Face à une guerre qui dure et qui fait flamber les prix des carburants et des matières premières, le gouvernement dégaine de nouvelles aides. "Le pays doit tourner", justifie le Premier ministre Sébastien Lecornu. Pas question pour autant pour le chef du gouvernement de changer de stratégie : la fiscalité sur les carburants ne baissera pas. Le coût serait trop onéreux.
Changement de braquet, pas de méthode
La méthode reste la même avec "un ciblage important sur celles et ceux qui travaillent, celles et ceux qui tiennent l’activité du pays", indique Sébastien Lecornu. Certains travailleurs et certaines filières continueront d’être soutenus.
Ce qui change en revanche, c’est le braquet. Pour faire face à la hausse des carburants, le gouvernement débloque 710 millions d’euros d’aides supplémentaires. Un montant qui s’ajoute aux 470 millions d’euros d’aides déjà annoncées.
L’aide pour les grands rouleurs doublée
L’indemnité "grands rouleurs" va être prolongée de trois mois et être renforcée. Le coup de pouce passe de 50 à 100 euros par mois entre juin et août. Cette prime est réservée aux travailleurs parcourant au moins 30 kilomètres par jour dans des trajets domicile-travail ou 8 000 kilomètres par an dans le cadre d’une activité professionnelle. Elle est soumise à des conditions de revenus. L’aide cible 3 millions de Français et représente un soutien de 0,20 euro par litre en moyenne, indique le gouvernement.
Une prime carburant doublée et est plus facile à obtenir
Toujours dans le but d’aider les salariés face à l’augmentation des prix à la pompe, le gouvernement double le plafond de la prime carburant, que peuvent leur verser les employeurs de manière facultative.
"On a souhaité donner la liberté aux entreprises de soutenir leurs salariés", explique le ministre des PME Serge Papin. Le plafond va passer de 300 à 600 euros. Les critères d’attribution de cette prime exonérée de cotisations sociales seront supprimés. "Plus question de contraintes de cumul avec les autres primes, de contraintes sur le lieu de résidence, ni de fournir des justificatifs. Nous faisons confiance aux entreprises volontaires pour savoir qui parmi leurs salariés a besoin de ce coup de pouce", indique Serge Papin.
Les aides aux secteurs exposés reconduites
Le gouvernement prolonge ses aides pour les secteurs économiques les plus exposés et propose quelques nouveautés.
Pour le secteur des transports, le dispositif d’aide forfaitaire est reconduit pour trois mois (jusqu’à fin août), annonce Philippe Tabarot, ministre des Transports. Ouvert depuis le 12 mai, ce dispositif fait l’objet de 2 000 demandes.
Même chose pour les pêcheurs (soutien de 30 à 35 centimes par litre de gazole), les agriculteurs (aide de 15 centimes par litre de gazole non routier) et le BTP (aide de 20 centimes par litre de gazole non routier) : leurs dispositifs respectifs sont prolongés pour trois mois.
Élargissement des aides au BTP
Parmi les nouveautés, l’élargissement des aides pour le BTP aux entreprises de moins de 50 salariés (vs 20 salariés jusqu’alors), à partir de juin et ce, pour trois mois. "Cela concerne 30 000 entreprises", a déclaré Serge Papin, ministre des PME.
Aide pour les engrais et la chimie
Autre nouveauté : les agriculteurs vont pouvoir bénéficier d’une aide pour l’achat d’engrais, dont les prix se sont envolés. Les modalités n’ont pas encore été dévoilées. Dans la chimie, un mécanisme va aussi être mis en place pour aider les entreprises à "passer les surcoûts de court terme", a indiqué le ministre de l’Économie Rolland Lescure.
Par ailleurs, les chauffeurs de taxis pourront bénéficier d’une aide à l’achat pour un véhicule électrique, allant jusqu’à 5 500 euros s’il est assemblé au sein de l’espace économique européen. Cette aide sera mise en place à partir du mois d’octobre et ce, pour au moins trois mois.