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Le projet de raffinerie de nickel et de cobalt EMME veut démarrer ses travaux à l’automne
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Le projet de raffinerie de nickel et de cobalt EMME veut démarrer ses travaux à l’automne

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L’usine de conversion de nickel et de cobalt du girondin EMME avance à grands pas. Le permis de construire est accordé, les financements en cours de sécurisation et les débouchés de la future production déjà quasiment intégralement assurés pour 10 ans. Enfin, la société multiplie les partenariats, notamment pour s’assurer qu’au moins 20 % de sa matière première proviendra du recyclage.

Le projet Emme de conversion de cobalt et nickel espère démarrer sa construction dès l’automne — Photo : JDS Architectes

Le rythme s’accélère pour la future raffinerie d’EMME (Electro Mobility Materials Europe), qui doit s’installer en 2028 sur les communes de Parempuyre, Blanquefort et Saint-Louis-de-Montferrand. Ce projet à 600 millions d’euros, représentant 500 emplois au total, a obtenu son permis de construire et n’attend plus que l’arrêté d’autorisation environnementale, espéré en juillet.

Une brique aérospatiale et défense essentielle

Pour rappel, le projet prévoit l’installation d’une unité de conversion de 20 000 tonnes de nickel et de 3 000 tonnes cobalt pour alimenter la production des batteries des véhicules électriques, pour environ 25 à 30 % des besoins français à horizon 2030. EMME entend être une solution souveraine, à l’échelle européenne, à la transformation de ces métaux opérée aujourd’hui en Chine à 80 %.

À ces quantités s’ajoutent 3 000 à 4 000 tonnes de nickel métallique ultra pur, destiné aux filières aéronautique, spatial et Défense, ces métaux étant notamment présents dans les turbines des moteurs d’avion, les lanceurs ou les missiles. Pour fabriquer ce nickel spécial censé représenter "environ 20 % du volume global mais 30 % du chiffre d’affaires" d’EMME selon son président Antonin Beurrier, l’entreprise va ajouter un procédé d’électrolyse au bout de la ligne existante. "Ça améliore la résilience économique du projet, sans compter que 30 à 40 % de l’approvisionnement de la Défense européenne en nickel ultra pur viennent aujourd’hui de Russie", ajoute le dirigeant.

La livraison du projet est toujours espérée pour 2028 — Photo : Emme/JDSA Architecte

Partenariats stratégiques

Souhaitant rassurer sur ses avancées concrètes, EMME multiplie les annonces. Côté technologique, il a signé au salon Vivatech un partenariat avec l’allemand Siemens pour être la première usine de France à utiliser des outils de simulation (jumeau numérique et agents) basés une IA autonome. Le but : faire gagner la future usine en performances et en fiabilité.

Pour diversifier ses approvisionnements, la start-up du nickel a dévoilé le 18 juin un partenariat avec SEFE (Securing Energy for Europe), ancienne filiale allemande de Gazprom depuis nationalisée. Souhaitant diversifier ses activités, il s’est engagé sur 10 ans pour acheter la production de nickel ultra pur. Pour les sulfates de nickel et de cobalt classique : "deux tiers de la production sur 10 ans sont assurés via des accords-cadres", ajoute EMME. Seul élément encore incertain : les prix auxquels ces métaux seront vendus. Le projet est soutenu à hauteur de 200 millions d’euros par le crédit d’impôt "industrie verte", il est en train de réunir une centaine de millions auprès d’acteurs privés. Les 300 millions restants doivent être assurés par des crédits bancaires.

20 % de matières premières issues du recyclage

SI l’entreprise paraît confiante pour écouler sa production, elle rehausse aussi ses ambitions concernant la provenance du nickel et du cobalt destiné à être converti. 80 % de la matière première sera nouvelle, en provenance de l’étranger, essentiellement d’Indonésie, du Brésil (via un projet de mine à 1,4 milliard de dollars) et de Nouvelle-Calédonie.

Le reste proviendra, assure la société, de sociétés spécialisées dans le recyclage de métaux critiques. Des accords commerciaux ont été passés avec plusieurs recycleurs ou sociétés innovantes dont le drômois Eurecat, le rhônalpin Mecaware ou la deeptech francilienne Genomines et son nickel d’origine végétale. EMME vise 20 % d’approvisionnements issus de cette filière dès le démarrage de l’usine et 50 % en 2035.

Dialogue continu

Si EMME fait l’effort d’expliciter ses avancées, c’est que son projet fait toujours l’objet d’oppositions, son statut Seveso sur une zone inondable étant l’une des plus fortes. Elles l’ont en tout cas obligé à débourser 40 millions d’euros pour rallonger la concertation. Le projet, désigné par décret - par ailleurs été attaqué par la Sepanso Gironde devant le Conseil d’État- Projet d’Intérêt National Majeur (PINM), et plus récemment "cathédrale industrielle", a déjà bénéficié d’un coup d’accélérateur notable de l’État, notamment sur sa mise en conformité avec le plan local d’urbanisme ou le raccordement électrique.

Les dirigeants d’EMME, qui s’attendent à d’autres recours, veulent continuer à dialoguer : un comité mensuel de suivi de chantier doit démarrer en septembre et des lettres d’information sur les résultats des fouilles archéologiques qui reprennent durant l’été. L’entreprise assurera aussi une permanence hebdomadaire à Parempuyre. Pour le reste, l’entreprise est confiante : "techniquement, le dossier est solide, il a reçu l’avis favorable de l’ensemble des commissions nationales", termine Antonin Beurrier. Le premier coup de pioche est attendu à l’automne.

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