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Eiffage Métal et SSAB s’allient autour de l’acier décarboné dans le nord de l’Alsace
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Eiffage Métal et SSAB s’allient autour de l’acier décarboné dans le nord de l’Alsace

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Le groupe français de construction métallique Eiffage Métal a signé, le 22 septembre, un partenariat avec le sidérurgiste suédois SSAB. Un accord qui s’inscrit dans ses objectifs de réduction d’émissions et accompagne les investissements du site de Lauterbourg au nord de l’Alsace (Bas-Rhin).

Eiffage Métal, site de Lauterbourg, à quelques kilomètres de la frontière allemande — Photo : Eiffage / Cédric Joie

L’usine de Lauterbourg (Bas-Rhin) se dresse entre le Rhin et l’Allemagne, distante de la frontière d’à peine quelques kilomètres. C’est au sein de ce site, historique pour l’entreprise, qu’Eiffage Métal a officialisé avec le suédois SSAB, le 22 septembre, un accord portant sur l’approvisionnement en aciers bas carbone. L’entreprise française s’est engagée à réduire de 46 % ses émissions de CO2 sur ses scopes 1 et 2 (émissions directes de l’entreprise et liées à la consommation d’énergie) et de 30 % sur son scope 3 (émissions liées aux fournisseurs, au transport, à l’utilisation et à la fin de vie des produits) d’ici 2030.

"Nous devons agir sur nos achats pour atteindre nos objectifs climatiques. Ce partenariat avec SSAB nous permet d’intégrer dès aujourd’hui des solutions industrielles bas carbone", souligne Boris Azimi, directeur général d’Eiffage Métal France.

Thomas Hörnfeldt Vice-président Développement durable pour SSAB et Boris Azimi, directeur général d’Eiffage Métal France ont signé le partenariat pour l’acier décarboné — Photo : Eiffage / Cédric Joie

Filiale du groupe français Eiffage (84 000 salariés, 23 Md€ de CA en 2024), Eiffage Métal emploie plus de 3 200 collaborateurs dans neuf usines européennes, réalise 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel en 2024 et dispose d’un carnet de commandes de 2,9 milliards d’euros. Ses activités couvrent la construction de grandes infrastructures, des ouvrages d’art au parc nucléaire français, ainsi que l’énergie éolienne, solaire et offshore.

L’acier bas carbone de SSAB

SSAB, dont le chiffre d’affaires atteignait 9,5 milliards d’euros en 2024, développe deux gammes : SSAB Zero, produit à partir d’acier recyclé grâce à de l’électricité verte et du biogaz, et SSAB Hybrit. Ce dernier est produit grâce à un procédé remplaçant le charbon à coke utilisé dans les hauts-fourneaux par de l’hydrogène vert issu d’électrolyse. Lors de la réduction du minerai de fer, le dioxyde de carbone n’est plus rejeté : seule de la vapeur d’eau est produite. Cette eau peut être réutilisée dans le cycle de production d’hydrogène, tandis que les métaux lourds issus du minerai sont traités en aval par Vattenfall afin d’éviter les rejets néfastes.

"La technologie Hybrit marque une rupture : nous transformons l’industrie sidérurgique en éliminant les énergies fossiles de la chaîne de valeur "

Selon SSAB, les aciers Hybrit offrent les mêmes propriétés mécaniques que l’acier conventionnel, tout en réduisant quasiment à zéro les émissions de CO2 en scopes 1 et 2. À ce jour, environ 1 000 tonnes ont été livrées à des clients pilotes. "La technologie Hybrit marque une rupture : nous transformons l’industrie sidérurgique en éliminant les énergies fossiles de la chaîne de valeur", explique Thomas Hörnfeldt, vice-président Développement durable chez SSAB.

L’industrie sidérurgique étant responsable de 7 % des émissions mondiales de CO2, le sidérurgiste suédois mise sur cette innovation pour atteindre la neutralité carbone en 2045. Le contexte est porteur : la demande mondiale d’acier devrait passer de 1,8 milliard de tonnes en 2025 à 2,8 milliards en 2050.

Du concret à Lauterbourg

L’accord se matérialisera en Alsace, à l’usine Eiffage Métal de Lauterbourg (Bas-Rhin), qui intègre progressivement ces aciers décarbonés dans sa production. Le site de 40 hectares emploie 250 collaborateurs et bénéficie d’un accès direct aux voies fluviales européennes.

Le site de Lauterbourg dispose d’un accès direct au Rhin et fait transiter toutes ses livraisons par voie fluviale — Photo : Eiffage / Cédric Joie

"Ce partenariat trouve ici une traduction concrète : l’usine de Lauterbourg devient un maillon de la chaîne bas carbone, au cœur de nos productions à haute technicité", indique Lionel Borger, directeur de l’usine.

Un site en transformation

Eiffage Métal investit actuellement 10 millions d’euros sur le site, dont 8 millions dans un nouveau hall de production dédié au nucléaire. À partir de mai 2027, les premiers panneaux de liner pour EDF y seront fabriqués. "C’est une évolution majeure : l’usine devient une unité de process, avec de nouveaux métiers liés à la robotique", précise Lionel Borger. Il précise également être en plein recrutement : "Nous formons également, avec une école de soudure interne."

Un soudeur en action chez Eiffage Metal — Photo : Eiffage / Cédric Joie

À terme, l’activité nucléaire représentera deux tiers de l’usine, contre un tiers pour la charpente et les ouvrages d’art.

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