Le spécialiste du textile lyonnais Boldoduc acquiert son confrère troyen Tismail
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Le spécialiste du textile lyonnais Boldoduc acquiert son confrère troyen Tismail

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À Lyon, le fabricant de textile technique Boldoduc a acquis 66 % des parts du troyen Tismail, spécialisé dans la fabrication de chaussettes. Ensemble, les deux entreprises souhaitent devenir le "pole numéro 1 du made in France" et encourager leur croissance, sur un marché du textile difficile.

La prise de participation majoritaire de Boldoduc au sein du capital de Tismail a été signée fin décembre 2024 — Photo : Boldoduc

Pour Benoit Seguin, le PDG du fabricant de chaussettes troyen Tismail (50 collaborateurs ; CA : 6,5 M€), c’est un "mariage". Fin 2024, le groupe lyonnais Boldoduc (350 collaborateurs ; CA : 14 M€), spécialisé dans la conception et la fabrication de textile technique, a acquis 66 % des parts de Tismail. Une union à la fois "amicale" et "stratégique" pour les deux entreprises, qui portent ensemble un plan de croissance de leur chiffre d’affaires de 15 % d’ici un an, pour ensuite atteindre les 30 millions d’euros de chiffre à horizon cinq ans.

"Ensemble, nous voulons devenir le pôle numéro 1 du made in France. C’est exceptionnel, car en ce moment il y a une crise sur le marché du textile. Mais la chaussette n’est pas concernée par l’upcycling et par Vinted, et nos clients vont bien. Côté Boldoduc, l’entreprise se situe sur un marché de niche", observe Benoit Seguin. Depuis ses ateliers de Troyes, Tismail produit trois millions de paires de chaussettes par an pour ses marques, dont La Chaussette de France, pour des marchés publics, pour d’autres groupes de textile et plus récemment pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Depuis Lyon et la Tunisie, Boldoduc produit pour ses marques Laundry Solutions, Facil’en Fil, Era Achery, Boldo’Air Sport et Be PAD.

Un rapprochement mutuel

En 2005, Grégory Poisay et Benoit Seguin créent ensemble la société Facil’en Fil, qu’ils vendent en 2015 au groupe Boldoduc, présidé par Jean-Charles Potelle. Les chemins des deux amis se séparent alors : Benoit Seguin rejoint Tismail, et Grégory Poisay intègre Boldoduc, dont il est aujourd’hui le directeur général.

En 2023, Alain Laumone, associé à Benoit Seguin au capital de Tismail, décide de se retirer de l’entreprise. Chacun possède 44 % des parts de Tismail. "Je ne voulais pas gérer tout seul Tismail, ni m’endetter en rachetant ses parts. Nous avons mandaté une société parisienne pour trouver un grand groupe à qui nous adosser", raconte Benoit Seguin. Apprenant que Tismail pourrait être vendue à un grand groupe international étranger, Boldoduc se rapproche alors de Tismail. Les deux sociétés signent la prise de participation majoritaire fin décembre 2024.

Plusieurs synergies

"Il n’y a pas grand-chose qui change. Je reste président et nous restons indépendants, mais avec un groupe sain et solide pour nous soutenir", lance le PDG de Tismail. "Les équipes de développement mutualiseront leurs savoir-faire pour concevoir des produits innovants et plus respectueux de l’environnement", annonce l’entreprise dans un communiqué. Plus encore, Tismail et Boldoduc partageront leurs canaux de vente. "Près de trois quarts de nos retails commercialiseront aussi les produits Boldoduc", chiffre Benoit Seguin.

Les deux entreprises souhaitent ainsi couvrir tous les secteurs de l’habillement sportif, "des chaussettes aux sous-vêtements thermiques, en passant par les accessoires de sport pour le running et le trail", annonce Jean-Charles Potelle. Elles prévoient même la mise en place de collections communes et de collaborations. "Nous allons développer la gamme outdoor de notre marque La Chaussette de France en intégrant des produits manufacturés en France chez Boldoduc", annonce Benoit Seguin. Cette opération devrait permettre à Tismail de faire évoluer La Chaussette de France : "aujourd’hui elle représente 35 % de notre chiffre, nous aimerions être à 50 % d’ici 5 ans", prévoit le PDG de Tismail.

Des objectifs de développement ambitieux

À court terme, la création d’une vingtaine de postes est prévue, afin de soutenir la R & D, la production, la commercialisation et la logistique. La moitié serait déjà pourvue, selon Jean-Charles Potelle. "Pour soutenir la montée en puissance de la production, des investissements sont prévus dans les lignes de production notamment l’impression numérique et la digitalisation des process, avec l’objectif de raccourcir les délais de livraison et de réduire les coûts", expliquent les deux entreprises.

Côté Tismail, "nous prévoyons d’investir pour racheter une vingtaine de machines, afin de moderniser notre outil", anticipe Benoit Seguin. À ce stade, les investissements à Troyes ne sont pas encore engagés.

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