Le Smic augmente mais pas les allègements de charges sur les salaires. Invité ce vendredi matin sur TF1, le ministre des Comptes publics David Amiel a confirmé le gel des allègements de charges sur les salaires. "Au 1er juin prochain, le gouvernement a décidé que l’enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n’augmentera pas. Elle ne baissera pas" non plus, a déclaré David Amiel dans Bonjour ! La Matinale TF1.
Un coût de 2 milliards d’euros
Les raisons sont budgétaires. Une augmentation générale des allègements de charges patronales coûterait plus de 2 milliards d’euros aux finances publiques, a assuré le ministre. Une somme qui n’a pas été prévue dans le budget. Effet mécanique de l’inflation, le Smic va augmenter de 2,41 % le 1er juin. Le patronat souhaitait que les allègements de charge suivent cette augmentation.
Le gouvernement n’accède pas à cette demande. "Nous avons, depuis le début de cette crise, décidé d’engager […] des aides ciblées et des aides financées", a justifié David Amiel, qui considère qu’une augmentation des allègements de charges ne répond pas à ces critères.
"Elle bénéficierait à la fois à des entreprises qui vont mal et des entreprises qui vont bien, à des entreprises qui sont en première ligne face à la crise provoquée dans le détroit d’Ormuz et à d’autres qui le sont beaucoup moins", a justifié le ministre des Comptes publics.
Les mises en garde du patronat
Les entreprises françaises sont donc confrontées à une hausse de 2 milliards d’euros de leurs charges du fait de l’augmentation du Smic. Alourdir le coût du travail aurait pour conséquence de "fragiliser encore davantage les conditions de la croissance, de la souveraineté et de l’emploi", avaient alerté cinq organisations patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA et UDES) dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu le 15 mai. "Un nouveau rabot sur les exonérations de cotisations patronales, qui ont déjà connu une baisse importante en 2024 et 2025, pénaliserait de surcroît particulièrement les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre où l’emploi est le plus sensible au coût du travail", avaient-elles poursuivi.
David Amiel assume le choix du gouvernement : "Nous avons beaucoup de mesures en faveur des entreprises, comme celles qui ont été annoncées hier […] Si les mesures ne sont pas financées aujourd’hui, ce sera une explosion des impôts demain pour les ménages comme pour les entreprises, ce qui serait évidemment une très mauvaise nouvelle pour la compétitivité de l’économie".