Le groupe lavallois de transport Bréger ouvre une nouvelle agence du côté de Douai, dans le Nord — précisément à Montigny-en-Ostrevent. Ce sera la douzième agence du groupe, qui s’appuie également sur une trentaine de sites logistiques en France ainsi que deux bases en Espagne et au Portugal.
Une ouverture actée en deux mois
Le 3 mars 2025, les quatre quais de la plateforme nordiste de 1 500 m2 entreront en activité. Les recrutements ne sont cependant pas terminés. "Ce sont trois à cinq personnes qui travailleront sur le site. Nous allons pouvoir démarrer avec une équipe mobile, du personnel d’autres sites. Tout s’est fait assez rapidement. Nous avons pris la décision il y a seulement huit ou neuf semaines, raconte le PDG Vincent Lesage. Nous avons eu la chance de nous voir proposer cet emplacement, en location."
Massifier l’offre dans le nord de la France
Dans la région, le transporteur pouvait déjà compter sur sa filiale locale, la SAS Transport Leroy et Dassonville, basée à Lestrem dans le Pas-de-Calais. Mais cette entreprise reprise en 2023 manquait de capacités, indique le dirigeant. "Même si nous allons ramener du business et des flux à cette société près de Béthune, nous avions surtout besoin d’un nouvel équipement pour notre métier d’organisateur logistique. Avec cette nouvelle implantation stratégique, nous allons pouvoir améliorer notre massification et le cross-docking", explique Vincent Lesage. La société Leroy et Dassonville dispose d’une flotte de vingt-cinq camions, le groupe Bréger de 600 véhicules.
La grande distribution et l’automobile, moteurs du projet
Deux secteurs économiques ont attiré le groupe lavallois dans les Hauts-de-France. "C’est avant tout la grande distribution qui nous amène là, indique le dirigeant. Notre objectif est de nous y développer et de rationaliser nos flux. Nous pourrons proposer des solutions massifiées à nos clients, pour gagner en compétitivité et en efficacité."
Située non loin de l’Allemagne, la zone est également stratégique auprès de clients du secteur automobile. "Nous anticipons un peu la transformation de l’industrie automobile, et notamment de l’électrification des moteurs, qui se passe dans le nord de la France", souffle également Vincent Lesage.
Se préparer à toute reprise économique
Quoi qu’il en soit, le groupe Bréger investit dans un contexte "pas terrible" à la fois pour l’automobile mais aussi le transport. "Nous avons réalisé 172 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (avec plus de 900 collaborateurs, NDLR). Par rapport à la structure et l’organisation de notre groupe, nous devrions faire bien plus, si le marché était dynamique. Et nous savons que 2025 sera une année très compliquée, avec beaucoup d’incertitudes, commente Vincent Lesage. En même temps, nous nous disons que c’est dans les périodes difficiles qu’il faut avancer. Nous nous préparons pour une reprise économique."
Dourges au cœur de la stratégie de mix énergétique
Les Transports Bréger vont en outre disposer à Douai d’un site également proche de la plateforme multimodale de Dourges. "Nous ne nous sommes pas encore beaucoup appuyés dessus, mais nous compter accélérer, indique le PDG de Bréger. Ce sera là aussi une façon de diversifier notre mix énergétique." ?
Le transporteur teste par ailleurs deux marques de camions électriques, actuellement. "Nous devrions acquérir une quinzaine de véhicules dans les dix-huit prochains mois", confie le dirigeant. Sa flotte roule également au bio-GNV, à l’HVO et à l’Oleo 100. L’objectif est de supprimer totalement le gasoil classique des réservoirs de ses camions d’ici 2030.