La procédure de sauvegarde engagée par l’équipementier automobile Dumarey Powerglide Strasbourg (530 millions d’euros de CA) au mois d’août ne sera pas examinée le 16 septembre prochain par le tribunal comme annoncé. Dans la continuité de la procédure de conciliation, un fonds de garantie de 60 millions d’euros sera mobilisé suite à un accord amiable entre les parties, Dumarey Powerglide (ex-Punch) Strasbourg et son principal client, le groupe allemand ZF. Principal client de l’usine strasbourgeoise, ZF avait annoncé l’arrêt des commandes plus tôt dans l’année. Une enveloppe qui accompagnera un plan social qui semble inévitable.
Nous avions peur de la liquidation, ce fonds de garantie constitue donc une bouffée d’oxygène
"Un CSE extraordinaire a été réuni en urgence. Il nous a été annoncé que Dumarey Powerglide et ZF ont trouvé un arrangement. Ils mettraient sur la table un fonds de garantie de 60 millions d’euros, dont nous ne connaissons pas précisément la répartition. […] Nous avions peur de la liquidation, ce fonds de garantie constitue donc une bouffée d’oxygène. Mais nous souhaitons réduire le nombre des licenciements inévitables, je le regrette, et qui pourraient concerner plus de 200 salariés (sur les 591 que compte le site strasbourgeois, NDLR)", avance Laurent Julien, secrétaire du CSE et délégué CFDT.
Pour la CGT, il est plus probable que 300 emplois soient directement impactés.
Les dernières boîtes de vitesses huit vitesses (8HP) destinées à ZF, qui concentrait à lui seul 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, ont été produites fin août, l’industriel allemand ayant dénoncé son contrat, arguant d’une restructuration outre-Rhin.
Bientôt, la fin de la boîte six vitesses et des constructeurs français à la peine
"Nous avons ce matelas de 60 millions d’euros, mais nous attendons surtout que notre groupe fasse preuve de responsabilité et nous retrouve de l’activité au plus vite. Nous sommes capables de développer un produit en 10 mois", martèle Laurent Julien.
Les commandes de Stellantis, portant sur des composants pour transmissions de véhicules électriques ne seraient pas à la hauteur des attentes. Les livraisons devraient s’élever à la moitié de la quantité initialement prévue de 100 000 unités, de source syndicale.
"La situation est d’autant plus critique que la fabrication de la boîte six vitesses à destination des marchés asiatiques doit se terminer dans cinq mois", signale André Duléry, délégué CGT. L’intersyndicale appelle à la mobilisation le 28 septembre à Strasbourg. Nous avons tenté de joindre la direction sans succès.