable

"Malgré le besoin urgent de réduire les émissions pour ralentir le réchauffement climatique", et malgré un impact de plus en plus important du changement climatique, les chercheurs indiquent qu’il n’y a "toujours aucun signe qu’un pic ait été atteint concernant les émissions de CO2 d’origine fossile".

"Les progrès réalisés dans tous les pays doivent accélérer"

"L’action pour le climat est un problème collectif. Les progrès réalisés dans tous les pays doivent accélérer suffisamment rapidement pour mettre les émissions mondiales sur une trajectoire baissière vers le zéro émission nette", souligne le docteur Glen Peters, du Center for International Climate Research d’Oslo.

Avec le changement d’affectation des terres (incluant la déforestation) le total des émissions de CO2 prévues est estimé à 41,6 milliards de tonnes en 2024 contre 40,6 milliards l’an dernier. Au rythme actuel, le Global Carbon Project évalue à 50 % les chances que le réchauffement climatique dépasse les 1,5°C d’ici environ 6 ans.

Atteindre le "zéro émission nette"

"Tant que nous n’aurons pas atteint le zéro émission nette de CO2 à l’échelle internationale, les températures mondiales continueront d’augmenter, avec des impacts toujours plus sévères", rappelle le professeur Pierre Friedlingstein, de l’Université d’Exeter, en Angleterre.


Pour mémoire, le concept de "zéro émission nette" signifie que les émissions de gaz à effet de serre "sont réduites à un niveau aussi proche que possible de zéro, les émissions restantes présentes dans l’atmosphère étant réabsorbées, par les océans et les forêts par exemple", pour reprendre la formulation des Nations Unies.

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