Apaisement en vue dans les relations commerciales entre l’Europe et les États-Unis. Les eurodéputés et les États membres de l’UE se sont entendus pour mettre en œuvre l’accord commercial conclu le 27 juillet 2025 avec les États-Unis, à Turnberry, en Écosse.
Pour faire pression sur Bruxelles, Donald Trump avait menacé l’Europe de droits de douane supplémentaires si l’accord n’entrait pas en vigueur d’ici au 4 juillet.
"Nous allons bientôt honorer notre part de la déclaration conjointe UE-États-Unis, comme promis", se félicite sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Un accord "provisoire" a en effet été trouvé dans la nuit de mardi à mercredi par les Européens. Il se décline dans deux textes législatifs mettant en œuvre les engagements tarifaires de l’UE.
Suppression des droits de douane sur les produits industriels américains
Les textes suppriment les droits de douane sur les produits industriels américains et accordent un accès préférentiel au marché européen à certains produits agricoles et de la mer américains. En échange, les États-Unis s’engagent à appliquer des droits de douane de 15 % pour la plupart des exportations de l’UE.
Garde-fous européens
Les Européens se sont aussi entendus sur des garde-fous à leurs concessions envers les États-Unis. La suppression des droits de douane sur les produits industriels et agroalimentaires est limitée dans le temps : elle prendra fin en 2029. Avant cette date, la Commission européenne évaluera les effets de sa politique sur son économie.
L’Europe se réserve ainsi le droit de suspendre ses préférences tarifaires si les États-Unis ne respectent pas leurs engagements en matière de droits de douane. À commencer par ceux de l’acier et de l’aluminium, les États-Unis ayant haussé à l’été 2025 leurs droits de douane pour ces métaux. Les Européens laissent aux États-Unis jusqu’au 31 décembre 2026 pour ramener les droits de douane sur les produits dérivés de l’acier et de l’aluminium à 15 %.
30 % du commerce mondial
Ursula von der Leyen invite désormais le Conseil et le Parlement européen "à agir rapidement et à finaliser le processus". L’accord doit être formellement adopté par les deux institutions.
Pour Ursula von der Leyen, l’accord garantit "un commerce transatlantique stable, prévisible, équilibré et mutuellement bénéfique". L’enjeu est de taille. Les échanges entre l’Union Européenne et les États-Unis représentent près de 30 % du commerce mondial de biens et de services et 43 % du PIB mondial. Ayant doublé depuis 10 ans, ils se sont montés à 1 700 milliards d’euros en 2024.