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Le groupe MGE veut faire décoller l’activité du terminal rail-route de Blainville
Vosges # Transport-logistique # Transition écologique

Le groupe MGE veut faire décoller l’activité du terminal rail-route de Blainville

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Le transporteur vosgien MGE, dirigé par Philippe Virtel, compte atteindre dès le prochain exercice les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires dans le transport intermodal. Une nouvelle rotation entre la Bretagne et la Lorraine, assurée par train, vient d’être lancée.

Le terminal de Blainville est la propriété du groupe MGE depuis 2002 — Photo : Groupe MGE

Installé au sud de Nancy, le terminal rail-route de Blainville est la propriété du groupe MGE "depuis 2002", rappelle Philippe Virtel, le président du groupe MGE. "Mais depuis deux ans, et surtout avec l’arrivée de la directrice de MGE Intermodal, Magali Fourriques, nous avons décidé d’accélérer en bâtissant une vraie stratégie", retrace le dirigeant du transporteur vosgien, basé à Chavelot, qui exploite 520 véhicules avec un total de 820 salariés, pour un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros. Avec cet outil de 4 hectares branché au réseau ferroviaire national, le dirigeant vosgien veut proposer à ses clients un service de transport intermodal, combinant rail et route, pour atteindre "très rapidement, soit dès l’exercice 2025, les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires", fixe Philippe Virtel.

Une rotation par semaine entre la Bretagne et la Lorraine

Début octobre, le groupe vosgien a lancé, avec l’opérateur de transport combiné Be Modal, une filiale du groupe breton Lahaye Global Logistics (1 700 salariés, 248 M€ de CA en 2023), un nouveau service permettant de transporter par rail des caisses mobiles de 20 à 45 pieds entre Rennes et Blainville, grâce à une rotation hebdomadaire. "Chaque société est en mesure de proposer à ses clients une capacité de trois wagons de 90 pieds, soit l’équivalent de six caisses UTI (Unité de transport intermodal). Ce volume pourra augmenter à mesure de la demande", précisent dans un communiqué commun les deux sociétés.

Le président du groupe MGE, Philippe Virtel, s’est lancé en 2022 dans un plan de décarbonation de sa flotte de camions — Photo : Jean-François Michel

Une offre composée de trois services

Cette nouvelle ligne vers la Bretagne vient compléter une offre composée de deux services : au train de 500 à 700 tonnes circulant entre la Haute-Garonne et Blainville depuis l’automne 2023 pour un industriel, représentant l’équivalent de 25 camions par semaine, le transporteur vosgien a rajouté, en juin 2024, une ligne combinée rail-route vers Mouguerre, dans le Pays basque. "Par rapport au service vers la Haute-Garonne, nous ne sommes pas sur un client unique, c’est une proposition de service pour nos clients", précise Philippe Virtel. Assurant actuellement deux rotations par semaine, la ligne pourrait passer à trois rotations. "Le curseur d’adaptation va être d’abord d’augmenter le nombre de wagons dans chaque rotation, et puis essayer de passer à trois rotations. Nous allons suivre le marché", détaille le président de MGE.

Une stratégie de croissance sur le fer

Sans vouloir divulguer l’intégralité de son projet, Philippe Virtel indique avoir un plan de développement sur dix ans pour le terminal de Blainville : avec "plusieurs paquets de 5 millions d’euros d’investissement", le dirigeant veut accompagner la croissance de l’activité. "Il faut maintenant décliner notre stratégie de croissance, tout en vérifiant que l’offre de services que nous avons placée sur le marché satisfait la clientèle, que la clientèle est fidèle, ou encore que les aléas économiques ne vont pas la faire revenir en arrière", insiste Philippe Virtel. Depuis Blainville, le président du groupe MGE compte aussi développer des services vers le Nord et l’Est.

Le groupe MGE s’est associé à Be Modal pour proposer une rotation par train entre Rennes et Blainville — Photo : Groupe MGE

S’affranchir des contraintes

Évoquant "deux ou trois projets" de transport sur rail "en pleines discussions" avec d’autres industriels, le président de MGE tient à rappeler qu’il faut en moyenne "deux ans pour faire aboutir des projets de transport sur le ferroviaire". À l’arrivée, pour le transporteur, un avantage concurrentiel sur la ressource humaine nécessaire pour assurer le service : une fois les grandes distances franchies sur le rail, les livraisons du dernier kilomètre peuvent être assurées par un seul chauffeur.

Des camions ciblés par les élus

Conscient d’être "dans l’air du temps" avec son offre décarbonée et sa stratégie sur le rail, le transporteur vosgien constate que "la société veut moins de camions sur les routes, moins de pollution, moins de bruit. Mais avec un service qui soit toujours assuré. Donc, il faut trouver des solutions." Concrètement, Philippe Virtel opère depuis les Vosges, au centre d’une Région, le Grand Est, dans laquelle les poids lourds vont être soumis à des écotaxes dès 2027. "À l’Est, avec le R-Pass, en Alsace, la circulation dans le sens Nord-Sud va être taxée. Et côté ouest, c’est la Nationale 4 et l’A31 sur lesquelles vont s’installer de nouveaux péages".

Le HVO pour émettre moins de gaz à effet de serre

La motivation du dirigeant pour investir sur le rail est aussi liée à la volonté de décarboner son activité : en 2022, le président de MGE avait dévoilé une stratégie à 50 millions d’euros visant à diminuer de plus d’un tiers les émissions de gaz à effet de serre de sa flotte de camions d’ici à 2028. Le choix du dirigeant s’était arrêté sur le HVO, pour "Hydrotreated Vegetable Oil", un carburant permettant de réduire jusqu’à 80 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au gazole. Avec le train, la réduction de l’impact environnemental par rapport aux poids lourds est "de l’ordre de 80 %", pointe Philippe Virtel, qui estime que ses clients ont aujourd’hui "la volonté d’aller vers des transports de marchandises plus propres. C’était le point de départ pour mettre en place une offre intermodale, mais les clients restent aussi très attentifs à la qualité de service".

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