Malgré une conjoncture tendue, le groupe Bréger renouvelle sa flotte de camions. L’enveloppe globale s’élève à dix millions d’euros en 2024 et concerne une centaine des 600 véhicules de Bréger France, aussi bien des tracteurs que des porteurs. Bréger emploie plus de 1 000 personnes, dont environ 250 logisticiens et près de 700 chauffeurs.
Bientôt un tiers des trajets en carburant alternatif
"Cette massification du renouvellement de nos camions vient aussi du retard que les constructeurs ont eu dans les livraisons ces dernières années, du fait de commandes en hausse et du manque de certaines pièces", précise le PDG du groupe, Vincent Lesage. Le groupe renouvelle ses véhicules à échéance moyenne de six à sept ans.
"En 2030, l’ensemble de notre flotte sera sans gasoil, avec un mix énergétique bio-GNV, HVO, Oleo 100, électrique"
Pour répondre aux exigences environnementales, le groupe transfère dès cette année quinze moteurs diesel au bio-GNV : "29 % des kilomètres parcourus par l’entreprise seront désormais effectués en carburant dit alternatif", calcule le groupe, qui roule aussi au HVO, un carburant issu d’huiles usagées, et à l’Oleo 100, issu d’huile colza. "Nous devrions être aux alentours de 33 % sans gasoil classique en 2025-début 2026, ajoute son dirigeant. En 2030, l’ensemble de notre flotte sera sans gasoil avec un mix énergétique bio-GNV, HVO, Oleo 100, électrique".
Électrification de la flotte
Le transporteur va en outre électrifier une part de sa flotte à partir de 2025, alors qu’il s’était jusqu’ici montré prudent sur cette motorisation : "Aujourd’hui, des constructeurs commencent à proposer des engins intéressants, avec une autonomie de 600 kilomètres", observe Vincent Lesage.
Répercuter les coûts supplémentaires induits
Changer de motorisation a deux facettes. D’une part, elle attire plus facilement de nouveaux conducteurs. D’autre part, elle implique d’investir plus - un poids-lourd électrique coûte 2 à 2,5 fois plus cher qu’un moteur classique, un poids lourd au biogaz 20 % de plus. Des coûts supplémentaires qu’il faut pouvoir répercuter aux clients. "Aujourd’hui, 50 % de nos livraisons s’effectuent en HVO. C’est un carburant plus cher. Certains clients nous accompagnent, d’autres se sentent moins concernés. Nous avons donc deux tarifs, pour les livraisons au gasoil ou celles en HVO", explique Vincent Lesage.
Baisse des émissions malgré l’activité en hausse
Globalement, le chef d’entreprise est satisfait de la stratégie telle qu’elle est menée : "Nous arrivons d’année en année à améliorer notre efficacité énergétique aux 100 kilomètres. Et pour la première fois, nous avons réussi sur les deux dernières années, malgré un chiffre d’affaires en progression, à réduire nos émissions de CO2."
Vers 180 millions d’euros d’activité
"En 2024, nous devrions réaliser 172 millions d’euros de chiffre d’affaires, poursuit Vincent Lesage. Nous devrions faire légèrement plus en 2025, sans doute autour de 180 millions d’euros. Mais c’est difficile de se projeter dans le contexte économique et politique actuel. Une chose est certaine, le groupe va désormais se concentrer sur une croissance endogène."
Deux croissances externes à intégrer
Le transporteur a en effet réalisé récemment plusieurs croissances externes. En 2020, Bréger s’est étendu en Bretagne, région jusqu’ici desservie depuis Laval, base historique et siège social du groupe. L’entreprise a repris TransWest, qui réalisait 12 millions d’euros avec 75 salariés. "Cela nous a permis de nous implanter véritablement en Bretagne, mais aussi, de renforcer nos compétences spécifiques dans la messagerie palettisée et les petits lots", rappelle Vincent Lesage. En 2023, c’est dans le nord de la France que le groupe a renforcé son ancrage, avec une prise de participation majoritaire dans la SAS Transport Leroy et Dassonville (25 salariés, 2,7 M€ de CA). Bréger France possède onze agences dans l’Hexagone, sans compter les sites de ces deux récentes filiales, ainsi que deux bases en Espagne et au Portugal.