Pour ses 80 ans EDF a annoncé un plan de soutien à l’électrification doté de 240 millions d’euros. Sur cette enveloppe 30 millions d’euros sont dédiés aux transporteurs pour qu’ils réalisent la conversion de poids lourds diesel en poids lourds électriques. Les entreprises concernées sont les TPE et PME, dans la limite de deux véhicules par établissement pour une aide d’un montant de 15 000 euros de subvention en moyenne par camion.
Des annonces qui tombent à pic alors que les transporteurs ont fait face à une explosion du prix du gasoil dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Pour recharger leurs poids lourds, les transporteurs pourront aussi utiliser l’une des 180 bornes de recharge installées par EDF grâce à un investissement de 50 millions d’euros. L’énergéticien se fixe l’objectif d’avoir installé ces bornes, ouvertes à tous, d’ici trois ans.
Une aide qui s’ajoute à celles de l’État
Cette aide vient s’ajouter à des dispositifs financés par l’État comme le suramortissement fiscal dédié à l’acquisition de poids lourds fonctionnant aux énergies alternatives au diesel. Ce dispositif fiscal permet à une entreprise de réduire son bénéfice imposable en achetant un poids lourd roulant à l’électricité, au gaz naturel, à l’hydrogène ou encore équipé d’un moteur hybride.
Selon une étude de la Direction générale des entreprises, 1 000 entreprises ont bénéficié de ce dispositif en 2020. Il devrait par ailleurs coûter 13 millions d’euros à l’État en 2025 et 17 millions en 2026.
Des certificats d’économie d’énergie permettent aussi aux entreprises de financer cette transition vers l’électrique.
Cet ensemble d’aide doit permettre de compenser le surcoût lié à l’acquisition de ces véhicules. Selon une étude de la Direction générale des entreprises sur le sujet, le coût total de possession des poids lourds électriques "est actuellement supérieur, en moyenne, de 10 à 30 % à celui des poids lourds diesel".
Un levier surtout activé par les grandes entreprises
D’après l’étude de la DGE, ce sont surtout les grandes entreprises qui franchissent, timidement, le pas de l’électrification de leur flotte de poids lourds. La part de marché de l’électrique atteint en effet 5,7 % pour ces établissements contre 0,3 % pour les PME.
Selon la DGE, cette tendance peut s’expliquer par "le coût d’achat d’un poids lourd électrique encore élevé relativement par rapport à d’autres motorisations, ainsi que les investissements importants liés à l’installation d’infrastructures de recharges des véhicules, qui peuvent plus facilement être amortis sur des flottes plus larges".
Une transition favorable au climat et à l’industrie
Responsable de 7,4 % des émissions de gaz à effet de serre en France, la filière du transport routier de marchandises va devoir fortement accélérer son électrification dans les années à venir. Les camions électriques neufs représentent aujourd’hui 2 % des nouveaux véhicules, soit près de 900 poids lourds, mais cette proportion devra passer à "50 % en 2050 pour respecter les objectifs climatiques nationaux" selon la DGE.
La Direction générale des entreprises relève par ailleurs l’intérêt de cette transition en matière de souveraineté industrielle. D’après cette étude, environ deux tiers des camions électriques achetés en France sont assemblés localement.