La direction de Dumarey Powerglide a annoncé en CSE le 4 octobre la suppression de 248 emplois au sein de son site strasbourgeois. La dénonciation du contrat relatif à la fabrication de boîtes huit vitesses avec l’équipementier allemand ZF - lequel absorbait 80 % de l’activité de l’entité alsacienne de Dumarey - laissait planer de très fortes incertitudes sur l’avenir du site de Strasbourg depuis plusieurs mois.
"Un manque d’intérêt des clients pour les modèles électriques"
"Depuis la reprise de notre site en 2013 par le groupe Dumarey, notre entreprise n’a cessé de se développer. DPS a investi plus de 330 millions d’euros dans sa capacité de production pour ZF, près de 72 millions d’euros en recherche et développement et 80 millions d’euros d’investissements supplémentaires ces trois dernières années pour diversifier son portefeuille produit et clients pour des composants destinés aux véhicules électriques et hybrides", explique l’entreprise par voie de communiqué. "Aujourd’hui notre entreprise est confrontée à d’importantes difficultés : le tassement global du marché automobile depuis la crise sanitaire du Covid, un manque d’intérêt des clients pour les modèles électriques alors que la filière automobile a investi massivement dans ces nouvelles technologies, poussée par les réglementations et les pouvoirs publics", poursuit la direction que nous avons tenté de joindre sans succès.
La Chine en position de force sur le marché de l’électrique européen
DPS signale également que "les résultats économiques des constructeurs sont très fortement impactés" et souligne que "la concurrence de la Chine qui a massivement investi depuis plus de 15 ans dans les technologies d’électrification se présente en position de force pour pénétrer résolument le marché européen".
L’Allemand ZF a de son côté annoncé la suppression de 14 000 postes en Allemagne à l’horizon 2028.
À Strasbourg, l’interruption de la boîte huit vitesses s’accompagne d’ici, la fin de l’année, d’un arrêt anticipé de la production du carter 8HP, toujours pour ZF, et de la boîte 6 vitesses (notamment à destination de son client chinois Saic, NDLR) "en raison de la baisse continue des volumes commandés par les clients et des difficultés croissantes pour DPS à s’approvisionner en composants".
Une confirmation qui inquiète les syndicats. "Nous sommes très clairement inquiets pour l’avenir du site compte tenu du niveau d’activité conservé à Strasbourg", estime Laurent Julien, délégué syndical CFDT chez DPS.
En septembre, alors que la perspective d’une procédure de sauvegarde était écartée, la constitution d’un fonds d’accompagnement de futures "mesures sociales" de 60 millions d’euros avait été annoncée.