Plus de 700 références. Le chiffre peut sans doute résumer à lui seul la capacité et l’esprit d’innovation de Therascience. Fondé en 1998, le laboratoire monégasque commercialise plus de 50 nouveaux produits chaque année. "L’an dernier, on était même plutôt autour de 100, précise Tiffany Delhaye, directrice industrielle et R & D. Et on devrait être autour d’une soixantaine cette année."
11 références de magnésium, 12 produits de mycothérapie, 12 gammes au total entre phytothérapie, diététique et gemmothérapie (utilisation des bourgeons de plantes, fleurs et arbres), une dédiée aux enfants début 2027, une autre axée santé vétérinaire avec un seul produit pour débuter… le catalogue est censé s’adapter à chaque besoin précis, brevets et Clean Label à l’appui.
Passer de 30 à 60 % en pharmacie
Therascience est déjà présent en pharmacie mais encore trop peu au goût de son fondateur et dirigeant Jean-Pierre Agarra. " Nous voulons vraiment passer un cran dans notre distribution de proximité, explique-t-il. Au Luxembourg, on est pratiquement 100 % en pharmacie, en Belgique à 60 %, le restant se faisant via notre site internet. En France, nous ne sommes qu’à 30 % en pharmacie, l’objectif est de passer à 60-70 % d'ici 2030 pour être plus visibles."
Un objectif prioritaire qui, selon ses projections, alimenterait sa croissance, passant d’un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros aujourd’hui (32 M€ à Monaco et en France et 28 M€ à l’international avec ses filiales en Italie, en Espagne et courant 2026, au Paraguay) à 100 millions d’euros en 2030, et de 150 à 200-220 collaborateurs.
Un marché français très structuré
Mais Jean-Pierre Agarra le sait : accélérer la conquête des officines françaises ne sera pas facile. "Dans certains pays, le marché de la pharmacie n’est pas aussi violent qu’en France où il s’est fortement structuré ces 15 dernières années, avec beaucoup de grosses pharmacies. On le voit d’ailleurs avec la disparition des plus petites. Leur nombre a baissé de 10 % en dix ans pour atteindre les 19 600 et ça devrait continuer."
Mais l’officine reste le passage obligé dans un marché des compléments alimentaires ultra-concurrentiel et prospère avec un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros en 2025 (+ 2,6 %) dont 55 % ont été générés en pharmacie, selon le syndicat Synadiet.
Un socle scientifique
S’il lui est bien sûr impossible d’aller en rayons avec l’ensemble de ses 700 références, l’entreprise sait néanmoins qu’elle a des atouts à faire valoir dans ces futures négociations. À commencer par son ADN : son socle scientifique.
Médecin généraliste de formation, Jean-Pierre Agarra a exercé en médecine esthétique avant de se former en nutrithérapie (qui s’intéresse aux nutriments dans l’alimentation : glucides, lipides, protéines, vitamines…) et en micronutrition, et ce pour des besoins personnels afin de soulager ses enfants, asthmatiques.
"J’ai commencé à les supplémenter, nous aussi… Cinq ans après je créais Therascience, résume-t-il rapidement. Je suis entré par le prisme de l’asthme, mais nous avons très rapidement dévié sur le microbiote intestinal, le stress oxydatif, le rôle des oméga-3 dans l’inflammation. Nous sommes dans la prévention et l’accompagnement. Mais nous ne faisons pas de médicaments, nous n’avons pas de vertus à traiter. La première chose pour être en bonne santé, c’est la nutrition."
Des médecins experts en appui
Sans traiter donc, Therascience tient néanmoins fortement à sa fibre scientifique. Ainsi, un comité scientifique se réunit tous les mois pour aider à définir les développements stratégiques (la R & D est internalisée et basée en principauté).
Un comité médical se réunit également deux fois par an, composé d’une quarantaine de médecins nutritionnistes et micronutritionnistes de France, Belgique, Luxembourg, Suisse et Espagne. "Ensemble, ils travaillent sur des besoins produits qu’ils ont identifiés mais aussi sur tout le contenu scientifique et formation, précise Alexandra Marabuto, directrice scientifique et marketing de l’entreprise. L’une de ces médecins a par exemple écrit un dossier scientifique de synthèse sur ce qui existe en termes d’études sur les champignons que nous avons mis en œuvre dans nos formules de la gamme mycothérapie. Nous avons ensuite co-crée et organisé des conférences en format webinaire pour accompagner les médecins."
Un catalogue de 3 000 heures de formation
La formation est l’un des "axes différenciants" sur lesquels Therascience avance. Le Laboratoire se targue en effet de voir ses produits prescrits par les médecins eux-mêmes. Dont certains peuvent suivre des modules dans un catalogue composé de plus de 3 000 heures de formation. Au menu : la nutrition et les hormones, le vieillissement cutané ou l’eczéma atopique, la santé intestinale, l’accompagnement des patients sous chimiothérapie ou la récupération des sportifs.
Des formations qui seront de la même façon, proposées et adaptées aux pharmaciens.