Fort de 80 agences de voyages, 1 500 collaborateurs et d’une quinzaine de sites de transport, le groupe Prêt-à-Partir, opérant dans des activités d’organisations de voyages et de transport par autocars, s’est engagé en 2015 à compenser 100 % de ses émissions de carbone en scope 1 (les émissions directes émises par ses véhicules).
Pour atteindre cet objectif, François Piot, le dirigeant, engage un plan en plusieurs étapes. D’abord, un passage de l’intégralité flotte au carburant renouvelable. Et, d’ici 2035, une conversion au 100 % électrique. En 2022, le groupe estimait ses émissions de CO2 liées à ses véhicules à 18 000 tonnes, dont près de 17 500 émises par le poste gasoil : 94 % de la flotte du groupe était alors diesel.
Objectif 100 % biocarburant
En 2022, un partenariat de Prêt-à-Partir avec la communauté de communes de Toul entame le passage au biocarburant du groupe. "Avec du HVO (huile végétale hydrotraitée, NDLR), nous réduisons 70 à 90 % de nos émissions de CO2", explique François Piot. "D’ici l’année prochaine, nous convertirons la moitié de notre flotte (NDLR : près de 400 autocars) au HVO", poursuit-il. À ce titre, des cuves de HVO devraient être installées sur un grand nombre des sites de Prêt-à-Partir.
Une première opération qui devrait permettre à l’entreprise de réduire de 35 % la totalité de ses émissions carbone. "L’idée, c’est de passer rapidement au 100 % HVO", lance François Piot. Pour sécuriser son approvisionnement en biocarburant, le groupe a signé un contrat avec TotalEnergies en janvier dernier.
Amorcer le passage à l’électrique
"Mais le HVO est une solution de transition", reconnaît François Piot, accusant une production "relativement faible". "La seconde étape sera le passage à l’électrique, en partenariat avec nos clients. Notre activité de transport scolaire nécessite une faible autonomie et s’y prête bien", annonce-t-il. D’ici 5 ans, le dirigeant projette de posséder 10 à 15 % de véhicules électriques au total. En 2035, il projette d’atteindre les 100 %.
Produire sa propre électricité
Pour porter cette transition, Prêt-à-Partir produit sa propre électricité. Dans son rapport RSE produit en interne en 2022, l’entreprise révèle être associée d’Hydrophil, qui possède plusieurs centrales hydroélectriques. Le groupe a également construit un méthaniseur d’une puissance de 500 kW à Belleau en Meurthe-et-Moselle, exploité par Prêt-à-Partir, avec une dizaine d’agriculteurs.
Enfin, l’entreprise exploite plusieurs centrales photovoltaïques, depuis 2009. Au total, près de 30 000 m² de panneaux solaires, pour une puissance installée cumulée de 3 MW. Ces installations sont posées sur les toitures des dépôts d’autocars du groupe ou sur des bâtiments agricoles, en co-exploitation avec un agriculteur local. Des dispositifs qui ont permis à l’entreprise de compenser 43 % de ses émissions de CO2 liées aux carburants fossiles utilisés dans ses véhicules, en 2022.
"Sans accroître la surface couverte, nous allons augmenter de 60 % notre puissance de production, pour passer à 4,8 MW", annonce François Piot. Un premier investissement de 2,6 millions d’euros pour Prêt-à-Partir, qui a déjà entamé les travaux. "À ce jour, nous avons investi une trentaine de millions d’euros dans les énergies renouvelables", précise-t-il. Le groupe est associé à ces différentes sociétés de production d’énergies par l’intermédiaire de sa holding SOFIP (Société financière et industrielle Piot) et par sa sous-holding, Papsolar ENR.
Environ 20 millions d’euros d’investissements futurs
D’ici deux ans, Prêt-à-Partir espère détenir une puissance installée cumulée de 20 MW. Pour cela, le groupe projette de couvrir ses parkings et ses dépôts de panneaux solaires, partout où leur installation sera possible. "Je pense que ces 20 MW nous permettraient de produire l’équivalent de la consommation de nos véhicules aujourd’hui. Ce serait un investissement de l’ordre des 20 millions d’euros, mais une fois", explique François Piot. En comparaison, l’entreprise dépense 12 millions d’euros chaque année en gasoil.
"Mais, il y a toutes les contraintes que va apporter cette transition énergétique", projette le dirigeant. Recharger l’ensemble des véhicules de la flotte pendant la nuit demandera au groupe d’assurer une puissance conséquente. "Il nous faudra des chargeurs extrêmement puissants : ce sont des investissements qui ne sont pas encore chiffrés", appuie-t-il.
Investir dans des véhicules électriques
Pour transformer sa flotte, le groupe adoptera deux stratégies : l’achat de véhicules et le rétrofitting. Un deuxième poste de dépense pour Prêt-à-Partir, qui estime le coût d’un rétrofitting à 200 000 €. "La clé de cette équation sera l’allongement de la durée de vie des véhicules", indique François Piot.